13 Tammuz 5781‎ | 23 juin 2021

A Roissy-en-Brie, le déclin de la communauté n’est pas inéluctable

Une centaine de personnes devraient assister à l’Hakhnassat séfer Torah du 29 avril. Malgré le départ de nombreux jeunes depuis quinze ans, le président Robert Attia espère attirer des couples grâce au projet de nouvelle synagogue et à la tranquillité du secteur.

La synagogue de Roissy-en-Brie, avenue Paul Cézanne, a été fondée en 1972. La communauté comprend trois cents familles environ en comptant celles des villes voisines (et dépourvues de lieux de culte) : Ozoir-la-Ferrière, Lésigny, Pontault-Combault, Brie-Comte-Robert… Le déclin est régulier dans ce secteur quasi-rural de Seine-et-Marne et s’est accéléré depuis le début de la grande vague d’alyah des années 2013-2015. Les services et commerces casher sont loin, à Créteil ou Fontenay-sous-Bois. Le président – depuis quinze ans – de cette synagogue consistoriale, Robert Attia, rappelle néanmoins qu’il suffit d’une vingtaine de minutes pour rejoindre en voiture, aux heures creuses, la porte de Bercy. Et la gare Saint-Lazare n’est qu’à une demi-heure de train par le RER E. Par ailleurs, cette zone essentiellement pavillonnaire ne souffre guère de problèmes sécuritaires. Robert Attia se rend volontiers en kippa à la choule, où il retrouve une trentaine de fidèles le Chabbat matin. Trois ou quatre seulement ont moins de quarante ans et le minyan comptait cinquante membres, au total, en 2000… Pas de rabbin en exercice ici, mais un ministre-officiant en la personne d’Avraham Perez.
Le centre communautaire de six cents mètres carrés comprend une salle des fêtes. Elle devrait accueillir une centaine de participants le dimanche 29 avril à partir de 19 heures pour une hakhnassat séfer Torah suivie d’un buffet. Le rouleau sacré est offert par un administrateur de la kehila, Jean-Claude Ayache, en souvenir de ses parents mais aussi pour la refoua chelema (pleine guérison) de son épouse Claudia. Des dirigeants juifs nationaux venus de Paris pourraient se joindre à la manifestation. Les occasions de se réunir pour des repas collectifs, conférences, fêtes religieuses ou événements mémoriels (comme le tout récent Yom Hashoah) restent donc assez courues, avec un nombre respectable d’habitués – de plus en plus âgés, hélas.
Le talmud Torah a cessé de fonctionner il y a huit ans. Une dizaine d’enfants y étaient inscrits. De même, une vingtaine d’élèves partaient en bus scolaire, jusqu’en 2004, pour étudier quotidiennement à l’école Ozar Hatorah de Créteil. Ce mode de transport n’existe plus et un seul petit Juif de Roissy-en-Brie se rend encore, par ses propres moyens, dans l’établissement. Les autres fréquentent le réseau laïc.
Mais Robert Attia ne baisse pas les bras. La synagogue étant vieillissante, un promoteur immobilier devrait en construire une nouvelle à l’horizon 2019, en accord avec le Consistoire de Paris. Elle sera plus adaptée et de taille plus modeste – donc moins onéreuse à entretenir – et surtout, située à quelques mètres de l’ancienne, elle sera entourée de logements neufs bâtis par le même entrepreneur. Des opportunités pour de jeunes couples aspirant à une vie paisible à un prix avantageux, près d’un espace de prières et des bassins d’emplois dynamiques de la région, à commencer par celui de Marne-la-Vallée.

Axel Gantz