29 Av 5777‎ | 21 août 2017

Donald Trump, un président inquiet

Dans un éditorial paru en ce début de semaine, Na’hum Barnéa du Yediot A’haronot estime,  à l’approche de la visite en Israël de Donald Trump qu’il faut donner au président américain au moins une occasion de faire sortir le processus de paix israélo-palestinien de son impasse actuelle : « Pendant des décennies, de nombreuses personnalités très sérieuses ont tenté de faire aboutir ce processus en vain. Peut-être que cela ne nous ferait pas de mal de laisser une occasion à un président américain qui ne paraît pas vraiment sérieux », a écrit Barnéa. Réflexion pertinente, surtout lorsqu’elle intervient après la rencontre de la semaine dernière à la Maison Blanche entre Trump et Mahmoud Abbas.  Donald Trump ce président imprévisible est également trop souvent déroutant, en particulier lorsqu’il veut donner l’impression d’être devenu le meilleur ami d’Abbas, alors qu’ils ne se connaissent que depuis deux heures. Mais peut-être que derrière ce jeu de scène auquel il semble se prêter, se cache un homme d’affaires résolument déterminé à parvenir, dans les plus brefs délais à un « deal » inédit qui viserait à résoudre l’un des plus grands casse-têtes diplomatiques de notre époque.  Et finalement, peut-être que Donald Trump est en train de nous habituer discrètement à une méthode de travail originale, qui sort des sentiers battus ; une méthode qui pourrait consister, comme l’a fait le président américain lors de sa conférence de presse avec Mahmoud Abbas, à parler d’optimisme dans un dossier où les deux parties sont, depuis longtemps, désabusées et dépitées; et une méthode qui, au lieu d’imposer certains diktats sur des sujets qui fâchent ,-comme l’avait fait Obama avec le gel de la construction en 2009-, consiste à exprimer une inquiétude présidentielle de manière si pressante que les deux acteurs principaux se sentent obligés de « faire un geste » pour l’apaiser. On se souvient qu’il y a deux mois, il avait suffi que Donald Trump exprime cette inquiétude face à la poursuite de la construction dans les implantations pour que Binyamin Nétanyaou suggère au cabinet pour la sécurité nationale de «restreindre » cette construction. La semaine dernière, Donald Trump a également exprimé son inquiétude à Abbas face à la poursuite des versements faits par l’Autorité Palestinienne aux terroristes détenus dans les prisons et à leurs familles. Et il semble que pour calmer l’inquiétude du président, le raïs palestinien sera contraint de trouver un compromis qui n’enflamme pas la rue palestinienne.  Et s’il y a là véritablement une « méthode Trump »,  il sera intéressant de savoir en quoi consiste la prochaine étape, une étape qui pourrait intervenir dans deux semaines, lors de la visite historique du Président américain en Israël et à Ramallah.

Daniel Haïk

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