24 Tishri 5780‎ | 23 octobre 2019

6 choses que tu ne savais (peut-être) pas sur… le miel

Symbole de la douceur espérée au cours de l’année à venir, le miel est à l’honneur à Roch Hachana ! Quartier de pomme, tranche de ‘halla ou beignets de potiron, tous s’en imprègnent avec délice au cours du Séder qui marque le nouvel an juif. À moins de deux semaines du 1er Tichri, Haguesher Junior te propose de plonger, à ton tour, dans l’univers sucré d’un aliment qui déborde de vertus. Histoire de piquer… ta curiosité !

1. Commençons par la sympathique petite « colle » que voici : je suis produit par un animal que la Torah t’interdit de manger, mais en ce qui me concerne, je suis tout à fait autorisé à la consommation. Qui suis-je ? Le miel, bien sûr ! Un aliment produit par l’abeille, un insecte interdit à la consommation, mais qui est lui-même autorisé par la Torah. Et puisqu’on est dans les devinettes, en voici une autre qui découle de la première : le Talmud nous enseigne que « tout ce qui provient d’une espèce noncasher est non-casher, alors que tout ce qui provient d’une espèce casher est casher » (traité Berakhot, p. 7/a). Ainsi, un lait provenant d’une espèce casher comme la vache est permis, tandis qu’un lait issu d’une espèce non-casher comme une chamelle est interdit. Or d’après ce principe, le miel qui provient d’un insecte non-casher, aurait dû nous être interdit. Alors pourquoi n’est-ce pas le cas ?! Pour connaître la réponse à cette question, il va falloir qu’on se penche d’un peu plus près sur les secrets de la fabrication du miel. Tout commence par une petite promenade dans la nature, lorsque l’abeille butineuse se met en quête de fl eurs mellifères pour y puiser des substances sucrées appelées nectar et miellat à l’aide de sa minuscule trompe. Une fois qu’elle a trouvé son bonheur, elle les stocke ensuite dans son jabot (poche située au niveau de l’œsophage de l’abeille) pour les rapporter à la ruche. Sur place, notre abeille mélange le nectar et le miellat à sa salive et autres sucs digestifs puis malaxe le tout. Elle passe ensuite ce mélange dans le jabot d’une autre abeille, qui va ensuite le passer à sa copine et ainsi de suite… Très appétissant, n’est-ce pas ?! Quoi qu’il en soit, au fur et à mesure que ce mélange passe d’abeille en abeille, il s’enrichit, se concentre et se transforme jusqu’à devenir… du miel ! En conclusion, et comme tu as pu le constater, le miel n’est pas sécrété par l’abeille mais simplement fabriqué par ses bons petits soins ! Même s’il siège dans son jabot pendant un certain temps, on ne peut pas dire qu’il provient d’elle ! Le cas du miel est donc très différent du cas du lait, un liquide directement secrété par le mammifère, et dont la casherout va dépendre de celle de l’animal qui l’a produit. Et c’est une des raisons pour lesquelles le miel est un aliment casher, bien qu’il soit produit par un animal non-casher !

2. Combien coûte un kilo de miel ? Sur les étalages des supermarchés français, son prix varie entre 5 et 30 € le kilo, selon la qualité du produit. Toutefois, si on laissait à Mesdames les Abeilles le soin de fixer leur propre fourchette de prix, tu peut-être certain(e) que la facture serait nettement plus « salée »… Et il faut les comprendre ; pour produire 1 kilo de miel, il a fallu que 1219 abeilles se mobilisent pour butiner quelques 4 millions de fl eurs mellifères ! Et puis imagine un peu la distance qu’il a fallu parcourir pour faire l’aller-retour entre les champs et la ruche ! Selon les experts, ces courageux insectes ont dû parcourir en tout quelques 88 000 kilomètres pour récolter la quantité de nectar nécessaire. Ou si tu préfères, elles ont dû faire deux fois le tour de la terre pour que toi, tu puisses trouver ce bocal de miel sur l’étalage de ton supermarché ! D’ailleurs, tout au long de sa vie mouvementée, une abeille butineuse produira tout juste 1/12 de cuillère à café de miel. Tu comprends donc que si c’était elle qui régulait le marché du miel, elle te ferait payer ce liquide couleur or à prix… d’or !

3. Le miel n’est pas seulement doux au palais, il renferme aussi tout un tas de substances naturelles qui sont bénéfiques à notre santé : il renforce notre système immunitaire et nous protège des virus et des bactéries ; il soulage la toux et les infections nezgorge-oreille ; il facilite la digestion ; il peut se révéler utile en cas de nervosité ou d’insomnie légère et peut même être utilisé comme antiseptique en cas de plaies cutanées, brûlures ou gerçures. Nos ancêtres avaient deviné ses vertus thérapeutiques depuis bien longtemps, et les premiers manuels de médecine le mentionnent à maintes reprises comme remède à tous les maux.

4. À la fois savoureux et bon pour la santé, le miel symbolise à merveille les espoirs qui nous habitent le soir de Roch Hachana ; celle d’une année remplie d’événements à la fois agréables à vivre et bons pour notre santé physique et spirituelle. Et c’est la raison pour laquelle il occupe une place si honorable dans le Séder de Roch Hachana ! Même si les aliments consommés le soir de Roch Hachana comme « Simanim » (symboles) diffèrent dans les différentes communautés, tous s’accordent pour tremper un quartier de pomme dans le miel avant de se souhaiter mutuellement : «  Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que Tu renouvelles pour nous une année bonne et douce comme le miel ! » Beaucoup vont également veiller à faire de même avec la tranche de ‘Halla consommée au moment du Motsi. Certains le consommeront ensuite mélangé à des graines de sésame, tandis que d’autres dégustés des beignets de potiron, de feuilles d’épinards et d’ail imbibés de sirop de miel. Il n’est donc pas étonnant que le texte contenant le Séder des Berakhot de Roch Hachana soit appelé « la Feuille de Miel » dans de nombreuses communautés !

5. La Torah est comparée à plusieurs reprises au miel. Dans Michlé, Chlomo Hamelekh recommande : « Mange du miel, mon fils, car c’est bon ; les rayons en seront doux à ton palais. Telle est, sache-le bien, la sagesse pour ton âme » (24, 12) Certains enseignants de Kodech prennent cette recommandation à la lettre, et c’est le cas de le dire… Lorsqu’un jeune enfant débute l’apprentissage de l’Alef Beth, ces lettres sacrées qui lui ouvriront la porte de l’étude de la Torah, on lui présente une feuille plastifi ée dans laquelle chaque lettre est recouverte de miel. Et tandis que le bambin lèche une à une les lettres sacrées, il intègre sa toute première leçon ; il n’est rien de plus doux que l’étude de la Torah !

6. Dans la Torah, notre belle terre d’Israël est appelée « la terre où coulent le lait et le miel ». Et s’il est une période de l’année où cette appellation est visible par tous, c’est sans doute les mois précédant la fête de Roch Hachana. Selon les chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture, Israël produit environ 3 500 tonnes de miel par an. Mais cette quantité ne sera pas dégustée équitablement tout au long de l’année, loin de là ! En effet, il s’avère qu’à l’approche de Roch Hachana, quelques 1 600 tonnes de miel iront garnir les chariots bondés des consommateurs israéliens, soit un peu moins de la moitié de la production annuelle. Ou pour reprendre une expression populaire en Israël : Hakol Devach ! En te souhaitant une nouvelle année 5780 aussi bonne et douce que le miel !

ORA MARHELY