17 Kislev 5781‎ | 3 décembre 2020

Affaire Sarah Attal-Halimi zal : l’instruction piétine

Me Alexandre Buchinger, avocat des enfants de la victime, attend toujours la reconnaissance du caractère antisémite du crime. Mais la juge chargée de l’enquête n’avance pas. Il a donc décidé d’agir en se passant d’elle. Il nous explique comment.

 

Haguesher : Plusieurs avocats sont chargés du dossier. Qui défendez-vous précisément ?

Alexandre Buchinger : Les trois enfants de Sarah Attal-Halimi zal : Yonathan, qui étudie et enseigne dans un kollel de Haïfa, Hannah, qui a aussi réalisé son alyah, et Elisheva, qui vit en ce moment à cheval entre Israël et la France. Je suis assisté par mes confrères Francis Szpiner et Caroline Toby. La sœur de la victime, Béatrice Attal, a fait appel à Gilles-William Goldnadel. William Attal, son frère qui réside depuis quelques mois en Eretz, l’a mandaté également mais je crois qu’il ne le considère plus comme son avocat.

 

– Le 12 janvier, vous avez saisi le président de la chambre d’instruction, hiérarchiquement plus élevée que la juge chargée de l’affaire, Anne Ihuellou. Avec quel objectif ?

– Sortir du surplace. Le parquet a demandé dès le 20 septembre la requalification du crime en préconisant, dans un réquisitoire supplétif, de retenir la circonstance aggravante d’assassinat antisémite. Cela faisait suite au rapport psychiatrique de l’expert Daniel Zagury, qui évoquait certes une « bouffée délirante » mais aussi l’accessibilité du terroriste à une sanction pénale. La juge avait cinq jours pour répondre positivement ou négativement à la requête du procureur de la République. Mais elle n’a rien fait ni rien dit ! C’est légalement et moralement inacceptable. Notez que nous ne réclamons pas seulement la reconnaissance d’un geste antijuif, mais encore des actes de torture et de barbarie perpétrés par le tueur (je préfère ne pas le désigner par son nom, conformément au vœu de la famille). La séquestration de Sarah Attal-Halimi zal doit également figurer dans le dossier. Or, seule celle des voisins est retenue pour le moment. En réalité, ils ont été à peine entravés, le temps que le criminel passe par leur balcon pour pénétrer dans l’appartement de la malheureuse victime.

 

– Comment expliquez-vous les atermoiements d’Anne Ihuellou ? Serait-elle simplement débordée, comme le sont généralement les magistrats de ce pays ?
– Franchement, je ne comprends pas ; c’est pourquoi je compte maintenant sur la chambre d’instruction pour répondre à nos attentes et à celles du parquet. Son président a trois mois pour le faire. Entre-temps, il est possible que la juge soit convaincue de la « folie » du meurtrier. Elle communique peu mais estime, semble-t-il, qu’elle ne saurait l’interroger davantage alors qu’il est interné à l’hôpital psychiatrique de Villejuif… Enfin, je le suppose, car on ne m’informe pas officiellement. Pourtant, elle l’a bien mis en examen le 10 juillet, lorsqu’il était déjà hospitalisé. Légalement, rien ne s’oppose à un nouvel entretien entre elle et lui. Par ailleurs, je vous livre un élément que je viens d’apprendre et que les lecteurs d’Haguesher seront les premiers à connaître : le professeur Zagury a rendu ces jours-ci un second rapport, commandé en octobre. Il conclut que l’accusé va mieux, qu’il est non seulement capable de comparaître devant une cour d’assises mais qu’il peut aussi se prêter à la reconstitution du drame. Or, il paraîtrait (toujours au conditionnel) qu’Anne Ihuellou hésitait à trancher avant cette reconstitution qu’elle jugeait difficile à organiser, du fait de la mauvaise santé mentale, réelle ou supposée, du terroriste. L’obstacle est donc levé.

 

– Dans quel état d’esprit est la famille ?
– Elle est abasourdie et en colère bien sûr. William répète comme nous tous qu’il veut que la vérité éclate enfin. Je me battrai jusqu’au bout en ce sens.

 

– Vous présidez la nouvelle commission dédiée à la sécurité, la lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme au sein de l’équipe consistoriale sortie des urnes en novembre dernier. Quels sont vos projets dans ce domaine ?
– D’abord réunir les membres de la commission, ensuite renforcer nos partenariats avec le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). Nous devons également poursuivre les travaux de sécurisation (portes et vitres blindées, sas…) déjà bien entamés dans les synagogues, centres communautaires, écoles confessionnelles, etc.

 

Propos recueillis par Axel Gantz

 

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