16 Kislev 5780‎ | 14 décembre 2019

Incivilités au volant L’hécatombe : 30 morts sur les routes en janvier !

Lorsqu’il apprit que 4 personnes venaient de trouver la mort mardi 24 janvier dans un accident de la circulation sur une route de Galilée, Giora Rom, qui chapeaute l’Autorité nationale de la sécurité routière, a réagi à chaud, sans langue de bois : « Arrêtez de rendre responsables les infrastructures routières ! Ce n’est pas un problème d’infrastructures ! Le problème, c’est la conduite sauvage de certains automobilistes, notamment arabes : ils comptent pour 20 % de la population, mais un tiers de la mortalité routière leur est imputable pour l’année 2016, et ils représentent la moitié des tués sur routes depuis le début de l’année ! » Giora Rom n’est pas un excité : la sécurité, il connaît. Cet ancien commandant de l’Armée de l’Air (il a été le plus jeune pilote durant la guerre des Six Jours), plusieurs fois cité pour sa participation dans les différents conflits d’Israël, a fini sa carrière comme directeur des Infrastructures nationales. Ses propos, qui n’ont pas été commentés par les médias, ont aussitôt été recouverts par les déclarations d’autres responsables, beaucoup plus « socialement correctes », comme celle de Bruno Stein, ancien responsable de la Sécurité routière: « Les accidents de la route ne sont pas un décret du destin. L’Etat d’Israël n’a pas investi suffisamment de ressources dans la sécurité… Le nombre de policiers affectés à la surveillance des routes a baissé alors que le nombre de voitures en circulation augmente. Pour sauver des vies humaines, il faudrait des investissements massifs dans l’éducation, dans les équipements, comme des caméras pour traquer les contrevenants… » En d’autres termes : si la route tue, c’est quelque part la faute de l’Etat.  Développer l’empathie…Quant à Chemouel Abouaf, le président de Or Yarok, une association vouée à promouvoir la sécurité routière, il est tristement pessimiste : « Ce tragique mois de janvier 2017 poursuit l’hécatombe de 2016, qui a été l’année la plus meurtrière sur les routes avec 378 morts, soit 22 de plus qu’en 2015. La tendance mondiale est à une réduction du nombre des décès, mais ce n’est pas le cas en Israël. » Pour le Pr Siegel Kaplan, expert en matière de transport, 3 facteurs contribuent à expliquer les accidents de la route : l’état des infrastructures, l’état du véhicule et le mental des conducteurs. Et de commenter ce dernier point : « Investir dans l’éducation des conducteurs privés reviendra moins cher que de construire des murets au milieu des routes, pour avoir deux voies séparées. Il faut développer l’empathie sur la route, et s’inspirer de l’exemple du Danemark, où les automobilistes sont respectueux des autres conducteurs et des piétons… » DAVID JORTNER