6 Kislev 5778‎ | 24 novembre 2017

Chné Or: « L’école juive pour tous » plébiscitée

Lors du dîner annuel de l’établissement Loubavitch, les parrainages ont été particulièrement nombreux devant un public conquis par les témoignages poignants de parents dont les enfants se sont appropriés leur identité juive grâce à l’école
Le dîner de gala de l’école Habad Chné Or d’Aubervilliers, aux docks Pullman de la même ville, a coïncidé cette année avec le cinquante-cinquième anniversaire de cet établissement hors norme créé par le rav Chalom Mendel Kalmenson zatsal, décédé en 2011. La soirée a eu lieu le 27 mars, « veille de roch ‘hodech Nissan », rappelle ‘Haya Nisilevitch – « Mora ‘Haya » – fille du fondateur et aujourd’hui responsable de l’école avec son mari, le rav Eliézer qui en assure la présidence, et de ses frères, les rabbanim Yossef Its’hak et Meyer Sim’ha Kalmenson. Six cent cinquante personnes y ont participé. Objectif : recueillir des parrainages, d’une valeur de cinq mille euros, pour les élèves en difficulté ou issus de l’enseignement laïc et qu’il s’agit de « remettre à niveau », notamment en kodech. Une centaine ont été promis, contre soixante en 2016. C’est donc un succès, qui s’explique notamment par la force des témoignages entendus lors du dîner.
Après quelques notes de musique et une chanson écrite pour l’occasion, interprétées par un groupe d’enfants, un clip particulièrement émouvant a été diffusé dans la salle. On y voyait le Rabbi de Loubavitch zatsal marteler à quel point il est important de sauver la néchama des petits et les élever dans l’amour de la Torah. Le reportage qui a suivi a marqué les esprits. Il montrait comment les militants de Chné Or arpentent les rues et immeubles d’Ile-de-France pour inciter les foyers juifs à inscrire leurs garçons et filles dans l’établissement, afin de les extraire du réseau public où ils risquent de subir l’antisémitisme, si répandu hélas dans les quartiers sensibles, et surtout de passer à côté de l’essentiel : la connaissance de leur identité et du judaïsme. C’est la fameuse opération « L’école juive pour tous » (sous l’impulsion de Mouchka Tevel), marque de fabrique de Chné Or depuis cinq ans. Une initiative unique dans l’Hexagone, couplée avec un système de transport scolaire tout aussi original et ambitieux : dix-neuf lignes de bus, desservant cent une stations, acheminent chaque jour une grande partie des sept cents élèves de l’établissement, provenant des quatre coins de la région parisienne. Qui dit mieux en matière de kirouv?
Des parents ont témoigné dans le clip, mais aussi dans la salle. Un père a raconté en larmes qu’il avait appelé son fils Aron et non Aaron, par souci de discrétion sur sa judéité. Après avoir opté pour l’enseignement laïc et l’assimilation, il s’est laissé convaincre par l’équipe de Chné Or. A présent, Aron est devenu Aaron et évolue dans un univers pleinement orthodoxe dans l’école Habad. C’est ainsi que des dizaines de jeunes issus de familles peu ou pas pratiquantes se transforment chaque année en Juifs respectueux des mitsvot et plongés parfois du matin au soir dans la Torah. Il existe en effet un cursus spécifique, celui du ‘héder, qui permet d’étudier le kodech de façon intensive, au-delà des heures habituelles qui y sont consacrées pour tous le matin. Ce cursus attirait cinquante élèves en 2015, ils sont une centaine aujourd’hui, de six à quatorze ans. Rappelons que Chné Or accueille les enfants dès l’âge de deux ans… jusqu’au bac. La non-mixité est la règle. Il y a aussi dans cet espace communautaire une classe de CAP pour futures puéricultrices. Notons encore que l’école se mue en centre aéré pendant les vacances. Le grand rabbin de Paris, le rav Michel Gugenheim, a indiqué pendant la soirée que ses enfants le fréquentaient autrefois. Le président du Consistoire, Joël Mergui, et le député Meyer Habib ont également pris la parole. Le fils de Mora ‘Haya, le rav Arié Zvi Nisilevitch, était présent. Il donne tout au long de l’année des chiourim au domicile ou au bureau des parrains de l’établissement pour les remercier de leur soutien.
C’est le grand professionnel Daniel Ohayon qui assurait l’animation et égrenait les promesses de dons dans la bonne humeur, tandis que le chanteur Yossef ‘Haïm Shwekey était chargé de la partie musicale.
Axel Gantz

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