17 Tishri 5779‎ | 26 septembre 2018

La Varenne : bienvenue au rav Mevorah Zerbib !

 

Cette figure du judaïsme parisien a quitté en janvier sa synagogue « historique » de la rue Doudeauville (18e) pour la grande communauté consistoriale de Saint-Maur. Projets et premières impressions de l’intéressé.

 

On connaît l’érudition du rav Mevorah Zerbib et la douceur de sa voix lorsqu’il explicite un point de kodech sur Radio J. Ce talmid hakham qui forme les jeunes de la Hazac – une structure consistoriale chargée de dépêcher des groupes issus de grandes communautés vers les petites ou moyennes villes provinciales dépourvues de services cultuels pour y organiser des offices, chiourim et seoudot – a aussi animé la synagogue parisienne Kedouchat Levy de la rue Doudeauville (18e) pendant trois décennies. Excusez du peu !

Le changement date officiellement du mois de janvier : il est désormais le rabbin de La Varenne, dans le Val-de-Marne. En réalité, son installation s’est effectuée progressivement depuis octobre et le rav Zerbib a présidé sa première cérémonie sur place dès le 12 novembre : un hommage aux victimes juives de la Grande Guerre. En succédant au rav Jonathan Guez, qui a choisi de réaliser son alyah, il devient le responsable spirituel de Saint-Maur, dont La Varenne est le quartier ouest. « Il existe trois autres minyanim dans cette ville, rappelle-t-il : au Beth Hamidrach dirigé par Jean-Jacques Fhima, à la yéchiva Etz Haïm du rav Adam Ouaknin et au Beth Habad. Mais je ne vois là aucune concurrence et dans mon esprit, je suis comptable du judaïsme local dans son ensemble et relié par le cœur à tous nos coreligionnaires de la commune ».

Il y a fort à faire puisqu’à La Varenne seulement, on dénombre près de deux cent cinquante fidèles le Chabbat matin. « Les offices de bar mitsva s’enchaînent semaine après semaine, constate le nouvel arrivant, et la soif d’apprendre est palpable dans ce kahal assez jeune, avec des couples venus de Créteil ou d’ailleurs dans l’est parisien… Le potentiel est là ». Une communauté à la fois dynamique et ancienne : avant-guerre, ce coin aéré de l’Ile-de-France était un lieu de villégiature apprécié à quelques kilomètres de la capitale où les ashkénazes passaient volontiers le week-end. Certains y ont carrément élu domicile après la Libération et le rav Zerbib aperçoit aujourd’hui encore « une quinzaine de Juifs d’origine polonaise, peut-être plus », dans le minyan chabbatique. Sans oublier ceux qui fréquentent peu la synagogue mais tiennent à leurs traditions culturelles. Le président de la choule est lui-même ashkénaze et Michel Dluto a réuni pas moins de deux cents participants lors du « déjeuner yiddish » dont il a pris l’initiative le 18 février dernier. Les cours de yiddish du centre communautaire Hillel, non loin de la synagogue, remportent un franc succès tout au long de l’année.

Le rav Zerbib veut se consacrer pleinement à l’enseignement. Il juge les besoins exponentiels car si l’on est plutôt traditionaliste dans ce secteur, les trentenaires semblent prêts à l’approfondissement de leur pratique comme de leurs connaissances en kodech. Le détail des chiourim qu’il envisage sera communiqué plus tard, en concertation avec les intéressés.

Multiplier les échanges entre les générations avec davantage d’attention accordée au troisième âge, « laisser les clés » de l’espace de prière aux plus jeunes le temps d’un Chabbat en leur confiant l’animation des offices et les divré Torah (sur le modèle de la Hazac)… : les projets du rabbin fraîchement nommé ne manquent pas. Reste à les mettre en musique.

 

Axel Gantz