17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

Rabbi Yossef ‘Haïm de Bagdad

Le Ben Ich ‘Haï

Rabbi Yossef ‘Haïm naquit le 13 Av 1833 à Bagdad. Fils du Hakham Eliahou, précédent grand-rabbin de Bagdad, Rabbi Yossef ‘Haïm grandit dans le chemin déjà tracé par son illustre père. A l’âge de 7 ans, on raconte que le tout jeune Rabbi Yossef ‘Haïm échappa de peu à une terrible noyade, et une fois considéré comme sain et sauf promit de consacrer toute sa vie à l’étude de la Torah. Rabbi Yossef ‘Haïm étudia auprès du Rav Abdallah Someikh, dont il épousa la sœur Rachel à l’âge de 18 ans, et de qui il eut une fille et deux fils. Rabbi Yossef ‘Haïm investit tout au long de sa vie de longues heures à l’éducation de ses enfants, à qui il s’efforça de transmettre son amour pour l’étude tout au long de sa vie. Le Ben Ich ‘Haï n’avait que 25 ans à la mort de son propre père. Pourtant, malgré son jeune âge, les rabbanim de la ville le désignèrent immédiatement comme le digne successeur de son père, impressionnés par les immenses connaissances en Torah de Rabbi Yossef ‘Haïm. Très vite, le Ben Ich ‘Haï à la tête de la très peuplée communauté de Bagdad s’investit afin de leur transmettre son amour de l’étude. Tous les matins, se tenait un chiour de choul’han aroukh, d’étude de la halakha qui avait pour but d’accompagner tous les businessmen dans leurs différents métiers. Mais ce sont surtout les célèbres cours du chabbat après-midi qui restèrent dans la mémoire de tous les juifs de Bagdad à cette époque, et où se pressait une foule de plus de 10 000 juifs attendant dehors dans l’espoir d’y trouver une place. Le cours ne durait pas moins de trois heures, pendant lesquelles même les enfants présents n’avaient pas besoin d’être rappelés à l’ordre, et tandis que tous les adultes se rappellent avoir été captivés par la richesse des propos du Ben Ich ‘Haï. Lors des quatre grands chabbatot de l’année (chabbat Chouva, Chabbat Para etc…), ses cours de la parachat hachavoua hebdomadaires ne duraient pas moins de quatre heures, quatre heures qui semblaient trop brèves à ses auditeurs captivés par le son de sa voix, qui évoquait à ce que l’on raconte « le bruissement de la mer ». Ce sont ces cours hebdomadaires de la parachat hachavoua qui seront par la suite rassemblés sous le nom de Ben Ich ‘Haï, nom par lequel l’on désigne plus couramment Rabbi Yossef ‘Haïm de Bagdad de nos jours. A l’époque où le Ben Ich ‘Haï était Rav à Bagdad, arriva un juif viennois du nom de Jacob Obermeyer. Rapidement accusé de répandre des idées issues de la réforme dans le très pieux judaïsme d’Irak, la communauté locale ne tarda pas à l’excommunier. Quelque temps plus tard, alors que Jacob Obermeyer résidait à Bagdad, il y apprit le décès de sa mère, mais ne trouva pas une seule personne parmi les 80 000 juifs de Bagdad acceptant de composer le minyan nécessaire pour la semaine de deuil. Ainsi était la parole du Ben Ich ‘Haï, force de loi pour toute la communauté locale, et dont le Rav Ben Tsion Azan, élève du Ben Ich ‘Haï et futur Rav de la vieille ville de Jérusalem dira « Si les enfants d’Israël avaient autrefois écouté les paroles de prophètes comme ils écoutent aujourd’hui le Ben Ich ‘Haï, le temple n’aurait pas été détruit ». Le Ben Ich ‘Haï fut également un auteur incroyablement prolixe, et l’on dit que si tous ces écrits n’ont pas été publiés, c’est parce qu’il tenait à ce qu’ils soient imprimés en Erets Israël, à laquelle le Ben Ich ‘Haï vouait un très grand attachement. D’ailleurs, lorsque Rabbi Yossef ‘Haïm partit avec son frère Rabbi Ye’hezkel pour Erets Israël afin de prier sur les tombeaux des Sages de Terre sainte, sa mère qui était encore vivante à l’époque lui fit promettre de revenir, craignant que Rabbi Yossef ‘Haïm ne décide finalement d’y demeurer. C’est lors de ce voyage que le Ben Ich ‘Haï se rendit prier sur la tombe de Benayahou Ben Yéhoyada, et d’après lui qu’il décida de nommer plusieurs de ses livres. Rabbi Yossef ‘Haïm s’éteignit le 13 Elloul 1909 en revenant de son pèlerinage sur la tombe de Yehezkel Hanavi, située à deux jours de marche de Bagdad. La nouvelle parvint vite à Bagdad, et le Calife en personne envoya ses hommes afin d’assurer la protection du corps de ce tsadik. De nos jours, les œuvres du Ben Ich ‘Haï sont considérées comme une référence en matière de halakha dans toute maison juive séfarade et sont étudiées avec le plus grand sérieux par quiconque cherche à approfondir ses connaissances dans le domaine de la loi juive.