29 Av 5777‎ | 21 août 2017

Une visite historique sans grande surprise, mais qui relance l’influence des USA dans la région

En signant un énorme pacte de coopération militaire avec l’Arabie Saoudite contre les velléités hégémoniques de l’Iran et en amorçant la relance des négociations israélo-palestiniennes, le président américain a permis à son pays un retour en force au Moyen-Orient.

Contrairement à son prédécesseur, Barack Obama, qui après son flagrant échec de promotion des Frères Musulmans égyptiens en 2012, avait accéléré le désengagement des USA du Moyen-Orient en choisissant d’ignorer l’Arabie Saoudite sunnite pour lui préférer l’Iran chiite – pourtant allié direct d’Assad et du Hezbollah –, Donald Trump a agi d’une manière frontalement opposée pendant cette visite tout à fait inédite, qui constitue le premier voyage à l’étranger et dans cette région du président américain nouvellement élu. Redéfinissant magistralement les règles et les axes d’un nouvel engagement américain au Moyen-Orient, Trump a d’abord abattu son jeu à Ryad en faisant… ce qu’il sait parfaitement faire : signer d’énormes contrats d’affaires fort juteux pour l’industrie militaire de son pays, sur plus de 400 milliards de dollars en dix ans.

Ce deal gigantesque avec la monarchie saoudienne lui a donc à la fois permis de montrer du doigt « l’axe du mal » irano-chiite sévissant partout dans la région – un thème sur lequel il est sans cesse revenu pendant sa visite à Jérusalem –et, ce faisant, d’appeler à la formation d’une « alliance pour la paix » entre les pays arabes sunnites modérés et Israël. Laquelle, dixit Trump, semblerait aujourd’hui plus réaliste que jamais – ce que Nétanyaou s’est plu lui aussi à confirmer .

« Partout où l’on tourne le regard, a ainsi expliqué Trump au soir du 22 mai en Israël où les membres du gouvernement, Nétanyaou en tête, buvaient ses paroles, que ce soit vers la Syrie – où nous avons dû tirer voilà quelques semaines 59 missiles – ou bien vers le Yémen et l’Irak, et quel que soit le pays, on observe toujours les mêmes signes insistants de la présence iranienne : soit sous forme de déploiement de soldats et de terroristes, soit par l’envoi d’argent et d’armes. Or, au lieu de remercier les Etats-Unis après la signature de l’accord de Vienne, les Iraniens se sentent tout puissants et se croient tout permis ! Mais croyez-moi, ils ont tort, même si ce pacte constitua une chose terrible pour les USA… En tous cas, je peux vous affirmer que l’Iran, croyez-moi, ne disposera jamais de l’arme atomique ! »

Aider à la reprise prochaine du dialogue israélo-palestinien

L’autre avancée enregistrée pendant cette visite « historique » – certes plus ténue parce que plus évasive et non assortie de détails concrets, et encore moins d’un quelconque plan – fut l’insistance de Trump à affirmer que les pourparlers entre Israël et l’Autorité palestinienne allaient reprendre sous peu « grâce, a-t-il insisté, aux discussions productives engagées déjà avec les deux parties concernées, mais aussi avec d’autres nations ».

Une manière d’expliciter la tactique et la stratégie du retour américain dans la région liant de près le dossier saoudien avec le dossier palestinien. D’autant que dans ses discussions préalables avec Ryad, Washington a obtenu un net assouplissement des exigences saoudiennes auprès d’Israël contenue dans son fameux plan de paix datant de 2002 et désormais « réaménagé » et édulcoré afin de pouvoir parvenir à un compromis global avec Jérusalem. Autant d’éléments qui démontrent une fois de plus l’ampleur des terribles craintes de Ryad face à Téhéran…

Richard Darmon

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