11 Tishri 5779‎ | 20 septembre 2018

Tollé après la provocation antisémite du maire de Bezons

Dominique Lesparre a inauguré une « allée de la Nakba » pour rendre hommage aux « victimes du criminel de guerre Ben Gourion ». Le préfet a ordonné l’annulation de la mesure mais le mal était fait : un nouveau cap a été franchi dans l’incitation à la haine.

Le maire de Bezons, au nord-ouest de Paris, est un communiste et un anti-israélien fanatique. A telle enseigne que la quasi-totalité de nos coreligionnaires ont fui la commune, nous indique René Taïeb, président de l’Union des collectivités juives du Val-d’Oise (UCJ-95).
Cette fois, Dominique Lesparre a dépassé toutes les bornes de la décence et de la morale publiques. Sans demander l’avis de son conseil municipal, il a fait apposer le 11 juin une plaque sur une rue adjacente à l’Hôtel de Ville pour la renommer « allée de la Nakba » (en référence à l’intitulé « Catastrophe » qu’utilisent les militants palestiniens pour désigner le jour de l’Indépendance d’Israël). Plus encore : sur la même plaque, rédigée en français et en… arabe, on pouvait lire que David Ben Gourion zal n’était autre qu’un « criminel de guerre » ayant « expulsé » des centaines de milliers de personnes. Le maire a inauguré lui-même cet affichage honteux lors d’une cérémonie où il a condamné « les massacres particulièrement effroyables perpétrés par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza. Nous sommes fiers de défendre, à travers cette initiative, le droit au retour des Palestiniens », a-t-il martelé.
Dès le lendemain matin, René Taïeb a averti le préfet du département, Jean-Yves Latournerie, lui demandant de mettre un terme à cette mesure illégale à double titre : non validée par le conseil municipal et surtout contraire aux principes diplomatiques interdisant à des élus locaux de se substituer aux prérogatives du gouvernement et de prendre position sur un conflit international. Le préfet a immédiatement donné raison au responsable communautaire, précisant que ce genre de provocation risquait en outre de susciter de « graves troubles à l’ordre public ». Tandis qu’à Jérusalem, un cadre du ministère des Affaires étrangères saluait ironiquement, sur Internet, la naissance de la « première mairie Hamas de France », Dominique Lesparre a dû retirer la plaque dans les heures suivantes sur injonction du représentant de l’Etat. Entre-temps, l’ambassadrice d’Israël, Aliza Bin-Noun, avait communiqué sa colère à la presse face à cette incitation à la haine.
Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a constaté qu’une fois encore, un maire communiste poussait à « l’acte criminel antijuif » et a exigé sa démission. Le président de l’association, Sammy Ghozlan, dont le sang n’a fait qu’un tour, a écrit personnellement à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, pour lui dire que « la situation s’aggrave et perturbe nos compatriotes juifs qui se sentent agressés, outragés, harcelés, insultés, menacés, mis au ban de la nation par des élus qui détiennent une parcelle de pouvoir et en abusent(…) en encourageant les islamo-terroristes qui sévissent dans notre pays. Mon Bureau reçoit de nombreuses plaintes et doléances de requérants qui nous déclarent : ‘Trop c’est trop, nous n’en pouvons plus, faites quelque chose. Que fait le gouvernement ?’ Monsieur le ministre, usez de votre pouvoir et adressez des remontrances officielles aux élus concernés », a conclu Sammy Ghozlan.
Cette lamentable affaire a provoqué des remous à Bezons. Des groupes d’individus se sont précipités pour photographier la plaque avant sa disparition. Le maire a été menacé par des appels anonymes. Quant à son fils Fabien, ses opinions sont claires : c’est un antisémite pur et dur, ancienne manière. Après les menaces en question, il a réagi par voie numérique en insultant les Juifs dans leur ensemble, utilisant les termes orduriers en vigueur sous l’Occupation.

Axel Gantz