23 Av 5779‎ | 24 août 2019

Enfin une synagogue dans le quartier des Ternes !

La synagogue  ouverte  Roch  ‘Hodech  Kislev  compte  déjà  une  trentaine  de  fidèles. Elle  ne  devrait  pas  tarder  à  étendre  ses  activités  au  cœur  d’un  arrondissement  – le 17e – où les besoins sont criants, du fait d’une démographie juive exponentielle Le rav  Menahem  Ladaev  est  issu  du  mouvement  Loubavitch.  Son  grand-père  était déjà  rabbin  ‘Habad  en  Russie  (à  l’époque,  on  n’utilisait  pas  encore  le  terme,  usuel aujourd’hui,  de  chalia’h).  Il  a  étudié  à la  yéchiva  française  de  Brunoy,  à  Torat  Emet (Jérusalem),  à  New  York  et  a  officié  dans  plusieurs  communautés à  travers  le monde. C’est en mémoire de son frère, le rav Elhanan Méïr Ladaev zal, qu’il a créé la  synagogue  du  quartier  parisien  des  Ternes,  ouverte depuis  Roch ‘Hodech  Kislev (« mois  des  miracles »,  rappelle-t-il),  autrement  dit  depuis  le  1er  décembre  dernier. Située au 6, rue des colonels Renard, dans le 17e arrondissement, elle porte le nom de ce talmid  ‘hakham  brillant  disparu  très  jeune,  emporté  par  la  maladie à  l’âge  de vingt-sept ans seulement et  auteur d’un livre de commentaires du  ‘Houmach intitulé Chémen Hatov.  Il s’agit de pallier un manque : il n’existait jusqu’alors aucun espace cultuel en ce lieu à  la  démographie  juive  pourtant  galopante.  Le  futur  Centre  européen  du  judaïsme permettra  certes  de  compenser  cette  pénurie,  mais  il  sera  plus  au  nord,  porte  de Courcelles. « D’ailleurs, les besoins sont si criants, avec quarante  mille Juifs dans l’arrondissement,  que  je  récuse  toute  forme  de  concurrence.  Au  contraire :  je  milite pour l’émulation réciproque », nous dit le rav Menahem Ladaev.  La synagogue  n’a  que  quelques  courtes  semaines  d’existence  mais  attire  déjà une trentaine  de  fidèles  pour min’ha.  La  synagogue  est  encore  fermée  pour cha’harit  et arvit  et  n’ouvre  qu’un Chabbat  par  mois.  Des  restrictions  très  provisoires.  Un  petit kollel,  un  talmud  Torah,  un  bureau  de  vérification  des  téfilin  sont  dès  à présent en activité   dans   cet   espace   communautaire   indépendant   mais   disposant   d’un partenariat avec le Beth ‘Habad de la capitale. Des chiourim réguliers sont prévus ; le rav  Ladaev  souhaite  fonder  un  oulpan  et  surtout  s’agrandir  en  louant  des  locaux attenant  à  la  synagogue.  Il  est  fier  d’avoir  distribué  des ‘hanoukiot  à des  familles juives  non  pratiquantes  et  qui  ignoraient  à  peu  près  tout des Mitsvot  et minhaguimassociés à la fête des lumières. « Elles m’ont promis d’allumer les bougies », assure-t-il. Enfin, une dizaine d’enfants des écoles publiques avoisinantes sont déjà inscrits à la cantine strictement casher du Beth Elhanan Méïr. C’est aussi le nom d’une association qui propose mézouzot et téfilin, organise des cérémonies  de  brit-mila,  efface  les  symboles  chrétiens  dans  les  habitations,  etc.  en Russie  et  en  Europe  orientale.  Le  rav  Menahem  Ladaev  se  rend  fréquemment  sur place  avec  son  père,  le  rav Yaïr  Ladaev,  cheville  ouvrière  des  opérations,  pour surveiller  l’utilisation  des  fonds  récoltés  en  l’honneur  de  son  frère  défunt.  La  même association  offre  également,  en  période  estivale,  des  téfilin  aux  soldats  de  Tsahal, conformément à la demande du Rabbi de Loubavitch. Axel Gantz