12 Kislev 5781‎ | 28 novembre 2020

Pour ses 130 ans, la synagogue de Lille se refait une beauté

Et elle en avait bien besoin. Du sol vétuste au plafond défraîchi, en passant par des vitraux à la peinture écaillée, le haut bâtiment style romano-byzantin qui abrite la synagogue de Lille en a vu passer des fidèles depuis 1891, date de sa construction. Elle fut d’ailleurs la première synagogue construite dans le Nord de la France, à l’époque où une importante communauté de Juifs venus d’Alsace cherchait un refuge après l’annexion de leur région par l’Allemagne en 1871.

De rite ashkénaze, la synagogue de Lille a survécu aux deux grandes guerres après avoir été utilisée par les nazis pour y stocker du matériel pendant la shoah, selon le site Patrimoine et culture du judaïsme. Inscrite comme monument historique, elle est toujours restée ouverte au grand public.

Ainsi, en l’espace de quelques années, 3 000 personnes de toutes confessions ont visité les lieux à l’occasion d’un cycle de conférences lancé en 2014. De même, chaque année, dans le cadre des journées européennes du patrimoine, elle accueille de nombreux visiteurs impressionnés par sa grandeur et son mobilier d’origine. Selon Guy Bensoussan, le président de la communauté juive de Lille, « ce bâtiment correspond à toute l’histoire de la communauté de Lille qui comprend aujourd’hui 500 familles (…) Nous lançons une restauration complète afin de retrouver les couleurs originelles, l’intérieur, la toiture, le dôme disparu, le mobilier… C’est un bâtiment remarquable de type Eiffel, aves ses 12 piliers qui représentent les 12 tribus juives. » Le coût de tels travaux, qui devraient se terminer d’ici un an, a été évalué à 1,5 million d’euros. Or, la Mairie de Lille étant propriétaire des lieux, elle en financera une grande partie : « Nous avons voulu, par des travaux de rénovation, témoigner de notre reconnaissance à l’égard du dynamisme actuel de la communauté juive lilloise, qui rayonne bien au-delà des frontières des croyants, grâce à une vie culturelle intense, incarnée entre autres par des cycles de conférences qui attirent un large public », a souligné la maire de Lille, Martine Aubry. De son côté, le grand rabbin de France, Haim Korsia, a rappelé la particularité de cette synagogue « établie au cœur de la cité, non loin d’un temple protestant et d’une église catholique. Le bâtiment est reconnaissable de loin grâce à la superbe étoile de David qui orne sa façade. »

Enfin, une campagne de dons sera lancée du 20 au 22 septembre prochain sur le site charidy.com/patrimoine pour permettre à l’édifice de retrouver son éclat d’antan.

Isabelle Azriel