11 Tishri 5779‎ | 20 septembre 2018

Juillet-août, moment privilégié pour le mouvement Olami

C’est un fonds international destiné à financer des initiatives en direction de la jeunesse juive. Désormais, il organise lui-même des événements souvent impressionnants. Olami-France propose deux voyages à la montagne et en Israël cet été « pour sauver les étudiants de l’assimilation ».

 

Le Fonds Olami était depuis 2008 une caisse de financement alimentée par deux grandes familles donatrices, américaine et brésilienne, attachées à la transmission des valeurs de la Torah aux jeunes Juifs du monde entier. Dans ce cadre, il soutenait toutes sortes de projets. Il s’est transformé au début des années 2010 en un véritable mouvement communautaire à vocation internationale et organise lui-même, désormais, des activités ambitieuses dédiées au kirouv. Mais le public visé n’a pas changé : les nouvelles générations.

Le ravArié Marciano dirige l’antenne francophone d’Olami.

Son leitmotiv : « Notre large implantation planétaire nous permet de mettre en relation des jeunes de pays très différents, qui prennent ainsi conscience de l’universalité du judaïsme. Cela joue un rôle fondamental dans leur cheminement vers leur propre identité et, au final, leur envie de vivre selon les préceptes de la Halakha ».

Le mouvement a son agenda particulier mais poursuit parallèlement sa politique de soutien aux associations locales, comme Héritage – la branche jeunesse du fameux Merkaz du ravRéouven Ohana, grand rabbin de Marseille. Des membres de ce groupe ont pu visiter l’Afrique du Sud et rencontrer des étudiants juifs du pays en novembre 2017. Un séjour onéreux qu’Olami est en mesure de financer.

Au total, le Fonds est partenaire de dix-sept centres francophones dans l’Hexagone et aussi à Genève, Madrid et Porto (avec des centaines d’inscrits). Dans la péninsule ibérique, les études médicales sont accessibles et reconnues à l’échelle européenne. Cela explique qu’un nombre croissant de garçons et filles venus de l’étranger y effectuent leur cursus universitaire. Parmi eux, de nombreux Juifs français. D’où l’ouverture récente de deux espaces cultuels et culturels dans la capitale espagnole et dans la métropole portugaise. Selon l’estimation du rav Marciano, quelque cinq mille quatre cents jeunes auraient franchi, au cours des douze derniers mois, la porte d’une des associations estampillées Olami.

Leurs animateurs sont tous fidèles à l’orthodoxie. L’un des centres en question, intitulé NefeshYehoudi, est d’ailleurs une émanation des Institutions YadMordekhaï du rav Its’hak Katz chlita. Leur point commun est d’amener chacun, y compris les plus éloignés de la pratique, aux portes de la techouva par le biais d’activités sociales, d’excursions, de rencontres et conférences.

« Beaucoup de jeunes peu habitués des synagogues cherchent un sens à donner à leur existence. Nous sommes là pour les rattraper au vol, les sauver in extremis de l’assimilation, nous dit le rav Marciano. Nous y mettons une telle énergie et déployons des moyens si importants – avec des résultats tangibles ! – que le gouvernement israélien nous encourage. Ainsi, le ministre Naftali Bennett était présent à Birmingham, en Angleterre, lors du deuxième sommet d’Olami-monde qui a rassemblé mille deux cents étudiants en décembre 2017. Avant de s’envoler pour le Royaume-Uni, ils avaient effectué un pèlerinage en Espagne sur la trace de nos ancêtres et de la période faste ayant précédé l’expulsion des Juifs séfarades. Le premier sommet date de 2016 : ils étaient aussi mille deux cents mais à… Sao Paulo, au Brésil. Vous imaginez ce que représente la coordination de ces réunions internationales ! »

La vraie nouveauté cet été, ce sont deux voyages organisés directement par Olami-France. Jusqu’à présent, le mouvement se contentait de financer des séjours proposés par d’autres. Le premier se déroulera à l’Alpe d’Huez, du 10 au 17 juillet. Cent vingt invités pourront se détendre avec des sports aussi divers que la randonnée, le rafting ou le ski estival. Par ailleurs, cinq intervenants se relaieront pour des conférences intensives (au rythme de trois heures quotidiennes) autour du kodech. L’hébergement sera assuré dans un hôtel entièrement casherisé. Seconde initiative : deux cents étudiants partiront en Israël du 1er au 15 août. Une série de rendez-vous sont prévus, même s’il manque encore quelques éléments du programme.
Notons qu’un petit groupe de vingt-sept jeunes plus motivés que la moyenne, sous l’intitulé « Olami Leadership » et souhaitant jouer un rôle futur dans l’encadrement communautaire français, s’est déplacé en Eretz courant 2017. Le rav Its’hak Yossefchlita, grand rabbin séfarade et RichonLetzion, a tenu à les recevoir.