29 Av 5777‎ | 21 août 2017

Erdogan s’emporte sur Jérusalem

Turkish President Tayyip Erdogan attends a news conference following the talks with his Russian counterpart Vladimir Putin in Sochi, Russia

A Jérusalem, on a le plus grand mal à expliquer le « coup de gueule » lancé, ce lundi, par le président turc Tayep Recep Erdogan. Dans le cadre d’une convention islamiste consacrée à… Al Quods, l’appellation arabe de Jérusalem, Erdogan a appelé « tous les Musulmans à marcher vers la mosquée d’El Aksa à Jérusalem parce que chaque jour où Jérusalem est sous occupation est une insulte pour les Musulmans ». Le président turc a accusé Israël de « discriminer les Palestiniens » et a affirmé que seule la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale mettrait fin au conflit, avant d’émettre l’espoir que Trump renoncera à déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv vers Jérusalem. La réaction du ministère israélien des Affaires étrangères a été particulièrement ferme : «Ceux qui violent systématiquement les droits de l’Homme, ne devraient pas donner de leçons de morale à la seule vraie démocratie dans la région. Israël veille à la liberté de culte totale pour les Juifs, les Musulmans et les Chrétiens et continuera à le faire en dépit des calomnies infondées. » Pour les spécialistes israéliens de la Turquie, ce comportement d’Erdogan est conforme au personnage qui est colérique et impulsif. Mais derrière ce caractère problématique qui s’est déjà révélé dans le passé, Erdogan pourrait avoir voulu saisir l’occasion de cette convention, à l’approche du Jubilé de la réunification de Jérusalem, pour se poser en grand « sultan ottoman » défenseur des lieux saints dans Jérusalem. Porté par le succès (même contesté) du referendum lui attribuant les pleins pouvoirs, Erdogan entend apparemment étendre son autoriténon seulement sur la toute la Turquie mais aussi sur l’esplanade du Mont du Temple à Jérusalem. Quoi qu’il en soit, ces mêmes experts israéliens ne croient pas que cette mini-crise aura de sérieuses répercussions sur le processus de réconciliation entre Jérusalem et Ankara, entamé, en juin dernier, un processus qu’Erdogan soutient en dépit de ses débordements déplaisants.
Daniel Haïk

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