8 Iyyar 5778‎ | 23 avril 2018

Des Rabbanim au Palais-Bourbon pour un symposium médical

L’aumônerie israélite des hôpitaux a organisé pour la première fois à l’Assemblée, le 14 mars, une session de formation sur la prise en charge de la douleur. Une manière de montrer que la Halakha ne saurait être oubliée dans les débats publics en cours à ce sujet. Le rav Mikaël Journo, de la synagogue Chasseloup-Laubat (15ème arrondissement de Paris), est secrétaire général de l’Association des rabbins français. Par ailleurs, il est responsable de la centaine d’aumôniers juifs en fonction dans les structures hospitalières. A ce titre, il a organisé, le 14 mars, un symposium sur la prise en charge de la douleur… dans l’enceinte du Palais-Bourbon. Une première. La réunion s’inscrivait dans le cadre des multiples formations consistoriales dédiées aux représentants du culte en contact avec les patients. Quatre-vingts à quatre-vingt-dix personnes y ont assisté « et nous avons refusé du monde », précise le rav Journo, la salle étant trop exiguë pour une telle affluence. Il y avait des rabbanim mais aussi des professionnels de santé face aux intervenants, l’Association des médecins israélites de France (AMIF) étant partenaire de la manifestation. Le grand rabbin Haïm Korsia, le rav Olivier Kaufmann, grand rabbin et directeur du Séminaire (accompagné de ses élèves), ainsi que le président du Consistoire Joël Mergui, étaient présents. Le rav Journo estime que ce genre d’opération, outre ses vertus pédagogiques, permet de rappeler à chacun que le judaïsme a son mot à dire quant aux évolutions souvent spectaculaires des protocoles destinés aux malades en souffrance et aux patients incurables. A propos de l’euthanasie, thème récurrent des débats politiques depuis quelques années, le rav Michel Gugenheim, grand rabbin de la capitale, a réitéré à la tribune la position invariable de la Halakha sur le sujet : « Oui à la suppression de la douleur, non à celle de la vie ». Aux dires de notre interlocuteur, les relations avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sont de qualité. On sait qu’elle est la fille du chirurgien Elie Buzyn, originaire de Lodz (Pologne), rescapé d’Auschwitz et militant de la mémoire. « D’une façon générale, ajoute le rav Journo, les aumôniers sont de plus en plus reconnus et acceptés dans les hôpitaux pour la fonction spirituelle et humainement indispensable qu’ils assument ». Trois professeurs-chercheurs en médecine se sont exprimés, dont Smadar Bustan, une Israélienne de renommée internationale qui travaille notamment à l’INSERM français et à Harvard, aux Etats-Unis. « Une série de lois anti-douleur ont été promulguées depuis 1998, souligne le rav Journo. Nous sommes décidés à nous impliquer davantage encore dans les discussions en cours. C’est pourquoi j’ai annoncé, le 14 mars, la création d’un comité permanent d’éthique médicale juive, qui se réunira probablement à dater du mois de mai ». Rappelons en outre que les aumôniers ont fort à faire en cette période de fête. Ils distribuent environ un millier de colis comprenant des matsot chemourot confectionnées à la main et des haggadot, mais aussi des plats casher léPessa’h sous la double hachga’ha du Beth Din consistorial et de la kéhila du rav Mordékhaï Rottenberg chlita. C’est également un moment privilégié pour le bikour holim. Des équipes de jeunes mandatées par l’aumônerie, à l’échelon national, font le tour des hôpitaux, cliniques et maisons de retraite juives pour sortir les malades et résidents de leur solitude.

Axel Gantz

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