18 Adar I 5779‎ | 23 février 2019

Donald Trump devra clairement redéfinir les intérêts américains dans la région

« Après sa série de déclarations bien trop vagues et générales sur certains dossiers moyen-orientaux faites pendant la campagne électorale qui ne permettent pas de cerner le contenu de son programme de gouvernance en politique étrangère, Trump va devoir prendre de sérieuses décisions pour redéfinir concrètement les objectifs américains dans au moins cinq dossiers centraux au plan régional : notamment pour préciser le rôle de l’Amérique dans l’interminable guerre civile syrienne, pour savoir comment faire plier l’échine à l’État islamique, pour dicter une claire ligne de conduite face à l’Iran, pour tenter de dénouer le long serpent de mer du problème israélo-palestinien, et bien sûr pour rétablir de bonnes relations avec Israël et certains pays arabes sunnites longtemps alliés à l’Amérique », explique le Pr Eytan Gilboa, chercheur associé au Centre Begin-Sadate d’Études stratégiques et directeur du Centre de Communication internationale de l’université Bar-Ilan.
Mais selon lui, une grande inconnue demeure qui est liée à la personnalité tout à fait « inclassable » de Donald Trump : « Bien que ces cinq défis s’imposent avec une claire évidence comme d’urgentes priorités stratégiques et que la politique menée par tous les présidents américains a toujours été marquée par une certaine continuité –qu’ils aient été républicains ou démocrates -, l’intention affirmée par Trump de marquer une rupture avec tous ses prédécesseurs nous réserve sans doute quelques surprises… D’autant qu’il na pas cessé de se définir comme un candidat anti-establishment ! Or, le voilà devenu, de par le sort des urnes, un président lui-même anti-establishment qui a répété vouloir adopter en politique étrangère une posture anti-globaliste et semi-isolationniste censée Rendre sa grandeur à l’Amérique. Or tout cela devra inévitablement reposer sur une nouvelle et claire vision du rôle intérieur et international du leadership américain ».
Et d’ajouter : « Après le vacuum diplomatique laissé dans la région par Obama aussitôt rempli par la Russie, le défi prioritaire de Trump sera de savoir comment rétablir l’influence américaine au Moyen-Orient, en coordonnant ce nécessaire retour US. avec son ami Poutine, dont on connaît trop l’agressivité et l’efficacité militaires… On a dit que Poutine était content de lélection de Trump, car il savait que si Clinton l’emportait, la confrontation Moscou-Washington se poursuivrait. Mais avec Trump –qui se déclare lui-même ami de Poutine -, le maître du Kremlin estime qu’il existe une bonne chance de pouvoir surmonter le contentieux américano-russe en Europe et au Moyen-Orient. Ce qui reste encore à prouver… » Richard Darmon