17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

7 choses que tu ne savais (peut-être) pas sur… le chocolat

1. Le chocolat fait partie des aliments les plus populaires aux quatre coins de notre planète. Ça, tu le savais sans doute depuis bien longtemps. Ce que tu ne savais peut être pas c’est qu’il possède des « racines » juives tout à fait surprenantes… À commencer par l’identité des premières personnes à avoir découvert la fève de cacao, l’ingrédient principal de sa composition. On sait en effet que les premiers Européens à l’avoir introduit dans le Vieux Continent sont les membres de l’équipage de Christophe Colomb. Or il s’avère que lorsque ce dernier a levé les voiles vers l’Amérique en 1492, il était accompagné par plusieurs Juifs qui venaient récemment d’être expulsés d’Espagne. Il n’est donc pas impossible que la découverte du chocolat soit l’œuvre de marins juifs. Et il faut dire que pour les mordus du chocolat, c’est là une découverte aussi importante, si ce n’est plus, que celle de l’Amérique ! À son retour en Espagne, Christophe Colomb a décidé de rapporter à bord quelques plants de ces drôles d’« amandes » découvertes par ses coéquipiers. Et c’est à partir de ce moment que la culture du cacao, et avec elle la fabrication du chocolat, s’est développée en Europe.

2. Cela dit, le cacao était consommé en Amérique bien avant la conquête espagnole. On sait par exemple que les Aztèques, un peuple très ancien, avaient l’habitude de griller puis de concasser les fèves de cacao avant de les mélanger avec de l’eau, des piments piquants et de l’extrait de vanille. Très appétissant, n’est-ce-pas ?! Appelée xocoatl (à prononcer « chocoatl », ce qui signifie littéralement « eau amère », ce breuvage était consommé par les empereurs mais aussi les guerriers avant de partir en combat. La légende raconte que Montezuma, l’un des derniers souverains aztèques, ingurgitait pas moins de 50 tasses de xocoatl par jour ! Précisons que cette boisson n’avait rien à avoir avec le cacao chaud et sucré que ta maman te concocte pendant les longues soirées d’hiver, et qu’elle ressemblait plutôt à un mélange grumeleux et très amer.

3. Le chocolat sous la forme que nous lui connaissons, c’est-à-dire cette délicieuse friandise composée de cacao mélangé à d’autres ingrédients tels du lait, de la crème, des noisettes ou du beurre, fut inventé par des réfugiés juifs qui fuyaient l’inquisition portugaise. En 1536, lorsque l’Inquisition portugaise débuta, certains Juifs s’enfuirent en France, dans un petit village près de Bayonne appelé Saint Esprit (Pyrénées Atlantiques). Sur place, si on leur permettait de vivre en tant que « Nouveaux Chrétiens », on les soumettait tout de même à de lourdes restrictions : ils n’avaient pas le droit de se déplacer à leur guise, ils ne pouvaient pas être propriétaires terriers, et ils n’avaient pas le droit de pratiquer de nombreux métiers. Du coup, ils se rabattirent sur l’une des rares professions qui leur était encore ouverte ; l’importation de produits alimentaires et notamment de cacao. À cette époque, une industrie florissante de cacao s’était développée en Martinique, avec à sa tête de nombreuses familles juives. Profitant des liens qui les unissaient à leurs coreligionnaires, les Juifs de Saint Esprit se mirent à importer du cacao puis à fabriquer toutes sortes de confiseries chocolatées. Mais cette réussite ne tarda pas à éveiller la jalousie des artisans chocolatiers locaux qui firent pression auprès des autorités pour interdire le commerce de chocolat aux Juifs. Il fallut attendre l’année 1767 pour que la petite communauté juive vivant aux alentours de Bayonne ait de nouveau le droit de produire ces friandises très appréciées du public.

4. As-tu déjà eu l’occasion de déguster une part de Sachertorte ? Il s’agit d’un gâteau chocolaté créé à l’origine en Autriche mais aujourd’hui connu et apprécié dans le monde entier. Eh bien, devine quoi ?! Il s’avère qu’il a lui aussi été créé par un Juif. L’histoire raconte que tandis que la fièvre du chocolat s’emparait du continent européen, le prince Klemens Von Metternich, qui occupait le poste de ministère des Affaires Etrangères, organisa un grand banquet à Vienne. Comme il était un grand mordu du chocolat, il demanda à son chef-pâtissier de préparer un dessert chocolaté qui pourrait époustoufler ses convives. Malheureusement, ou peut-être heureusement, le chef-pâtissier tomba malade et il chargea donc son apprenti-pâtissier, un Juif appelé Franz Sacher de prendre la relève. Mu par un vent d’inspiration, ce jeune homme mit au point une délicieuse génoise au chocolat qu’il fourra de confiture d’abricot et nappa d’une succulente ganache au chocolat. Les invités s’en léchèrent les babines et félicitèrent le jeune apprenti pour sa créativité. Et c’est ainsi que la Sachertorte vit le jour ! Quelques années plus tard le fils de Franz, Edouard, devint lui aussi chef-pâtissier. Il prit exemple sur son père et fit de ce dessert son plat de prédilection d’abord dans la célèbre Pâtisserie Demel de Vienne, puis dans le légendaire Hôtel Sacher qui porte son nom. À ce jour, la Sachertorte est l’un des desserts les plus appréciés dans le monde entier. Sa recette originale est jalousement conservée dans les archives de l’hôtel Sacher, mais avec une bonne dose de volonté, et une double dose de gourmandise, on peut parvenir à de très bons résultats.

5. Lorsque la botte nazie menaça d’écraser l’Europe, plusieurs chocolatiers juifs s’enfuirent dans d’autres pays, apportant avec eux leur savoir-faire. Par exemple, en 1933 un certain Monsieur Eliahou Fromenchenko qui tenait une chocolaterie prospère en Lettonie décida de s’installer en terre d’Israël. Il y fonda l’une des toutes premières usines de chocolat du pays qu’il appela… Elite. Un nom qui rappelle à la fois son propre prénom (Elihaou) et le mot « Ilite » qui signifie supérieur en hébreu. Les chocolats de la marque Elite existent encore de nos jours. Pour plus de renseignements sur leur goût, leur forme, et leur spécificité, prenez conseil auprès de mes chers enfants, de grands spécialistes en la matière…

6. Avis aux chocolatomanes ! Différentes études scientifiques nous prouvent que le chocolat est bon pour la santé. À condition bien sûr de le consommer avec modération. Tout d’abord, parce qu’il est riche en flavonoïdes, il possède des propriétés antioxydantes. De plus, sa forte teneur en magnésium en fait un allié contre le stress et l’anxiété. Par ailleurs, il diminue la pression artérielle et diminue les risques d’accidents cardiaques et vasculaires. Enfin, il a l’avantage de nous mettre de bonne humeur. Mais ce n’est pas tout ! Une scientifique israélienne du Centre Médical Wolfson de Holon, Professeur Daniela Jakubowitz, a découvert que le fait de manger une part de gâteau au chocolat au petit-déjeuner peut, paradoxalement, aider les personnes qui le souhaitent à perdre du poids ! En voilà une bonne nouvelle, dans tous les sens du terme !

7. Quand on aime, on ne compte pas ! Surtout quand il s’agit de chocolat… Preuve en est cette truffe au chocolat confectionnée par le chocolatier portugais Daniel Gomez et vendue pour la bagatelle somme de 7 728 euros par pièce ! Mais qu’est-ce qui peut bien justifier un prix aussi exorbitant ? La composition d’abord ! Ce chocolat est composé de safran, de truffe blanche et de vanille de Madagascar. Le tout enrobé d’une feuille d’or comestible… Et puis n’oublions pas l’emballage : ce bijou gourmand était livré dans une boîte sertie de 500 cristaux Swarowski. Exposé lors du Festival International du Chocolat (si, si, ça existe), il a été vendu à 1000 exemplaires. À croire que pour certains, l’argent semble pousser sur des cacaoyers…