10 Kislev 5781‎ | 26 novembre 2020

Le rapprochement USA-Corée : un éventuel modèle pour sortir de l’Impasse Israël-AP ?

US President Donald J. Trump's Special Envoys Jared Kushner and Jason Greenblatt meet with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu at the Prime Minister’s Office in Jerusalem, June 21, 2017. Photo by Matty Stern/U.S. Embassy Tel Aviv ***US EMBASSY TEL AVIV HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES*** *** Local Caption *** שליחיו המיוחדים של הנשיא טראמפ ג'ארד קושנר וג'ייסון גרינבלט נפגשים עם ראש הממשלה בנימין נתניהו בלשכת ראש הממשלה

Au vu de son incontestable succès diplomatique à Singapour qui pourrait encourager Donald Trump à concrétiser son plan d’« accord du siècle » entre Israël et les pays arabes avec le concours essentiel de l’Arabie Saoudite, bien des analystes israéliens se sont plu ces derniers jours à avancer que cette sortie en cours de l’impasse nord-coréenne servirait éventuellement de « modèle » à un règlement du conflit plus que séculaire entre Israéliens et Palestiniens.
Si la « méthode Trump » appliquée à ce conflit pourrait, le cas échéant, faire bouger certaines choses dans ce lourd et complexe dossier, trois différences de fond risquent d’invalider ici le précédent coréen…
-1/ Alors que le régime totalitaire coréen est centré sur la personne unique de Kim Jong Un et sa famille contrôlant tout le pays, le leadership palestinien – divisé entre l’AP du président Mahmoud Abbas gouvernant à Ramallah et le califat islamique du Hamas installé à Gaza – n’est pas prêt, dans sa configuration actuelle, à accepter un quelconque compromis avec Israël.
-2/ Alors que dans le dossier coréen, les deux adversaires de longue date ont commencé à Singapour à traiter ensemble face-à-face sans aucun intermédiaire, de nombreux « entremetteurs » internationaux – égyptiens, saoudiens, européens et surtout américains – se sont proposés depuis des décennies pour débloquer – sans succès – le contentieux israélo-palestinien.
-3/ Alors que l’une des clés possibles de la résolution du conflit nord-coréen réside dans une réunification envisageable des deux parties d’une nation qui fut scindée au moment de la Guerre froide entre l’Occident et le Bloc communiste, le conflit israélo-palestinien est bien plus ample et sophistiqué. Car il ne s’agit pas seulement d’un simple contentieux territorial (qui porterait sur le tracé de « frontières », la désignation de « capitales » voire des échanges éventuels de populations, comme cela s’est souvent produit dans l’Histoire), mais d’un conflit « existentiel » dont l’aspect inextricable tient surtout au refus civilisationnel et religieux des Arabo-palestiniens d’accepter l’existence d’un Etat juif souverain et indépendant dans cette partie du monde… Richard Darmon