16 Kislev 5780‎ | 14 décembre 2019

A l’entrée de la nouvelle année 5780, être capable de positiver

Rav Yaacov Sitruk

On se souhaite, à l’approche de Roch Hachana, selon l’expression de nos maîtres : « Tikhlé Chana vékilélotéa », que se termine l’année et tout ce qu’elle comprend de négatif. En effet, ce terme s’apparente au mot kalé qui désigne la fin de quelque chose. On peut cependant lui donner un autre sens. A l’origine de ce mot, il y a « Kol » qui veut dire en hébreu TOUT. Dans une période aussi longue qu’une année, on peut rencontrer toutes sortes d’expériences. Des bonnes et des moins bonnes. Les premières s’apparentent à la Bérakha, bénédiction, les deuxièmes au contraire. On serait peut-être tenté si cela était possible de faire un tri et de choisir, de ne retenir que les moments qui nous plaisent. Cela est évidemment impossible, mais dans tous les cas, cela ne serait pas judicieux. Dans cette phrase de nos Sages, on doit comprendre que les moments difficiles font partie intégrante de ce qui nous permet de conclure l’année. Commencer l’année qui suit, nécessite de prendre en considération tout ce que la précédente nous a apporté. On ne pourrait être celui que nous sommes sans les bonnes mais aussi sans les mauvaises expériences. Il est écrit dans la Torah à plusieurs reprises, au moment de la mort des Tsadikim, « Vayéassef el amav », et il rassembla ses jours. Le Tsadik, c’est celui dont toutes les expériences sont indissociables de ce qu’il est. L’avenir n’est envisageable avec optimisme que lorsque l’on accepte aussi ce que l’on n’a pas souhaité. En disant cela, on relativise et on positive, dans la perspective d’une meilleure année.

En règle générale dans la vie, on ne solutionne rien par le déni. Prenons l’exemple d’une famille ou d’un peuple. Aucun des deux n’aurait le sens qui est le sien sans l’acceptation de la différence. Chacun va donner son interprétation du bon et du mauvais, mais la réalité de l’existence de tous et la seule combinaison possible. Les Yamim Noraïm sont des jours de prière à l’unisson. N’oublions pas que nous commençons la journée de Kippour en invitant tous les Juifs à se joindre à la Téfila en demandant à Hachem d’agréer la prière de tous.

La fin et le début de l’année sont pour nous une occasion de faire le point. Sommes-nous de ceux qui savent accepter le bien comme le mal, le bon comme le mauvais. Pour pouvoir demander à Hachem ce que l’on souhaite il faut d’abord accepter ce que nous sommes. Dans l’année qui se termine on a peut-être rencontré des difficultés. Ceux qui nous entourent ont peut-être des défauts. Dans notre comportement il y a aussi sûrement des défaillances. Accepter tout cela c’est avoir la force de progresser afin de devenir meilleur. Fasse Hachem que l’année à venir ne nous apporte que des joies, et que le « kol » de 5780 ne soit que des expériences agréables et des rencontres positives. Juste pour devenir encore meilleur tous ensemble !