12 Tishri 5782‎ | 18 septembre 2021

« C’est un grand honneur d’accueillir à Lyon le Rav Its’hak Yossef »

Entretien avec le président du consistoire de la région Rhône-Alpes, M. Alain Sebban

Haguesher : Quelle est la raison de la venue du grand rabbin d’Israël à Lyon ?

Alain Sebban, président du consistoire régional :

A la veille de Roch Hachana, nous sommes très honorés que le Rav Its’hak Yossef ait répondu favorablement à notre invitation, et c’est avec beaucoup de joie que la communauté de Lyon s’apprête à le recevoir. Nous l’accueillerons bien évidemment avec tous les honneurs dus à son rang. Un programme chargé l’attend avec la visite de nos deux grandes écoles situées à Villeurbanne et totalisant 2000 élèves. Puis nous inaugurerons un nouveau Mikvé avant de nous réunir à la Yechiva du Rav David Hanania Pinto qui regroupe environ 400 colleman. Des offices sont prévus à la grande synagogue du Quai Tilsitt ainsi que les sli’hot à la synagogue séfarade Neve Shalom. Le point d’orgue de ces deux jours de visites exclusives à Lyon, sera notre grande soirée de Gala à l’hôtel Intercontinental, où le Rav s’exprimera sur différents sujets et prodiguera ses bénédictions.

Haguesher : Comment évolue la grande communauté de Lyon, notamment au regard de la recrudescence des actes antisémites partout en France ?

Alain Sebban : Il faut bien reconnaître que la vie est relativement calme ici, contrairement à ce qui peut se passer dans d’autres villes ou régions de France. Nous n’avons pas eu d’agressions physiques, ni d’insultes antisémites proférées, nos tombes n’ont pas été profanées, seuls quelques commerces et monuments ont été tagués. Des actes aussitôt condamnés et réprimés. On peut dire que l’on vit tranquillement à Lyon en tant que juif. Il y a beaucoup de sécurité aux abords des écoles et des synagogues et nous avons régulièrement des réunions à ce sujet avec le préfet de région et le maire, avec qui nous entretenons d’excellentes relations. Aussi, lorsqu’il y a des départs vers Israël, on sait avec certitude que nos coreligionnaires s’en vont uniquement par amour pour Israël et non pas par peur ou par dépit. C’est le cas d’environ 200 personnes chaque année. Généralement leur intégration est très réussie. Il n’y a quasiment pas de retour.

Haguesher : Quels sont vos projets et priorités pour la nouvelle année 5780 ?

Alain Sebban : Ils sont très ambitieux et s’inscrivent tous dans la lutte contre l’antisémitisme et les préjugés, avec tout d’abord l’ouverture en Janvier 2020 d’un véritable Institut Culturel du Judaïsme, sur un espace de 350 M2 entièrement dédié à l’explication auprès du grand public, de la vie juive dans son ensemble. Avec au cœur du débat : « Quest ce qu’un juif ? ». Nous entendons montrer de façon pédagogique, et avec des outils audio-visuels très modernes, tablettes, écrans géant, les différentes étapes de la vie juive, de la naissance à l’enterrement, en passant par la bar mitsva, le mariage, les nombreuses fêtes de notre calendrier, et la possibilité de visualiser en 3D le déroulement du chabbat, avec tout son folklore et son rituel. Il ne s’agit pas, au sein ce nouvel institut, de parler d’histoire ou de la Shoah. Pour cela deux grands mémoriaux seront inaugurés également cette année, grâce notamment à la volonté du Maire Gérard Collomb d’honorer dignement les victimes et de participer au devoir de mémoire. Le premier sera érigé place Carnot, à côté de la gare de Perrache d’où partaient les convois de déportés. Quant au deuxième, il s’agit d’un mur des noms édifié au cimetière de Champagne où seront lus chaque année les noms des victimes de la Shoah. Ainsi, à travers cet important travail d’explication et de démystification réalisé auprès des jeunes des écoles, permettant de déconstruire tous les préjugés à l’encontre des juifs, en montrant leur vie quotidienne, nous pensons pouvoir lutter de manière plus efficace contre l’antisémitisme en France.

Propos recueillis par Isabelle Azriel.