10 Heshvan 5782‎ | 16 octobre 2021

Ya’htzeït du Rav ‘Haïm Leïb Halévy Shmoulewitz (1902-1978)

Né à Kovna (Lituanie) au début du siècle dernier, il était le fils de Rav Rephaël Alter et d’Ettel, fille du Sabba de Novardok, Rav Yossef Yozel Horowitz. Dès son jeune âge, le futur Rav ‘Haïm fut connu pour sa vivacité d’esprit et sa mémoire exceptionnelle. A partir de 1919, avec le décès précoce de son père (puis de sa mère !), le jeune orphelin dut assumer la charge du foyer. Doté d’un sens de responsabilité remarquable, ‘Haïm travaillait en journée pour subvenir aux besoins de sa famille et… étudiait de nuit, en mettant à l’écrit les explications qui lui étaient venues à l’esprit pendant ses heures de travail.

Lorsque le Roch Yéchiva de Grodna, Rav Chimon Shkopp, fut informé de sa situation, il en fut si bouleversé qu’il décida de prendre à sa charge les orphelins, et de permettre au jeune ‘Haïm de regagner les bancs de la Yéchiva. A 18 ans, le Rav Shkopp lui confia un poste d’enseignant à la Yéchiva. Il expliqua ainsi les motifs de son choix surprenant : « Certes, beaucoup sont capables d’enseigner la Torah… mais, je n’ai trouvé personne d’aussi compétent que ce jeune ‘Haïm pour inculquer l’amour de la Torah ! » Après avoir étudié à la Yéchiva de Grodna, Rav ‘Haïm Shmoulewitz intégra la Yéchivat Mir. Sans tarder, il fut repéré pour son génie et ses qualités hors pair, avant de devenir le gendre du Roch Yéchiva, Rabbi Eliézer Yéhouda Finkel.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Rav ‘Haïm assuma la direction de la Yéchivat Mir. Il la fit déplacer à Shanghai et continua à y faire résonner la voie de la Torah. Après la guerre, il séjourna aux Etats-Unis, avant de monter en Israël où il installa la Yéchivat Mir. Ses cours de Torah fascinaient ses élèves mais aussi de nombreux jeunes, issus de diverses Yéchivot, qui se déplaçaient pour s’inspirer de ses enseignements. Ses cours hebdomadaires ont été retranscrits dans le livre intitulé « Si’hot Moussar ».

Quant à ses qualités humaines, il était réputé pour sa grande sensibilité. Très proche de ses élèves, il veillait à remercier tout celui qui lui rendait le moindre petit service. Et lorsqu’on lui parlait d’un malade, il éclatait en sanglots…

Quant aux prières de Rav ‘Haïm, elles étaient empreintes d’une ferveur et d’une émotion toutes particulières. L’on ne pourrait omettre de rappeler celle qu’il formula au Kéver Ra’hel : « Mère Ra’hel, Hachem te demande : « empêche ta voix de pleurer et tes yeux de se remplir de larmes », mais ton fils ‘Haïm te demande : « N’arrête pas de pleurer, continue à intercéder en faveur de tes enfants qui souffrent… » ».

Son âme fut rappelée devant le Trône Céleste le 3 Tévet 1978. Puisse-t-il continuer à prier de Là-Haut pour le Am Israël !

Yokheved Levy