8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Une interview d’Alan Baker président du Forum légal israélien « Le Hamas et l’Autorité palestinienne manipulent la communauté internationale »

Ancien ambassadeur d’Israël au Canada et ex-conseiller juridique au ministère israélien des Affaires étrangères, Alan Baker, qui est aussi le directeur du Jerusalem Center for Publics Affairs (JCPA), a répondu à nos questions.

-Haguesher : L’étude exhaustive que vous venez de publier sur les récents agissements du Hamas de Gaza et des Palestiniens met en cause leurs violations répétées du droit international. Donnez-nous en quelques exemples…

-Alan Baker : Le fait d’initier, d’encourager et de soutenir la pollution massive, le long de la frontière avec Israël, par l’incendie toxique de pneus et de surtout mettre le feu, avec leurs cerfs-volants et leurs ballons à hydrogène, à des milliers d’hectares de terres agricoles israéliennes en détruisant des récoltes et en mettant en danger les habitants du Néguev sont bel et bien des « actes de guerre ». Les statuts de la Cour Internationale de Justice les définissent ainsi : « La destruction massive de propriétés (…) non justifiée par des nécessités militaires et effectuée de manière délibérée est un crime de guerre caractérisé ».
Par ailleurs, attacher à des cerfs-volants et des ballons des produits inflammables afin qu’ils explosent en arrivant en Israël ou en étant saisis par des civils israéliens est clairement prohibé par la Convention de 1997 interdisant les bombardements terroristes et par celle de 2001 excluant les armes incendiaires.
De plus, selon la loi internationale et les normes minimales de comportement humanitaire, placer des civils – et tout spécialement des femmes et des enfants – en tête de manifestations violentes et d’attaques d’une barrière frontalière (notamment afin de masquer la présence de miliciens du Hamas) constitue des violations de plusieurs traités internationaux protégeant les enfants et interdisant leur engagement dans des situations de guerre.

Pourquoi l’Autorité palestinienne (AP) ne s’est-elle pas démarquée de ces agissements totalement illégaux du Hamas ?

Alors que l’AG de l’ONU a adopté  le 14 juin dernier une Résolution ne condamnant qu’Israël pour les violences commises le long de la frontière de Gaza, il est assez curieux d’observer comment l’AP se moque totalement des crimes humanitaires, environnementaux et écologiques commis par le Hamas et ses supporters !
Depuis que l’AP se sert délibérément des événements de Gaza pour promouvoir sa propre campagne politico-juridique contre Israël dans les instances internationales, son leadership est devenu un allié direct du Hamas dans la perpétration de tous ces crimes. Or l’AP doit absolument réaliser que son obsession à souscrire à nombre de traités internationaux n’est pas à sens unique : cela signifie au contraire qu’elle doit prendre de solennelles responsabilités afin d’assumer ses propres obligations afférentes à ces traités. C’est ce que devrait rappeler à l’AP la communauté internationale en cessant d’ignorer ses violations de la plupart des normes et principes du droit international !
Il est grand temps en effet que les décideurs de l’Union européenne et les autres leaders mondiaux reviennent sur leurs flagrants partis-pris anti-israéliens afin d’examiner de manière plus réaliste ces énormes violations par les Palestiniens de tant de principes et normes du droit international – que l’UE et ces mêmes leaders chérissent tant…
Propos recueillis par Richard Darmon