12 Kislev 5781‎ | 28 novembre 2020

Nouvelle stèle et hommage du Premier ministre à Ilan Halimi zal

A Bagneux, deux rassemblements ont eu lieu à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative, remplaçant celle qui a été dégradée fin octobre. Edouard Philippe s’est recueilli sur place, puis a exprimé son « dégoût » devant les députés.

 

« Nous n’oublierons jamais » : Marie-Hélène Amiable, maire communiste de Bagneux (Hauts-de-Seine), a rendu hommage à Ilan Halimi zal devant la nouvelle plaque commémorative, installée le 7 novembre dans le parc Richelieu. Elle remplace la stèle dégradée et maculée d’inscriptions antijuives dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre.

Une rose blanche à la main, plus de cent habitants et élus locaux se sont rassemblés ce jour-là pour dire non à l’antisémitisme, tandis qu’une enquête a été ouverte par la Sûreté territoriale du département pour retrouver le ou les coupables. « Il est important que les faits ne restent pas impunis », a déclaré la maire, ajoutant qu’un square boisé situé dans un écoquartier de Bagneux, aujourd’hui en construction, porterait le nom du jeune homme « pour que personne n’oublie ce qui s’est passé en 2006 ». Il existe déjà un jardin Ilan Halimi dans le 12ème arrondissement de Paris. « Les voyous qui ont saccagé la stèle et l’ont marquée de leur empreinte ne gagneront pas », a lancé Elie Korchia, président du Conseil des communautés juives des Hauts-de-Seine (CCJ-92), pendant l’inauguration du 7 novembre. Le numéro un du Consistoire, Joël Mergui, était également présent.

Le lendemain, le Premier ministre s’est rendu sur place, pour un moment de recueillement qui ne figurait pas à son agenda officiel. Il était accompagné de personnalités publiques et communautaires. Parmi elles, Pierre Soubelet, préfet du département, Laurianne Rossi, députée macronienne de Bagneux, Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Francis Kalifat, président du CRIF.

Edouard Philippe a remercié Marie-Hélène Amiable pour le prompt remplacement de la plaque.

Dans l’après-midi, il a profité de la traditionnelle séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée, pour marteler son indignation. C’est « une insulte à la République toute entière, a-t-il dit. Colère, dégoût, tristesse… : voilà ce que m’inspire cette affaire. Avec ce vandalisme brutal, ces inscriptions odieuses, on insulte une nouvelle fois la mémoire d’un jeune Français sauvagement torturé et assassiné. On insulte sa famille, ses proches, ses amis (…), on m’insulte, on insulte les représentants de la nation ».

Le Premier ministre a souligné devant les députés, que le nombre de délits antisémites était « en diminution ces deux ou trois dernières années », saluant « l’action de tous les acteurs publics » et « la grande résolution » à cet égard, de son prédécesseur Manuel Valls. « Mais ils restent trop nombreux. Et s’il n’en restait qu’un, il serait inacceptable. Nous devons lutter en permanence », a-t-il conclu.