9 Kislev 5781‎ | 25 novembre 2020

Parler l’hébreu dans le métro peut s’avérer très dangereux !

Alors qu’il dialoguait en hébreu au téléphone avec son père, Yogev. B, un étudiant israélien d’une trentaine d’années, a été violement agressé par deux individus à la station de métro parisien «Château d’eau», le 9 décembre dernier.

Souffrant de multiples contusions et fractures dont le nez cassé, traumatisé, l’étudiant a toutefois reçu de nombreux messages de soutien, dont celui du Premier ministre israélien Binyamin Nétanyaou, s’enquérant par vidéo de sa santé, ainsi que l’assistance de Meyer Habib, député des français de l’étranger. C’est grâce notamment à l’aide de Sammy Gozhlan du BNVCA, contacté le jour même par un ami de la victime, également étudiant à HEC, qu’une plainte a été déposée et qu’un avocat du BNCVA, Maître Charles Baccouche, s’occupe de l’affaire. Selon Sammy Gozhlan « cette agression est l’exemple même de l’attaque antisioniste, anti-juive, motivée par la haine d’Israël et la détestation de l’Etat juif, propagée par les islamogauchistes et activistes du mouvement illégal BDS. » Aucune preuve d’antisémitisme ! Pour autant, le mobile antisémite n’a pas été retenu, même si l’un des deux agresseurs interpellé, un mineur, a reconnu avoir distingué l’hébreu avant de l’attaquer. Or, l’étudiant ne portant aucun signe distinctif, kippa etc… il n’y a pas de preuve tangible pour signifier qu’il s’agissait bien d’un acte antisémite. En dehors du fait, pourtant crucial, qu’il s’exprimait en hébreu. Pour l’heure, rien ne permet donc d’établir que ces violences ont été commises en raison de l’appartenance à une race ou à une religion. « Nous allons nous battre pour faire reconnaître le caractère aggravant d’antisémitisme, insiste Sammy Gozhlan qui félicite la police pour l’interpellation rapide d’un des auteurs et prévient que : seule une peine exemplaire peut devenir dissuasive. » Que s’est t-il donc passé ce jour là à 6h55 du matin ? « Je suis entré dans le wagon et j’ai commencé à laisser un message oral sur whatsapp à mon père en langue hébraïque, explique Yogev dans sa déposition auprès de la police. Entre autres personnes, deux grands hommes noirs étaient à l’intérieur du wagon et ils ont commencé à crier en français juste quand j’ai commencé à parler en hébreu. L’un des deux hommes s’est approché de moi et a commencé à crier et à me pointer avec le doigt. Je ne sais pas ce qu’il disait parce que je ne parle pas le français. Il mesurait 1m85-1m90. Des autres gens sont aussi entrés dans le wagon mais ils se sont focalisés sur moi après m’avoir entendu parler en hébreu. Après quelques secondes, l’homme et son ami sont sortis du wagon et l’homme a tiré mon manteau vers la sortie. J’ai dit « ne me touche pas » en anglais. Ensuite j’ai senti qu’il m’a frappé entre 5 et 7 fois au visage. Mes lunettes ont été brisées, mon téléphone aussi est tombé par terre. Je me suis évanoui puis réveillé sur le plancher du wagon (…) Plusieurs personnes m’ont porté secours, puis les ambulanciers sont venus. J’ai été transporté à l’hôpital Lariboisière où j’ai eu des points de suture au visage et un scanner qui a montré que mon nez était cassé. J’ai plusieurs hématomes dans mon visage ». Sorti après 7 heures passées à l’hôpital, Yogev est allé aussitôt déposer plainte… Les nombreux soutiens reçus, dont un appel du ministre de l’intérieur Christophe Castaner, ont certes atténué sa peine, mais il est reparti écœuré en Israël ces jours-ci pour revoir sa famille, et compte malgré tout par la suite finir son échange de 4 mois d’études avec la prestigieuse école de commerce HEC.

ISABELLE AZRIEL

Yoguev B. remercie ceux qui l’ont soutenu

De retour en Israël, Yoguev B. a tenu à remercier en particulier Sammy Ghozlan et le BNVCA pour avoir été à ses côtés dans cette épreuve : « Un grand merci pour le soutien, l’aide et l’encouragement que vous m’avez apporté, ces derniers jours. Je l’apprécie vraiment… Les deux premiers jours après ce qui m’est arrivé ont été très difficiles, car je sentais que personne en France ne s’en souciait. Je me suis rendu dans cinq postes de police et je n’ai pu porter plainte… Une fois que vous vous êtes impliqué, toute l’histoire a changé. Soudain, la police a commencé à prendre cette question plus au sérieux et j’ai également reçu un câlin chaleureux de la communauté juive… Je me sens mieux maintenant. Mon nez est cassé et j’ai des plaies à l’intérieur, mais le temps fera le sien et je guérirai. Je pense encore beaucoup à ce qui s’est passé dans le métro, surtout dans les rues de Paris. J’espère que le voyage à Jérusalem auprès de ma famille me fera du bien. Bravo pour votre incroyable activité, j’espère vous rencontrer bientôt. Merci beaucoup pour votre aide. » Yogev