11 Tevet 5779‎ | 19 décembre 2018

Dans une offensive diplomatique concertée avec l’AP Les députés arabes d’Israël délégitimisent l’Etat juif à l’ONU et auprès de l’UE

Emboîtant le pas à la démarche de l’Autorité palestinienne (AP) qui tente ces jours-ci de faire expulser l’Etat d’Israël de l’ONU, les députés de la Liste arabe unie utilisent leur statut de parlementaires israéliens pour décupler leurs critiques contre le pays dont ils sont citoyens. Une véritable démarche de « double allégeance » !

Après avoir entamé en juillet dernier des démarches dans le monde arabe pour faire chaque année du
19 juillet – jour d’adoption par la Knesset de la loi sur l’Etat-nation du peuple juif – la « Journée de l’Apartheid israélien », les députés de la Liste arabe unie (LAU) ont appuyé les efforts en cours de l’AP pour faire condamner Israël par l’Assemblée générale de l’ONU qui a lieu en ce moment à New York et tenter – sans grand espoir d’y parvenir – de le faire expulser de cette organisation. Ainsi, l’une de leurs parlementaires, Aïda Touma-Sliman devait déjà rencontrer, fin août dernier à New York, Rosemary
DiCarlo, le sous-secrétaire général des Nations unies pour les Affaires politiques, afin d’obtenir son soutien dans la lutte actuelle de son parti contre la récente loi sur « l’Etat du peuple juif » qu’elle a qualifiée de « législation d’Apartheid digne des régimes les plus sombres et tyranniques de l’Histoire », ainsi que de « raciste et gravement discriminatoire pour les minorités du pays ».                                         Et d’ajouter : « Notre parti a non seulement le droit, mais aussi le devoir moral de lutter contre ce racisme discriminatoire.Le gouvernement Nétanyaou ne saurait être au dessus du droit international ! ».
Pour les députés de la LAU, cette démarche contestable auprès de l’ONU repose sur leur conviction que cette loi ne ressort pas seulement des affaires intérieures d’Israël, mais qu’elle aurait des implications négatives directes pour le peuple palestinien et les efforts à venir de résoudre le conflit israélo-palestinien… Une levée de boucliers en Israël « Quiconque coopère avec l’AP contre Israël, devait répliquer Youli Edelstein le président de la Knesset, en accusant indirectement ces députés de ‘double allégeance’ devrait se demander si sa place n’est pas plutôt dans le parlement palestinien ! ».
Quant au représentant d’Israël à l‘ONU, Dany Danon, il s’est plaint à Edelstein en arguant que cette démarche parlementaire arabe faisait partie d’« une série de mesures prises par la Liste arabe unie contre l’Etat d’Israël » : « Voilà deux ans que ces députés coopèrent directement avec la délégation palestinienne à l’ONU dans une série d’actions visant à diffamer et à délégitimer l’Etat d’Israël sur une importante scène internationale. Ainsi, Touma-Sliman a-t-elle participé à une conférence marquant le 70e anniversaire de l’occupation israélienne’, pendant qu’Ahmed Tibi s’est joint à un événement anti-israélien du même genre organisé le 29 novembre dernier par la Conférence Palestine ».                           Et d’ajouter : « Ce comportement et leur participation inadmissibles à ce genre de manifestations constitue une grave dérogation à leurs obligations de parlementaires israéliens dont ils utilisent les avantages et les prérogatives officielles pour porter atteinte à l’Etat dont ils sont eux-mêmes
citoyens ». A noter aussi que plusieurs députés de la Knesset opposés à la loi sur l’Etat-nation du peuple juif ont condamné cette démarche parlementaire arabe. « Ces parlementaires arabes dénigrent notre pays partout où ils passent, mais nous continuerons à combattre ce phénomène ! », a ainsi déclaré Avi Gabbay le N°1 de l’Union sioniste. « Représentant nos électeurs et notre démocratie, nous condamnons
fermement cette vague d’incitation de la part de parlementaires et de journalistes israéliens douteux, contre notre appel à différents organismes internationaux pour annuler cette loi raciste portant atteinte aux Arabes et qui annihile toute chance de démocratie, d’égalité, de paix et de justice, devait répliquer à toutes ces critiques un communiqué de la LAU (…) Personne ne saurait nous réduire au silence et nous poursuivons notre lutte jusqu’à ce que cette loi raciste soit abrogée ».                                                       Même démarche biaisée auprès de l’Union européenne . Mais les députés arabes d’Israël n’en sont pas restés là ! Poursuivant leur offensive diplomatique anti-israélienne sous le prétexte de « devoir défendre la minorité arabe », leur chef de file, Aïman Odeh, devait rencontrer le 4 septembre dernier à Bruxelles Federica Mogherini, la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne (UE), en compagnie d’une délégation de six autres parlementaires, dont Touma-Sliman et Tibi. Se sentant en terrain conquis,
Odeh n’a pas donné dans la nuance en lui disant notamment : « L’expression ‘Terre d’Israël’ utilisée
plusieurs fois par cette loi pénalise gravement tous les efforts de paix parce qu’elle inclut la Cisjordanie». Et de préciser à l’issue de cette rencontre : « Le soutien de l’UE est crucial dans notre combat pour l’annulation de cette loi. J’ai apprécié de voir Mme Mogherini partager notre inquiétude de voir cette loi hypothéquer toute chance de paix avec les Palestiniens ».
Face à ces prises de position biaisées, on peut se demander pour qui roulent vraiment les députés arabes israéliens : alors que leur discours politique est toujours plus extrémiste que l’opinion générale prévalant
chez leurs électeurs, se considèrent- ils liés à l’Etat d’Israël dont ils sont citoyens ? Ou bien sont ils
les porte-drapeaux zélés de la « cause palestinienne » et de la « ouma arabe » … ?

RICHARD DARMON