15 Kislev 5781‎ | 1 décembre 2020

Massacre à Pittsburgh Une communauté juive américaine en état de choc

A crew from Chesed Shel Emes Emergency Services and Recovery Unit arrive at the Tree of Life synagogue where 11 worshippers were murdered during Saturday's shooting at the synagogue in Pittsburgh, Pennsylvania, U.S., October 28, 2018. REUTERS/Cathal McNaughton - RC1C85752890

Il est difficile de mesurer à chaud l’impact du massacre de Pittsburgh. Mais alors que l’on portait ce mardi, les victimes en terre, on peut essayer de mieux comprendre le contexte particulier dans lequel ce sanglant attentat est intervenu et avancer quelques répercussions qu’il pourrait y avoir à court ou moyen terme. Analyse.

La communauté juive américaine est en état de choc. Chabbat matin, l’incroyable s’est produit : Robert Bowers, un néonazi américain a pénétré dans l’enceinte du bâtiment de la communauté conservatrice Ets Haïm de Pittsburgh et après avoir clamé que « tous les Juifs doivent mourir », a tiré en direction de fidèles dont certains étaient des rescapés de la Shoah. Il en a sauvagement tué onze et blessé six autres dont deux sont grièvement atteints avant d’être luimême neutralisé, puis arrêté par des policiers. Ce n’est pas la première fois que l’antisémitisme tue dans la plus grande communauté juive au monde. Les historiens rappellent en effet le cas douloureux de Léo Frank, au début du XXe siècle (voir notre encadré). Mais l’impact de l’attentat de ce chabbat est sans commune mesure avec ce précédent historique. – D’abord par son ampleur : 11 Juifs ont été assassinés en quelques minutes parce qu’ils étaient Juifs. Et l’on ne peut s’empêcher de dresser un terrible parallèle avec les 11 Juifs de France qui ont également été tués parce que Juifs, depuis l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006 jusqu’à celui de
Mireille Knoll, cette année à Paris. – Ensuite, parce que cet attentat sanglant intervient au coeur d’une grande Nation libre que l’on croyait épargnée par le fléau de la haine des Juifs. Un pays dans lequel, beaucoup s’en vantaient, les Juifs pouvaient vivre leur Judaïsme en toute sérénité. L’attentat de Pittsburgh a rappelé à ceux qui dans la communauté juive américaine aurait tendance à l’oublier, que l’antisémitisme est de plus en plus présent aux USA. Sous l’ère Obama, que certains leaders
juifs américains gauchisants assimilent à une période paradisiaque, on a recensé en 8 ans plus de 7 000 actes antisémites d’amplitudes diverses ! En 2017, c’est-àdire avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche le nombre de ces actes antisémites a augmenté de 60 % par rapport  à l’année précédente et se situait autour des 2 000 pour cette seule année. Cela a d’ailleurs suffi pour que des responsables de la communauté juive américaine, majoritairement démocrates pointent samedi soir un doigt accusateur en direction du Président américain, l’accusant d’avoir, depuis son élection, instauré un climat de haine envers les minorités qui touche d’abord les immigrants mais qui se répercute aussi sur la communauté juive. Mais les avis à ce sujet sont partagés. Et dans les milieux juifs républicains qui sont souvent ceux du judaïsme orthodoxe, on souligne que l’assassin de Pittsburgh est loin d’être un inconditionnel du président Trump. Dans ses « posts », sur les réseaux sociaux, Bowers a en effet, qualifié Donald Trump, dont la fille est convertie au judaïsme : « d’émissaire des forces juives obscures». Il a également accusé le président américain d’être un « globaliste déguisé en nationaliste » et qu’il « sera incapable de ramener l’Amérique vers son âge d’or ». Il faut donc être prudent avant de tirer des conclusions hasardeuses à ce propos et éviter de tomber dans le piège tendu par des milieux américains démocrates qui font endosser à Trump tous les malheurs du monde, un peu comme la gauche israélienne le fait avec le Premier ministre Nétanyaou. L’écrivain Michel Gurfinkiel dont l’expertise sur la communauté juive américaine est toujours pertinente explique cet apparent paradoxe : « Une récente enquête de l’ADL (Anti Defamation League) révèle  d’abord que la société américaine n’exprime pas dans son immense majorité d’opinion antijuive et l’on retrouve cette conclusion en Europe. Ensuite cette enquête établit clairement qu’il y a une augmentation des actes antisémites aux Etats-Unis mais que les cas où ces actes sont commis par les suprématistes blancs restent très faibles. Par contre, ce qui est en constante augmentation, c’est le nombre d’actes antisémites commis par des minorités (deux fois plus
que leur représentation démographique) comme les Noirs et les Hispaniques et plus spécifiquement par les Noirs musulmans islamistes. De telle sorte que l’attentat de Pittsburgh est une exception qu’il faut plutôt placer dans la catégorie des massacres de masses commis par des extrémistes ultra- nationalistes blancs qui éprouvent une forme de jouissance sordide à commettre de tels actes quelle que soit la cible (écoles, centre commerciaux et autres) ». Enfin, ce massacre frappe de plein fouet une communauté juive américaine qui s’interroge sur son avenir d’une part et sur sa relation avec l’Etat d’Israël de l’autre. Pour Michel Gurfinkiel, le judaïsme américain s’achemine irrémédiablement vers un véritable schisme entre les mouvements réformistes et conservative-libéraux qui représentent 2/3 du judaïsme américain, et la mouvance orthodoxe, néo-orthodoxe et aussi les plus pratiquants des « conservatives qui représente le troisième tiers » :« Nous approchons d’une ère où il y aura deux communautés juives aux Etats- Unis : celle qui va s’assimiler complètement, qui est globalement démocrate et qui elle se détache progressivement d’Israël et celle qui conservera son identité juive, plus fidèle aux Républicains et qui reste très attachée à Israël ». Dernier point capital : les attentats terroristes en France avaient entraîné une alya massive de la communauté juive en Israël (8 000 olim en 2015). Mais de l’avis général, il semble peu probable que ce sera là aussi la réponse du judaïsme américain à l’attentat de Pittsburgh. Et là encore il faut faire une distinction car les Juifs qui sont le plus fréquemment victimes d’actes antisémites aujourd’hui aux Etats-Unis sont ceux dont la judéité est visible comme les orthodoxes.
Pour Michel Gurfinkiel, « il ne faut pas s’attendre à une alya massive des Juifs américains des communautés en voie d’assimilation. Par contre de plus en plus d’orthodoxes qui subissent sur leur
chair la violence antisémite comme on l’a vu récemment à Brooklyn, envisagent de s’installer en Israël et pour eux l’attentat de Pittsburgh peut être un catalyseur pour accélérer leur démarche d’alya ».
Daniel Haïk

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