18 Kislev 5781‎ | 4 décembre 2020

Des objets personnels d’Hitler, acquis par un milliardaire libanais, seront conservés au Yad Vashem !

Il y a deux semaines, le milliardaire d’origine libanaise, Abdallah Chatila avait acquis lors d’une vente aux enchères, pour la bagatelle de 600 000 euros, des objets nazis dont plusieurs ayant appartenu personnellement à Hitler. Immédiatement après, il a décidé de les remettre « au peuple juif » via le Keren Hayessod. Après réflexions, il a été décidé que ces objets seront conservés, mais sans être exposés, par le mémorial de Yad Vashem. De passage en Israël pour quelques jours, à l’invitation du KH, Abdallah Chatila, qui vit à Genève, a lui même visité le Mémorial et a été chaleureusement reçu par le président de l’Etat Réouven Rivlin qui l’a remercié pour son geste. Il a également accepté de répondre aux questions de Daniel Haïk.

– Haguesher : Pourquoi avez-vous pris cette décision d’acquérir ces 10 objets ayant appartenu à Hitler et de les remettre ensuite au peuple juif ?

– Abdallah Chatila : Quelques jours avant la vente aux enchères des objets personnels d’Hitler, j’ai lu un article dans lequel le rabbin Menahem Margolin (président de l’Association Juive Européenne. ndlr) exprimait ses craintes que de tels objets tombent entre les mains de néo-nazis. Dans un premier temps, je me suis dit que je devais acheter ces objets pour ensuite les détruire. Mais, très vite, j’ai pensé que de tels objets revenaient de droit au peuple juif. J’ai fait les démarches nécessaires auprès de la maison munichoise qui organisait cette vente aux enchères. Et j’ai prévenu Henry Levy directeur Europe du Keren Hayessod de mon projet d’acquérir ces objets. Et cela s’est donc fait !

– D’où vient cette proximité que vous ressentez avec le peuple juif ?

Abdallah Chatila : Je suis chrétien libanais émigré en Europe. Je sais donc ce que ressent une minorité. J’ai toujours eu beaucoup d’amis juifs mais je considère chaque homme tel qu’il est en tant qu’être humain. Mais j’ai toujours considéré qu’Hitler était le Mal absolu. L’achat de ces objets était pour moi une manière de lutter contre ce Mal.
Cet achat, je l’ai fait avant tout pour le Bien de l’Humanité mais il était évident que c’était le peuple juif qui devait recevoir le résultat de ce combat parce qu’il a été la principale victime de la Shoah. C’est là un message de tolérance et je suis très fier d’avoir fait ce geste.

– Les gens ont été sensibles à cette démarche ?

Abdallah Chatila : Bien sûr : j’ai reçu de nombreux messages de remerciements de la part de Juifs dont certains sont rescapés ou enfants de rescapés. Et les mots qu’ils m’ont dit m’ont conforté et convaincu que j’avais pris la bonne décision. Et finalement la meilleure nouvelle a été d’apprendre, deux jours avant mon arrivée en Israël que Yad Vashem avait décidé de conserver ces objets dans son aile « nazie ».

– Vous avez visité Israël. Quelle impression avez-vous ressenti ?

Abdallah Chatila : Je suis allé essentiellement à Jérusalem et je suis tombé amoureux de cette ville si fortement mystique. Je suis arrivé au Kotel peu après la fin de chabbat… C’était très beau. C’est un mélange culturel impressionnant et l’on a l’impression de parcourir l’Histoire lorsque l’on marche dans les rues de cette ville.