15 Nisan 5779‎ | 20 avril 2019

Dîner du CRIF Le président Macron : « Après l’indignation, les actes »

French President Emmanuel Macron and CRIF President Francis Kalifat shake hands before the 34th annual dinner of the Representative Council of Jewish Institutions of France (CRIF - Conseil Representatif des Institutions juives de France) in Paris, France February 20, 2019. Ludovic Marin/Pool via REUTERS - RC1A1BD42E00

La voix pétrie d’émotion, éloquent comme à l’accoutumée, le président de
la République française a bien évidemment convaincu son auditoire de sa volonté acharnée à vouloir combattre sans relâche l’antisémitisme en France. D’ailleurs, personne n’en doutait un seul instant. Pour autant comment compte t-il parvenir à faire changer la honte de camp ? Et par la même, infléchir la courbe des actes antisémites perpétrés avec 541 recensés, soit 74 % d’augmentation en une année seulement. Tour d’horizon des engagements annoncés. Cyber : Lutte renforcée contre le déferlement de haine sur la toile et les réseaux sociaux, avec retrait rapide des propos et poursuite des auteurs qui ne pourront plus se cacher derrière leur anonymat « ce masque des lâches » pour propager leur fiel. Tel que mis en place efficacement par l’Allemagne. Application de la définition de l’antisémitisme telle qu’adoptée par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), reconnaissant « l’antisionisme comme une forme déguisée d’antisémitisme.» Tout en se gardant de pénaliser le discours antisioniste, qui serait un point de vue et non un délit.
Aucune complaisance à l’égard du Boycott et du BDS, condamné à maintes reprises. Un audit auprès des établissements scolaires publics désertés par les élèves de confession juive. Une assistance rapide auprès des professeurs
qui ne parviennent plus à enseigner la Shoah La possibilité pour les victimes de porter plainte en ligne. La dissolution des groupuscules racistes et antisémites. Ainsi, il ne s’agit pas de voter de nouvelles lois, l’arsenal judicaire étant jugé suffisamment solide par le grand rabbin de France Haïm Korsia, pour qui « il suffit d’appliquer les lois existantes ! » mais de « traquer et punir ceux qui se rendent coupables d’actes antisémites » selon
les mots du président. Tout en éduquant d’avantage, promettant au final de gagner ce combat long et douloureux : « En Alsace – face aux 90 tombes profanées, ndlr- nous avons eu honte (…) Ceux qui ont fait ça doivent avoir honte (…) La honte ne doit plus ronger les victimes mais accabler les agresseurs. » Par ailleurs, à l’invitation du président du Crif Francis Kalifat de l’accompagner pour un voyage en Israël, et à Jérusalem capitale éternelle du peuple juif, Emmanuel Macron n’a pas encore fixé de date. Il a toutefois rappelé les 70 ans d’amitié sincère qui unissent les deux pays. Comme déjà évoqué lors de la récente visite du président israélien Reuven Rivlin à Paris. Se félicitant également du succès remporté par la Saison Croisée France-
Israël. Alors ce voyage ? Sans doute une question de timing…
I.A