8 Kislev 5781‎ | 24 novembre 2020

 L’année 5777 produit un bilan communautaire en demi-teinte

French President Emmanuel Macron pays his respects after laying a wreath at the Vel d'Hiv memorial, during a ceremony commemorating the 75th anniversary of the Vel d'Hiv roundup in Paris, France, July 16, 2017. REUTERS/Kamil Zihnioglu/Pool - RC1E35351DC0

L’année a été marquée par une décrue des actes antisémites mais aussi par des agressions traumatisantes. Quant aux cadres communautaires, ils ont eu un positionnement mitigé envers les autorités républicaines : le président Macron a été applaudi pour son discours devant le Vel d’Hiv mais la diplomatie française a été vivement critiquée pour son attitude envers l’Etat hébreu surtout dans les forums onusiens.

 

Sur le plan communautaire, commençons par une bonne nouvelle : l’année 5777 a vu le nombre d’actes antisémites décroître (voir encadré). Toutefois si cette baisse est statistique, le niveau de violence antijuive reste préoccupant, voire invivable dans certains quartiers. Avec des attaques qui ont marqué les esprits : l’assassinat de Sarah Attal-Halimi zal, les agressions subies par les fils du président de la communauté de Bondy ou par Roger Pinto et sa famille en septembre.

Entre-temps, l’alya demeure exceptionnellement élevée, même si elle a diminué. D’ailleurs, les oulpanim créés récemment par le Consistoire dans les centres communautaires qu’il fédère, en collaboration avec l’Organisation sioniste mondiale (OSM), ont la cote : près d’une centaine de classes ont ouvert en quelques mois. C’est un pas en avant radical dans l’apprentissage de l’hébreu moderne dans l’Hexagone.

Sept mille Juifs français sont partis pour Israël en 2015 contre cinq mille en 2016. Ils pourraient être autour de 3500 en 2017. C’est encore beaucoup si l’on compare ces données à celles des années 1990 ou 2000. Et c’est d’autant plus remarquable que les progrès sont lents en matière d’intégration des olim, de reconnaissance des diplômes… sans oublier la question religieuse : de nombreux parents religieux craignent que leurs enfants, élevés en école juive, ne perdent le sens des valeurs traditionnelles dans le système scolaire  plus laïc prévalant en Israël.

 

Parmi les attaques antisémites, on retiendra bien sûr la terrible affaire Sarah Attal-Halimi zal. Le 4 avril, cette femme ‘harédite parisienne fidèle du rav Mordékhaï Rottenberg chlita (de la rue Pavée), et ancienne directrice de la crèche gérée par sa communauté, a été séquestrée et torturée par un musulman illuminé d’origine malienne, Kobili Traoré, qui a fini par la défenestrer de son appartement du 11ème arrondissement après avoir récité des sourates du Coran. Le caractère islamiste et antisémite du forfait ne fait aucun doute pour la famille et pour les dirigeants juifs. Pourtant, il n’a été reconnu que le 20 septembre par le parquet. Ce déni tout comme l’indifférence des médias ont aggravé la douleur des proches de la victime, et des Juifs de ce pays en général. Comme l’a remarqué Meyer Habib, député des Français d’Israël, « on dit l’auteur déséquilibré. Evidemment ! Un homme qui défenestre une femme l’est par définition. Mais il n’est pas irresponsable pour autant (…). Onze ans après la mort d’Ilan, avec Sarah, le nom « Halimi » devient hélas un symbole dans la France de 2017. Celui d’une haine qui tue ».

Le 21 février, les deux fils d’Armand Azoulay, président de la communauté de Bondy (Seine-Saint-Denis), ont été tabassés par des individus de souche maghrébine. Ils portaient la kippa et ont essuyé des injures antisémites. La détermination criminelle des assaillants était telle que les malheureux n’en ont réchappé que par miracle.

Dans le même département, Roger Pinto, fondateur de l’association Siona et militant communautaire de toujours, a été retenu de longues heures durant, dépouillé et battu avec son épouse et son fils. C’était dans la nuit du 7 au 8 septembre dans leur pavillon de Livry-Gargan. Ici encore, les paroles ou plutôt les cris de haine n’ont pas cessé. Leitmotiv des sauvageons : « Vous avez de l’argent puisque vous êtes juifs ». Roger Pinto et les siens n’ont pas été trop sérieusement blessés mais le choc émotionnel est terrible.

Choc encore à Créteil (Val-de-Marne) avec le meurtre, le 11 janvier, d’Alain Ghozland zal. Une figure locale qui a occupé des fonctions communautaires et des responsabilités dans l’arène politique municipale. Mais cette fois, l’homicide ne serait pas de nature antisémite.

Au chapitre des décès, retenons celui de René Emsalem zal, principal chevillard (grossiste en viande) casher de l’Hexagone pendant des décennies et unanimement salué pour son respect des rabbanim et de la Halakha. Il est décédé le 1er juillet.

Lionel Stoléru zal, ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing, s’est éteint le 30 novembre. Il avait notamment présidé la Chambre de commerce France-Israël. C’était l’un des très rares hommes politiques de la Cinquième République engagé dans la vie communautaire et… mangeant casher.

La disparition de Simone Veil zal, ex-ministre elle aussi et rescapée des camps de la mort, le 30 juin, a marqué l’ensemble de la République et l’hommage solennel et national qui lui a été rendu était tout à fait impressionnant et a contribué à faire de celle qui a présidé la Fondation pour la mémoire de la Shoah, une icône qui sera inhumée finalement au Panthéon.

S’agissant des nominations, la principale est celle du rav Benyamin Chelly, dayan de la communauté ‘haredite d’Armentières (Seine-et-Marne), au fauteuil de membre de plein exercice du Beth Din de Paris. Il a ainsi rejoint, début septembre, le rav Michel Gugenheim, grand rabbin de la capitale, et devient le deuxième titulaire du titre alors que le tribunal fonctionnait avec un seul membre à part entière depuis fin 2012.

Le rav Harold Avraham Weill, de son côté, a succédé peu avant les fêtes de Tichri au rav René Gutman, devenant à son tour grand rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin. Le nouvel « Alsacien » est en réalité originaire de la région mais a officié huit ans à Toulouse.

A Marseille, Michel Cohen-Tenoudji a été élu en début d’année civile à la présidence du Consistoire local, remplaçant Zvi Ammar. Il a déclaré à Haguesher qu’il entendait « gommer l’image désuète » de l’institution cultuelle dans la ville.

Quant à Agnès Buzyn, elle est désormais ministre de la Santé d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas une militante juive, mais ses parents ont souffert de la Shoah. Son père, Elie Buzyn, a été déporté à Auschwitz et a vécu après la guerre dans un yichouv israélien. Il milite pour la transmission de la mémoire et participe depuis des décennies à toutes sortes d’événements communautaires.

Ilana Cicurel, elle, a perdu son pari : directrice de l’Alliance israélite universelle (AIU), elle espérait remporter la législative de juin dans l’une des circonscriptions où nos coreligionnaires sont les plus nombreux, à cheval sur les 16ème et 17ème arrondissements de Paris. Soutenue par les partisans du chef de l’Etat, elle a échoué au second tour face à Brigitte Kuster (Les Républicains) après un premier tour pourtant prometteur.

Rappelons également deux dates clés : le 4 juillet, l’Admour de Satmar chlita a effectué une visite en France, inédite et réussie. Elle devrait se traduire par l’octroi de dons américains destinés à pérenniser les institutions orthodoxes, menacées ici par des difficultés budgétaires. Près de deux mille cinq cents personnes sont venues l’écouter aux docks Pullman d’Aubervilliers. Dans un autre volet, le 11 septembre, la Maison Rachi de Troyes a ouvert au public. Un musée consacré au grand talmudiste dont le projet a émergé il y a plus de quinze ans.

Sur la scène politique, les dirigeants communautaires ont vivement apprécié le discours que le président Macron a prononcé lors de la cérémonie marquant le soixante-quinzième anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’. « Oui, a-t-il martelé le 16 juillet, c’est bien la France qui l’a organisée. Pas un seul Allemand n’y a participé ». Il a fustigé la légende gaullienne selon laquelle la collaboration pétainiste serait une anomalie ou une simple parenthèse de l’Histoire, insistant sur l’antisémitisme qui régnait déjà à la fin du 19ème siècle, pendant l’affaire Dreyfus, et dans les années 30. Benjamin Netanyahou – appelé « cher Bibi » par son hôte – était invité à la manifestation. Le locataire de l’Elysée a affirmé en présence du Premier ministre israélien qu’il ne « cèderait rien à l’antisionisme, forme réinventée de l’antisémitisme », provoquant des applaudissements nourris.

En revanche, l’automne et l’hiver 5777 ont été ponctués de fortes tensions entre l’exécutif et la communauté. Les milliers de Juifs réunis le 27 octobre 2016 devant le Quai d’Orsay pour protester contre l’abstention de Paris lors d’un vote révisionniste de l’UNESCO, niant le caractère juif des lieux saints de Jérusalem, ont exprimé leur colère tout comme ceux qui ont rejoint l’ambassade d’Israël, le 15 janvier, pour montrer leur indignation face à une « mascarade » : cette conférence de paix voulue par François Hollande à Paris avec des représentants du monde arabe mais… sans la présence du moindre délégué de l’Etat juif. Qu’on se rassure : elle a fait flop.

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