29 Kislev 5778‎ | 17 décembre 2017

Comment les Nations unies ont finalement reconnu Yom Kippour comme fête officielle

Israel's ambassador to the U.N. Ron Prosor speaks to the media after a midnight meeting of the U.N. Security Council at U.N. headquarters in New York July 28, 2014. The U.N. Security Council agreed on a statement on Sunday urging Israel, Palestinians and Islamist Hamas militants to implement a humanitarian truce beyond the Muslim holiday of Eid al-Fitr and engage in efforts to achieve a durable ceasefire. The statement expresses strong support for "an immediate and unconditional humanitarian ceasefire, allowing for the delivery of urgently needed assistance" in Gaza, where Israeli troops and Hamas have been fighting for nearly three weeks. REUTERS/Lucas Jackson (UNITED STATES - Tags: POLITICS CIVIL UNREST) - GM1EA7S124O01

Ein davar ha omed lifné ha ratson. Rien ne saurait résister à une volonté résolue à atteindre son but. Tout commence le 8 juin 2011, lorsque Ron Prosor devient le Représentant permanent d’Israël aux Nations unies. Aussitôt installé dans ses nouvelles fonctions, il est frappé par le fait que le calendrier des 10 jours fériés de l’ONU ne mentionne aucune fête juive ! Il y a là une injustice qu’il va s’employer à corriger. Patiemment, il approche les représentants des Etats-Unis, des Etats européens, de l’Australie, du Canada, de l’Uruguay et d’autres pays au mode de fonctionnement occidental pour les convaincre de se joindre à Israël pour demander formellement aux Nations unies de reconnaître officiellement Yom Kippour − le jour le plus saint du calendrier hébraïque – comme 11e jour de congé. Dans un courrier adressé aux 193 diplomates représentants tous les pays membres de l’ONU, il écrit : « Il existe trois religions monothéistes dans le monde, mais seulement deux sont reconnues par le calendrier des Nations unies. Il doit être mis fin à cette discrimination. » La partie s’avère difficile. D’abord parce que dans cette assemblée internationale, Israël − plus que tout autre Etat membre − est régulièrement condamné au titre des Droits de l’Homme. Ensuite, parce que si le soutien des démocraties libérales semble acquis, il n’en va pas de même avec le « groupe des 77 », une coalition de pays en voie de développement. Conçu pour promouvoir les intérêts économiques et politiques collectifs de ses membres, ce bloc jouit d’une réelle capacité de négociation à l’ONU. La proposition de Ron Prosor, qui tranche avec l’agenda habituel des questions débattues aux Nations unies, est accueillie avec scepticisme et ironie. Certains la jugent prématurée, d’autres avancent la question des vacances hindoues, chinoises ou japonaises. Un diplomate d’un pays ami lui conseille même « de ne pas trop appuyer sur Yom Kippour » au risque de voir s’effriter les soutiens à l’Etat hébreu. Le 8 juin 2012, Ron Prosor est élu vice-président de l’Assemblée générale des Nations unies. Remplacé par Danny Dannon, celui-ci va poursuivre le but que son prédécesseur s’était assigné. Et au fil des contacts, les résistances cèdent du terrain : il apparaît bientôt que les pays essentiellement chrétiens vont l’emporter sur la majorité des nations musulmanes. Et finalement, après près de 3 ans de rencontres, de négociations, d’efforts – et grâce au soutien de Samantha Power, qui représente les USA − le jeudi 15 mai 2014, au cours de leur 69e Assemblée générale, les Nations unies reconnaissent officiellement Yom Kippour comme un jour férié dans le fonctionnement de l’organisation internationale. Désormais, ce jour-là, aucune question ne sera mise au calendrier, et les employés juifs de l’ONU auront toute latitude pour observer cette fête religieuse. Les choses ne vont pas s’arrêter là : l’année suivante, le 22 septembre 2015, en l’honneur de Ron Prosor et à l’initiative de Danny Dannon, la délégation israélienne à l’ONU va organiser une véritable cérémonie du Tachlikh à laquelle participera − du jamais vu dans l’histoire des Nations unies – Ban Ki-Moon, le Secrétaire général de l’organisation ! Lors de cet évènement unique, Danny Dannon fera remarquer qu’après 70 ans d’existence, il était temps que les Nations unies − qui n’ont pas su empêcher ni les massacres du Cambodge, ni le génocide au Rwanda, ni les atrocités à Srebrenica, ni les crimes indescriptibles commis par le régime d’Assad ni la sauvagerie de l’ISIS et la brutalité de Boko Haram – noient leurs péchés dans l’eau d’un fleuve. Et tandis que Ban Ki-Moon jetait symboliquement des miettes de pain dans le fleuve qui borde l’île de Manhattan, Danny Dannon ajouta que tout comme Yom Kippour oblige les individus à réfléchir et à s’améliorer, les Etats membres doivent reconnaître les défauts du passé de l’ONU et s’engager à créer un avenir plus juste pour tous les peuples du monde. Cette année-là, un certain commentateur facétieux fit remarquer que la pollution de l’Hudson River avait brusquement augmenté…

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