5 Av 5778‎ | 17 juillet 2018

Vers une meilleure écoute… (1ère partie)

Accordons-nous une bonne écoute à nos enfants ?

Cette question pourrait, à première vue, paraître banale mais… pour y répondre en toute franchise, il faudrait auparavant définir ce qu’est une bonne écoute.

Un petit coup d’œil sur la définition du dictionnaire contribue d’emblée à nous guider, en nous mettant en garde de ne pas confondre les verbes entendre et écouter. Le premier signifie « percevoir par l’ouïe », tandis que le second implique une démarche active, voire volontaire, et consiste à « être attentif » ou à « prêter l’oreille » à ce que l’on entend.

Pour établir une bonne communication, il faut, en premier lieu, s’assurer d’instaurer une écoute de qualité. Celle-ci occupe d’ailleurs une place d’honneur lorsque notre interlocuteur est un enfant, car il n’est pas toujours en mesure de mettre un mot à ses maux. Il nous incombe, par conséquent, de redoubler d’efforts pour comprendre le message qu’il souhaite nous transmettre et être capable d’en décoder les non-dits.

Cela requiert donc disponibilité, concentration et patience. L’enfant est dans l’attente d’une marque d’empathie, qui se manifeste tant par notre regard, notre expression du visage que par notre attitude générale. De plus, il dispose d’antennes assez fiables pour être à même de déceler l’intérêt que l’on accorde à ses propos.

Quels pourraient être les obstacles à une bonne écoute ?

Lorsqu’on écoute, il est important de veiller à ne pas interrompre par des questions ou des explications, et encore moins par des conseils. Pour écouter notre enfant correctement, nous devons nous concentrer sur ce qu’il dit pour comprendre ce qu’il est en train de vivre. Ce n’est pas le moment de le juger, ni de donner notre avis et ni même de proposer des solutions aux problèmes qu’il aurait évoqués. En effet, si nous souhaitons vraiment l’aider, pensons à lui donner des outils qui lui permettront de trouver lui-même la solution, plutôt que de lui présenter une solution toute faite. N’oublions pas de préciser que l’ambiance générale qui règne sur le lieu d’échange y joue également. S’il y a beaucoup de bruit ou si l’atmosphère est tendue, la qualité de l’écoute risque forcément d’être médiocre.

Quelles sont les retombées négatives d’une écoute défaillante ?

Le manque d’écoute ou une écoute déficiente, provoquent une source de sentiments négatifs : frustration, mépris, colère… Et, à moyen ou long terme, l’enfant risque d’éviter de solliciter l’aide de ses parents en cas de besoin, et d’être moins enclin à partager avec eux ses expériences. Il en arrivera donc à se renfermer sur lui-même.

Et enfin, qu’en est-il des bienfaits d’une écoute attentive ?

Lorsqu’on écoute son enfant convenablement, on est gagnant sur plusieurs plans : on lui manifeste du respect, on le valorise et on lui montre qu’il nous intéresse. On lui donne ainsi l’occasion d’exprimer ses sentiments et de se décharger du lourd paquet que porte son cœur. On l’aide à renforcer son estime de soi, et l’on ne saurait apprécier les bénéfices et l’aide précieuse que cela apportera à notre enfant pour qu’il devienne un adulte réfléchi et équilibré. Autre conséquence non négligeable, il apprendra à son tour à nous écouter et à instaurer une bonne communication avec son entourage… Alors, pourquoi donc nous priver d’un avenir si prometteur ?

Certes, la mise en pratique au quotidien n’est pas toujours aisée, et l’on tentera de traiter le sujet de façon plus concrète dans notre prochain numéro… Mais la balle est déjà dans notre camp. N’est-ce pas que, pour tendre une oreille attentive, il faut tout d’abord en faire l’une de nos prérogatives !

Yokheved Levy