7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

Alors qu’il a déclaré « l’état d’urgence » sur la frontière libanaise 

Le Hezbollah posséderait des ogives chimiques

Ex-chef du Développement des armements chimiques au sein des forces d’Assad, le général Zuhaïr al-Sakit, qui a déserté en 2013 de l’armée syrienne pour trouver refuge en Belgique, a confirmé qu’aidé par les Iraniens et les Nord-Coréens, le Hezbollah dispose d’ogives chimiques transportables par certains de ses missiles.
Dans une interview accordée voilà quelques jours à Paris au quotidien israélien Maariv, le général Zuhaïr al-Sakit, qui dirige aujourd’hui le Centre de Détection et de Contrôle de l’Utilisation des Armes chimiques basé en Belgique, a confirmé que le Hezbollah était désormais en possession d’importants stocks d’armes chimiques qui lui ont été transférés par le régime Assad dans le cadre des efforts de Damas pour dissimuler ces dernières années sa possession de ce type d’armes – qu’il continue de facto à produire en secret – et aussi afin d’induire en erreur les équipes d’inspection des contrôleurs internationaux. Ayant dû lui-même quitter son haut-poste de supervision de l’armement chimique au sein de l’armée syrienne car il avait refusé, début 2013, d’en faire usage contre les populations civiles sympathisant avec la rébellion sunnite et parce qu’il avait donné ordre de faire retirer des munitions et autres obus chimiques des unités d’assaut d’Assad dans plusieurs zones de combats urbains, al-Sakit a encore précisé que de nombreux experts scientifiques et techniciens iraniens mettaient au point – parfois avec l’aide de spécialistes nord-coréens – des missiles et des roquettes avec des ogives chimiques d’une portée de 5 à 35 kms dispersés dans tout le territoire syrien (notamment le long de la frontière avec Israël) et lançables par des véhicules militaires légers aménagés à cet effet…Présent la semaine dernière à Paris pour alerter les gouvernementseuropéens sur cet état de fait, al-Sakit a déploré que le dossier des armes chimiques syriennes ne semblait pas du tout pressant pour l’Europe : « Et ce, a-t-il ajouté, alors que l’armée syrienne et les milices alliées à Assad lancent chaque jour – comme le 7 mars dernier – des attaques chimiques contre la population civile, y compris avec du gaz au chlore. Ce qu’attestent tous les documents filmés sur le terrain ». Prétextant d’« une attaque israélienne imminente », le Hezbollah a décrété l’état d’urgence au Sud-Liban…La milice chiite, qui possède quelque 35 000 membres dans ses bataillons très bien entraînés (dont 10 000 combattent en Syrie pour é
pauler le régime Assad), a proclamé les 6 et 7 mars derniers « l’état d’urgence » dans toutes ses unités libanaises en invoquant « la forte probabilité d’une attaque israélienne soutenue par les Etats-Unis ». C’est ce qu’a affirmé le journal libanais Rai-Al-Youm publié à Londres en précisant que « l’état d’alerte maximale a été lancé suite à des informations selon lesquelles l’armée israélienne et l’US. Army s’apprêtaient à mener dans les tout prochains jours des manœuvres terrestres et maritimes ‘secrètes’ tout près du Liban ».Citant diverses sources du Hezbollah affirmant que le Premier ministre Nétanyaou avait « convaincu Washington de l’utilité d’une telle attaque-surprise », le site Internet de ce journal a encore affirmé dans son édition du 8 mars que l’état-major américain avait donné son « feu vert » à Tsahal pour attaquer le Hezbollah au Liban, le seul élément qui retenait encore les Israéliens étant, selon Rai-Al-Youm,« leur crainte de voir le Hezbollah répliquer aussitôt de façon très sévère par des tirs soutenus de missiles et de roquettes sur tout leur territoire »… Précisons que 2 000 soldats de Tsahal et 2 500 hommes de l’US Army (dont 1 400 commandos-marins et un millier de marins) ont procédé en ce début de semaine à l’exercice intitulé Juniper Cobra, en fait le plus important jamais tenu entre leurs forces dans la région sur terre, sur mer et dans les airs en simulant des répliques tous azimuts contre des attaques ennemies massives aux missiles.
Richard Darmon