9 Elul 5778‎ | 20 août 2018

Face à l’hypocrisie de l’Europe, la Vérité d’Israël

Après les événements de Gaza ; après que l'Europe a injustement fustigé Israël et précipité Tsahal sur le banc des accusés, Daniel Haïk nous livre ses sentiments faits de colère et de difficile constat, ainsi que sa conclusion directement inspirée par la fête de Chavouot.

Palestinian protesters during clashes with Israeli forces near the Gaza-Israel border in Rafah, Gaza on May 14, 2018. Photo by Abed Rahim Khatib/Flash90 *** Local Caption *** ôìñèéðéí äôâðä öòãú äùéáä âáåì âãø îôâéðéí öîéâéí òæä øöåòú òæä çàï éåðéñ

Tout d’abord, il y eu la colère : une colère franche face à l’hypocrisie radicale des nations ; face à la mauvaise foi des médias européens ; colère de les voir adhérer aux mensonges éhontés des terroristes du Hamas.
Colère de les voir nier d’emblée la vérité complexe que l’Etat d’Israël tente d’expliquer, parfois de manière maladroite.
Colère de voir ces médias et ces gouvernements se faire manipuler, plus ou moins naïvement et tomber dans le piège de cette « victimocratie » soigneusement forgée par les Palestiniens, au cours des 70 dernières années et au prix de milliers de tués.
Colère de comprendre que l’Europe n’a toujours pas saisi que celui qui paraît le plus faible peut aussi être le plus fourbe. Et que celui qui paraît le plus puissant peut aussi être dans son droit le plus élémentaire.
Colère de constater avec quelle aisance cette Europe qui a laissé massacrer il y a peu, six millions de Juifs, se laisse aller aujourd’hui à un défoulement de haine après la mort de 60 Palestiniens dont 50 terroristes patentés.
Colère de voir que même lorsque le Hamas reconnaît ses crimes, les Européens s’efforcent de les « couvrir » et de les minimiser.
Colère face à ce refus français et européen de comprendre qu’une nation puisse vouloir protéger ses frontières face à ceux qui réclament le retour vers Jaffa, Haïfa et Lod.
Colère de voir les réactions stupéfiantes de leaders comme Emmanuel Macron qui jusqu’à présent semblaient aller dans le droit chemin mais qui s’avèrent finalement s’inscrire, lorsqu’il s’agit de l’Etat hébreu, dans la plus pure tradition des De Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing.
Colère face à la stupidité imbécile de certains députés français qui prétendent donner des leçons de morale au président de la Knesset Edelstein alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds en Israël et qu’ils ne savent même pas que celui-ci a passé trois ans dans le goulag soviétique uniquement parce qu’il était Juif et voulait rejoindre la Terre ancestrale.
Et puis, après cette colère, il y a la prise de conscience. Le terrible constat que si ces nations d’Europe occidentale se comportent ainsi envers Israël, c’est parce qu’elles sont jalouses de son succès et frustrés par son insolente réussite. C’est parce qu’elles ne peuvent admettre en leur for intérieur que ce petit pays fondé, entre autres, par les rescapés de la Shoah puisse avoir le toupet de venir leur donner des leçons en matière de lutte anti-terroriste de haute technologie, d’agriculture, de traitements de l’eau. Parce que lorsque le socialiste Benoît Hamon déplore qu’il n’y ait pas eu de victimes « de l’autre côté », il s’inscrit dans cet art du lapsus révélateur que pratiquait, en son temps, un certain Raymond Barre lorsqu’il parlait des « victimes innocentes », comprenez non-juives, de l’attentat de la rue Copernic… Et parce que ce derrière ce type de lapsus se cache un antisémitisme, oui un antisémitisme, sournois et si profondément ancré dans la France d’hier et d’aujourd’hui, qu’il s’échappe parfois même sans le vouloir de la bouche de ses élus. Un antisémitisme qui saisit la moindre occasion pour clamer la culpabilité d’Israël, même lorsque celui-ci ne fait que défendre sa frontière.
Oui, après la colère, il y a cette constatation effrayante que, pour cette Europe si tourmentée dans son identité, les Palestiniens ne sont qu’un instrument qui permet de légitimer, « enfin », cette haine du Juif qu’il n’était plus possible d’exprimer, depuis la découverte des chambres à gaz d’Auschwitz et des crématoires de Treblinka.
Il y a ce terrible constat que l’Europe ne pouvait laisser passer sous silence la reconnaissance par la plus grande des nations, de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, parce que cette reconnaissance mettait en péril le socle même de cette vieille Europe si familière des inquisitions et pogroms; de cette Europe qui , au fil des siècles, a souvent su profiter de la sagesse du peuple juif sans jamais la respecter réellement.
Et enfin il y a ce terrible constat que face à l’Islamisme intégriste, l’Europe des Lumières a choisi la voie de la Faiblesse, voire même de la couardise en se persuadant qu’elle détenait ainsi les clés de sa survie… mais sans percevoir que cette voie risquait de lui être fatale.
Et enfin une fois cette colère contenue, une fois ce terrible constat déposé, il y a l’Explication. Celle qui, ces derniers jours s’est rappelée à nous, plus que jamais, avec une formidable clarté. Cette explication évidente, que nous avons redécouverte dimanche dans les synagogues. Celle qui nous a rappelé que pour ces nations, la faute majeure d’Israël, son « péché originel » a été d’avoir accepté ce cadeau divin qu’est la Torah et d’être ainsi devenu pour l’Eternité le porteur des valeurs spirituelles, humaines, sociales, morales, éducatives et même sécuritaires qu’elle renferme.
Finalement, le Vieux Continent n’a finalement jamais vraiment admis que le peuple juif soit l’immuable vecteur d’un tel message. Il a toléré les Juifs lorsque ceux-ci étaient faibles, éloignés de leur Terre, prisonniers de leur Exil. Mais il ne peut admettre qu’il soit devenu trois quarts de siècle après la Shoah, un Etat puissant qui possède l’armée la plus morale au monde et qui a résolument décidé de ne plus se laisser dicter son destin par ceux qui ne lui veulent pas de bien.
Voilà pourquoi cet affrontement apparent entre Israël et les Palestiniens dissimule de facto un autre combat : celui entre le message de Vérité de Yaacov et le message de faux semblant porté par les descendants d’Esav en Terre d’Europe.
Daniel Haïk