24 Sivan 5779‎ | 27 juin 2019

Davantage de ‘harédim dans les universités

Si  vouer  la  totalité  de  son  temps  à  l’étude  reste  l’objectif –  et  la raison  de  vivre –  d’une  majorité  de  juifs  orthodoxes,  les  dépenses afférentes à la construction d’un foyer conduisent de plus en plus de jeunes   adultes   issus   de   ce   secteur   à   entreprendre   des   études universitaires, permettant à terme de postuler pour un emploi salarié. Ils étaient 5 500 à avoir choisi cette nouvelle orientation en 2011. En 2016,  elle  a  concerné  11.000  jeunes  adultes  orthodoxes  en  2016,  et les simulations les évaluent à 19 000 en 2022. Dans ce but, le Conseil de l’Education supérieure (CES) vient de définir un plan de 5 ans pour permettre  aux ‘harédim  de  rejoindre  des  structures  post-bac,  sans passer    par    la    case    « bagrout »    [baccalauréat    israélien],    qui conditionne  généralement l’accès à l’université. Yaffa Zilbershatz, qui chapeaute  le  CES,  espère  que  ce  plan  « leur  permettra  d’acquérir  le savoir  nécessaire  pour  exercer  un  métier,  comme  c’est  le  cas  pour tous les citoyens. » Interrogé pour savoir si cette nouvelle orientation représentait  un  risque  pour  sa  pratique  religieuse,  le  jeune  ‘Haïm Laus, 25 ans, dont l’emploi du temps est désormais le collel le matin et  l’université  l’après-midi,  a  déclaré : « Pas  du  tout.  Le  Talmud nous apprend  que  nombre  de  Tanaïm  avaient  un  métier.  Il  n’y  a  aucune honte  à  faire  « hishtadlout »[s’efforcer  de] gagner  sa  vie.  D’ailleurs, dans les Maximes des Pères que nous venons de lire avant Chavouoth, Rabbane  Gamliel,  le  propre  fils  de  Rabbi  Yehoudah  HaNassi,  disait clairement : “Il est bon de concilier l’étude de la Torah avec un gagne-pain“ ». Pour information, selon le centre Taub de recherche sociale, en 2016, dans la communauté ‘harédite, seuls 2,5 % des hommes (et 8,3  %  des  femmes)  sont  titulaires  d’un  diplôme  universitaire.

DAVID JORTNER