30 Tishri 5778‎ | 20 octobre 2017

Picardie : vingt néo-nazis devant les tribunaux

L’enquête a nécessité du temps et de gros moyens. Après quatre années d’investigation, elle est désormais terminée. Vingt individus, dont deux mineurs, ont été renvoyés début 2017 devant les tribunaux, certains d’entre eux pour tentative de meurtre. C’est l’épilogue provisoire d’une opération policière qui a permis de démanteler en Picardie le plus gros réseau néo-nazi découvert en France depuis la Libération. Nommé White Wolf Klan (« Le clan des loups blancs »), parfaitement structuré et organisé, il sévissait depuis 2013 et était animé par Jérémy Mourain, un habitant de Ham, près d’Amiens, ancien membre du mouvement identitaire et antisémite Troisième Voie – aujourd’hui dissous. Le groupe a perpétré un nombre impressionnant de délits, notamment en 2014. De multiples agressions, parfois très violentes, ont été enregistrées dans la région après des beuveries en l’honneur du Troisième Reich. Egalement des vols et cambriolages, afin de pourvoir aux besoins des skinheads en cocaïne et drogues diverses. « C’étaient des paumés… Dans leurs actions, il y avait pourtant une radicalité qu’on ne trouvait pas ailleurs : des bras cassés, mais des bras cassés dangereux », témoigne un enquêteur. Chaque « descente » était l’occasion pour le White Wolf Klan de gonfler les muscles et surtout de sortir son arsenal : fusils à lunette, à pompe, à canon scié, couteaux, battes de baseball, clubs de golf, sabres, explosifs… Aucun Juif, barou’h Hachem, n’a été attaqué. La horde visait principalement les Maghrébins, les Roms et les bandes concurrentes, nombreuses dans ce secteur où la police recensait au total deux cents délinquants néo-nazis répartis dans différents groupes.

Axel Gantz

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