19 Av 5779‎ | 20 août 2019

Cinq ans après la tuerie de Toulouse, la classe politique solidaire de la communauté

De nombreux responsables politiques, toutes tendances confondues, ont assisté aux cérémonies d’hommage aux 7 victimes de Merah à Montauban puis devant l’école OzarHatorah de Toulouse. Probablement parce que chacun d’eux a conscience du basculement qu’ont représenté les tueries de l’époque, prélude à une vague djihadiste toujours d’actualité.

Les cérémonies marquant le cinquième anniversaire de la tuerie de Toulouse ont été d’autant plus médiatisées qu’elles ont coïncidé avec la tentative d’assassinat perpétrée « au nom d’Allah » à l’aéroport de Paris-Orly, le 18 mars, contre un soldat du dispositif Sentinelle. Le terroriste a été abattu avant de passer à l’acte mais l’affaire illustre la pérennité de la menace islamiste. La classe politique ne s’y est pas trompée : elle a participé au plus haut niveau auxmoments de recueillement de cette mi-mars. Dès le 15, le favori de la campagne présidentielle et ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron s’est déplacé à Sarcelles, en compagnie du ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, pour assister à un allumage de bougies devant la stèle installée ici en 2014 en souvenir des victimes. Samuel Sandler, père du rav Yonathan Sandler et grand-père d’Arié et Gabriel zal, était présent. Comme tous les fidèles juifs présents ce jour-là, il a entendu Bruno Le Roux marteler que l’antisémitisme n’était pas « un problème juif. C’est notre problème collectif », a-t-il dit avant de confesser un certain « aveuglement », reconnaissant que les pouvoirs publics n’avaient pas anticipé la vague de terreur qui allait suivre l’épisode tragique de mars 2012.

C’est encore Bruno Le Roux qui a déclaré à Toulouse, pendant l’émouvante cérémonie du 19 mars dans l’école Or Torah à la mémoire du rav Sandler de ses deux fils et de la petite Myriam Monsonégo, que « la douleur et l’effroi ne se sont pas apaisés avec le temps.Cinq ans après, a-t-il assuré, la République n’oublie pas et nous traquerons les terroristes jusqu’au dernier ». Une stèle commémorative représentant un arbre de vie a été inaugurée dans la cour de l’établissement. Quelques heures plus tard, square Charles de Gaulle, c’est l’ensemble des autorités politiques régionales– Jean-Luc Moudenc, maire de la ville, en tête– qui s’est incliné en mémoire des quatre Juifs assassinés.

A Paris, le soir même Samuel Sandler a raconté son épreuve à la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth lors de l’hommage national organisé par le Consistoire. Des bougies du souvenir ont été allumées par d’éminentes personnalités : Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, la maire de la capitale Anne Hidalgo et le candidat à l’Elysée François Fillon… Les prières pour la République française, pour l’Etat d’Israël, des chants et des tehilim ont ponctué la manifestation. La synagogue était pleine et le président du Consistoire, Joël Mergui, a rappelé l’importance d’un drame « qui a représenté un basculement » pour le pays. Il a loué la dignité d’Eva Sandler, triplement endeuillée et qui a simplement demandé aux Juifs, après le massacre, de respecter Pessah, refusant toute aigreur vengeresse. Pour Joël Mergui, la réponse à la terreur consiste à ne pas baisser les bras et à « continuer d’élever nos enfants dans le judaïsme. J’espère ne pas accueillir ici le prochain président de la République à l’occasion d’une nouvelle tragédie », a-t-il conclu.

Axel Gantz