11 Av 5778‎ | 23 juillet 2018

Joel Mergui, président du Consistoire « Pas de contradiction entre le soutien aux olim et le désir de développer le judaïsme français »

Une délégation de présidents des communautés du Val de Marne et d'élus de ce département s'est rendue en Israël sous la conduite du président du Consistoire Joël Mergui. Avec pour double mission : mieux expliquer aux élus la réalité israélienne mais aussi aller au-devant des olim de France installés en Israël.

president of the Israelite Central Consistory of France Joel Mergui and imam Hocine Drouiche attend a memorial ceremony outside the "Hyper Cacher" supermarket in Paris, France, two years after four Jewish were killed at a terror attack in the supermarket. January 09, 2017. Photo by Serge Attal/Flash90 ***FRANCE OUT***

En préparant le programme de la délégation du Consistoire qui s’est rendu en visite en Israël cette semaine, le président Joël Mergui s’est souvenu des grands voyages du Consistoire qu’il avait lui-même organisés durant la seconde Intifada à la demande du regretté président Jean Kahn et du non moins regretté grand rabbin Yossef Haïm Sitruk zal : « A l’époque, les hôtels étaient vides et nous arrivions, nous juifs de France par centaines pour être aux côtés d’Israël dans ses heures difficiles. Aujourd’hui la situation a totalement changé et nous en sommes pleinement heureux : l’Etat d’Israël fête ses 70 ans. Les hôtels de Tel-Aviv et Jérusalem affichent complet et il n’est plus possible d’envisager des séjours de la même envergure qu’au début des années 2000 ! Néanmoins nous avons tenu avec Albert Myara, président de la communauté du Kremlin Bicêtre qui a été le véritable planificateur et organisateur de ce voyage, à venir et à être présents à la tête d’une délégation de présidents de communautés et d’élus locaux pour la plupart du Val de Marne ». Joël Mergui insiste d’ailleurs sur ce point : « Nous sommes confrontés en France, à une solide vague d’antisionisme ou d’antisémitisme qui se dissimule derrière de l’antisionisme. Et j’ai pris conscience il y a bien longtemps de l’importance de tel voyages pour des élus locaux surtout lorsqu’ils viennent pour la première fois en Israël. Nous espérons que ces voyages permettront à ces élus de mieux comprendre la réalité et d’exprimer sans complexe leur position dans divers forums lorsqu’ils rentreront en France. ». L’un de ces élus n’est autre que Olivier Capitanio maire de Maison-Alfort dont c’était le premier séjour en Israël et qui ne se fait pas prier pour exprimer sa satisfaction : « Deux choses m’ont particulièrement impressionné : la première c’est de voir comment les Israéliens ont fait fleurir le désert, comment ils ont fait pousser ces forêts et aménager ces espaces verts. C’est très beau. Et la seconde c’est de constater la diversité de la société israélienne : des Juifs, des Arabes et des druzes qui vivent côte à côte dans une ville comme Haïfa ».
Mais derrière cette volonté de guider les élus locaux français en Israël, Joël Mergui a nourri durant ce voyage une ambition qui n’est pas nouvelle mais dont la concrétisation semble s’imposer aujourd’hui plus que jamais : créer une représentation du Consistoire en Israël avec comme mission d’accompagner les Olim de France dans leur processus d’intégration en Israël : « J’ai voulu exprimer le fait qu’il n’y avait pas, pour moi, de contradiction entre le fait que le consistoire accompagne les Olim en Israël tout en continuant à bâtir le quotidien de la communauté juive de France. C’est pourquoi nous avons initié depuis 2006 la cérémonie annuelle pour les Olim et je dois vous dire que pour moi cette cérémonie est une grande émotion. Parce que lorsque j’entre dans la synagogue qui accueille cette cérémonie je vois parmi les futurs olim beaucoup de visages que je connais et qui vont nous manquer dans la communauté mais qui vont enrichir Israël ». En fin observateur de la réalité israélienne, le président du Consistoire a constaté qu’au cours des dernières années de véritables communautés francophones se sont recréées de toutes pièces à travers tout Israël et en particulier à Tel Aviv : « Ce qui change par rapport à l’alya des Juifs de France il y a 40 ans, c’est qu’aujourd’hui, les olim conserve un lien avec la France, avec la communauté juive et ils ont recréé un environnement religieux semblable à celui dans lequel ils évoluaient. Et je pense que notre devoir c’est de les accompagner pour que leur intégration soit une véritable réussite. »
Daniel Haïk