8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Les prix de l’immobilier en Israël, baissent enfin !

Haim Messika, le dynamique porte-parole du ministre des Finances Moché Kahlon, est optimiste et la baisse amorcée par les prix des appartements n'est pas étrangère au sourire qu'il affiche ces derniers jours.

View of new buildings being constructed in the coastal city of Netanya on September 07, 2016. Netanya Mayor Miriam Feirberg was grilled by police for hours, and was subsequently detained.she joins four more suspects involved in multimillion-dollar real estate deals in the coastal city. Photo by Lior Mizrahi/Flash90 *** Local Caption *** ðúðéä áðééðéí ùåçã øàù òéø îùèøä ðãì"ï áðéä îøéí ôééøáøâ òéøéä ùçéúåú ëñó

Haguesher: Est-ce que Moché Kahlon serait en passe de réussir le pari sur lequel il a basé sa décision de poursuivre (ou non) son action politique ?

Haim MESSIKA : Tout n’est pas encore fait, la réforme est en cours, mais nous pensons que oui, on peut dire que nous allons dans la bonne direction. N’oubliez pas où nous étions il y a encore juste un an : A l’époque où cette réforme a débuté, personne ne donnait un shekel sur ses chances de réussite. Le marché de l’immobilier israélien était en ébullition depuis quasiment 20 ans. Il avait toujours une bonne raison d’aller à la hausse.
En effet, en plus de la dynamique du marché intérieure avec les jeunes couples qui se forment (80% de la demande d’appartement neufs), les juifs du monde entier qui désirent avoir un pied à terre ici, viennent s’ajouter les investisseurs spéculatifs qui raflent tout ce qu’ils trouvent etc… En bref, une demande hypertrophiée face à une offre restreinte dominée par des constructeurs avisés (ou intransigeants) qui connaissent la valeur de leurs marchandises et refusent toutes idées de ristournes sur les prix. D’ailleurs pourquoi le feraient-ils ? D’autant que personne ne peut les y obliger ! La transaction ayant toujours lieu entre un acheteur privé et un vendeur privé cela laisse très peu de place à une réforme étatique!

En résumé, un marché où les sommes en jeu sont colossales, avec les lobbys très puissants qui n’ont aucun intérêt à voir les prix baisser, et des clients résignés qui préfèrent tout plutôt que la location, vu en plus la réglementation catastrophique du marché locatif en Israël.

Dans une vidéo postée et traduite sur notre page Facebook Koulanou en français, le Ministre des Finances s’étonnait récemment de cet état de fait : Pourquoi les prix à la constructions augmentent de manière progressive de la commercialisation à la livraison des clès! Pourquoi un appartement (c’est juste un exemple) commercialisé à 1.200 000 shekels « sur plan » passe-t-il en quelques mois à 1 800 000 shekels ? Vous êtes vous déjà posé la question ?
Tous les professionnels qui touchent de près ou de loin à ce marché font comme si de rien n’était. Et cela perdure depuis des décennies !
Les banques aussi n’ont aucun intérêt (sans jeu de mot) à la baisse. Elles s’engraissent à tous les niveaux sans trop de risques depuis plus de 30 ans: taux d’intérêts, remboursements, frais de dossiers, saisies, vente en adjudication, pénalités de retards, etc…etc…
Les constructeurs, les professionnels de la vente, les juristes etc… toute cette industrie n’aime cette reforme et la critiquent abondamment, c’est le moins que l’on puisse dire !

– Vu votre triste constat, comment avez-vous procédé pour réformer finalement?

-Très bonne question ! C’est la méthode Kahlon : Moshe Kahlon, à part être un homme intègre, est un homme politique avisé, rompu à la politique israélienne et à l ‘économie de marché à l’israélienne. Il écoute et prend des décisions dans l’intérêt du bien commun. A cette capacité de décision hors normes, vient s’ajouter la notion du consensus et « des négociations marathons » face aux groupes de pression puissants. Regardez par exemple, le budget 2018-2019, c’est la première fois qu’il est adopté « bé Pé éhad » par la totalité de tous les ministres du gouvernement, mais aussi (et c’est beaucoup plus dur) par l’ensemble de la représentation nationale…; sans amendements (ou mineurs), sans esclandres, sans manifestations, et sans tentes dans les rues! Eh bien c’est cette méthode qui a été appliquée :

La stratégie du Ministre des Finances -qui commence à fonctionner-, a été d’abord d’augmenter l’offre grâce à Méhir LaMishtaken, tout en écartant- en même temps-les investisseurs spéculatifs. Ainsi, la pression à la hausse s’est stabilisée grâce à la mise sur le marché plus de 50 000 appartements destinés aux jeunes couples -acheteurs privilégiés de ce marché-.
En fait, dans un premier temps, c’est le nombre de transactions d’achats d’appartements qui s’est stabilisé, et a diminué de manière forte. Par exemple, on a vu sur les six derniers mois une baisse sensible de 12 à 20% des transactions en moins dans plusieurs grandes villes. A partir de là, les choses se sont enchainées, les constructeurs qui jusque là faisaient la pluie et le beau temps sur ce marché, ont commencé à perdre la main. La réaction ne s’est pas fait attendre , ils ont augmenté la pression sur la presse en dévoilant ça et là, tous les malheurs du monde, les ratés de l’opération Méhir la Misthaken destiné à décourager les jeunes couples et dégouter le public de cette opération extraordinaire qui consiste à donner le terrain (30% du prix final), à baisser l’apport personnel à 10% et à proposer des prix hors terrain quasiment inférieur de 20% en moyenne aux prix pratiqués dans le marché habituellement. Une vraie révolution, un Ministre seul contre tous, personnellement je suis admiratif.

-Aujourd’hui, nous en sommes où alors :

-C’est très simple, les prix commencent à baisser, mais ils vont baisser de manière encore plus forte. En effet, les constructeurs disposent d’une réserve d’environ 50 000 appartements, dont ils ne veulent pas baisser les prix sous aucun prétexte. Pourtant ils vont y être obligés !! Les banques sont en train de se réveiller et réclament maintenant leurs dues, à savoir les remboursements des crédits qui accompagnent les phases de constructions. Les plus gros vont pouvoir jongler quelques temps supplémentaires, mais « les petits et les moyens » vont devoir à un moment ou à un autre renoncer à une partie de leur marges sous peine de se voir saisir leurs biens par les banques. C’est là que le basculement s’opérera, que les prix baisseront de manière drastique et que le grand public en profitera.

Cette réforme historique était depuis le premier jour, la pierre angulaire du programme de Moshe Kahlon. Son but était de faire exploser la bulle haussière, mais surtout sans causer de dommages irréparables au marché de la construction. Ce n’était pas évident à réaliser, mais c’était obligatoire vu le niveau des prix jamais atteint qui ne correspondait plus même au niveau de vie des habitants. C’est un autre exploit qu’est en passe de réussir le Ministre.
Il est à noter que les constructeurs qui construisent pour Méhir laMisthaken sont les mêmes que ceux qui construisent pour eux mêmes. Moshe Kahlon pas tiré de constructeurs de son chapeau. Il a utilisé ceux qui existaient, en changeant la donne. La différence est que cette fois ci, on les « obligent par contrat» à vendre avec des prix raisonnables ;
La construction n’a jamais été aussi forte, on voit des grues partout. Les jeunes couples achètent (80% de la demande de nouveaux appartements), les constructeurs profitent des appels d’offres, les fabricants d’électro-ménagers de cuisine, de matériaux de constructions etc… tout cela est excellent pour l’économie.

Les prix baissent et vont baisser de manière drastique pour le bien des tous, dites à vos lecteurs de ne pas louper pas le coche.

Haim Messika, nous ne pouvons pas vous laisser sans parler des municipales à Jérusalem, et de l’enjeu pour les israéliens francophones, allez vous présenter une liste ?

-Tout d’abord, les municipalités étant des enjeux locaux, cela n’engage pas la responsabilité de Koulanou. En revanche ce que je peux vous dire, c’est que cette fois ci, il n’est pas question de manquer la bataille des municipales, les israéliens francophones seront au rendez vous. Nous avons créer une page Facebook à cette effet, Aleinou Jérusalem pour regrouper toutes les bonnes volontés, je vous invite à nous y rejoindre. Le temps est venu de prendre nos responsabilités au sein de la classe politique israélienne. La communauté francophone intéresse de plus en plus les journalistes israéliens, et en général lorsque la presse s’intéresse à un sujet en particulier, les choses avancent en Israël.
J’en veux pour preuve, un supplément week-end la semaine dernière de 26 pages, publié dans Makor Rishone et entièrement consacré à cette alyah. La alyah française a diminué très fortement, les chiffres sont sans équivoque, après un pic de 7900 olim en 2015, nous sommes revenus au traditionnel 3000 olim de France par an d’avant 2013. Ce n’est plus un secret pour personne, la klitah (l’intégration) ne se fait pas de manière optimale et il faut remédier à cela. Il faut commencer au niveau municipal, prendre des postes de responsabilités, au sein des commissions de l’éducation, des services sociaux, des loisirs etc…Il est temps de participer à la réussite israélienne, et cela commence par sa ville et son quartier !!