18 Tishri 5782‎ | 24 septembre 2021

10 CHEVAT Hiloula du Rachach, Rabbi Shalom Sharabi, célèbre Kabbaliste du 18e siècle

Jérusalem, 1751.

Un homme de 31 ans, arrivé du Yémen, vêtu avec une simplicité qui frôle la pauvreté, est nommé à la tête du groupe de Kabbalistes de la Yéchiva de Beth-El, à la demande de son maître qui vient de quitter ce monde. Surpris de ce choix, nombreux pensent qu’il s’agit d’une erreur. Toutefois, pour les fervents disciples du Rabbi Guédalia ‘Hayoun, la nomination du Rabbi Shalom Sharabi n’a rien d’étonnant !

Mais, qui était-il ? Retour vers ses premières années de vie.

 

Tsaana, capitale du Yémen, 1720.

Un garçon naquit chez la famille Sharabi. Fidèle à la coutume locale, l’enfant étudia auprès du « Maari », l’éducateur du quartier, mais le jeune Shalom ne se suffit pas du programme d’étude classique. Réalisant que les récits de la Torah font allusion à des notions profondes, il aspirait à atteindre un niveau plus élevé. De fait, la nuit, à la lueur d’une bougie, il se plongeait dans l’étude de la Kabbale. Il réalisa progressivement que le but unique de l’existence était de découvrir Son Créateur. Il décida alors de monter en Erets Israël, dont le nom est composé des termes Yachar E-l, afin de se rapprocher davantage du Maître du monde.

Toutefois, son père décéda subitement et, en tant qu’aîné, il dut assumer la charge familiale en vagabondant de village en village pour vendre sa marchandise. Shalom dissimulait ce qui le préoccupait. Très ordinaire d’apparence… pourtant son âme irradiait la lumière de la Kabbale. L’on pensait que son gagne-pain lui causait des tourments mais en fait, son cœur était affligé à cause de « l’exil de la Présence Divine ». A 18 ans, Shalom quitta sa famille pour entreprendre un long voyage à destination d’Erets Israël : ses provisions furent bien modestes, mais son cœur était en ébullition ! A Edan, ville portuaire du Yémen, il trouva du travail. Après avoir amassé sou par sou, il disposait de la somme nécessaire pour traverser un premier tronçon. Il passa par l’Inde puis par l’Irak. Là, à Bagdad, il se joignit à un groupe de Kabbalistes tout en dissimulant sa sagesse. Il se mettait à l’écart et écoutait attentivement les enseignements du Zohar et du Ari Zal.

Des années plus tard, le Ben Ich ‘Haï s’exprima à son sujet : « Ce Tsadik, avant que sa lumière ne rayonne sur Jérusalem, est arrivé à Bagdad et a parcouru les rues de notre ville mais nul ne connaissait sa grandeur… » Destination finale : Jérusalem. Il se présenta en tant qu’orphelin sans ressources chez Rabbi Guédalia ‘Hayoun, qui dirigeait la Yéchiva Beth-El. Le Rav l’embaucha comme Chamach, du Beth Hamidrach. Ainsi, le futur Rabbi Shalom ne quittait pas cette maison d’étude. Il arrangeait les bancs, remettait les livres en place… mais aussi tendait une oreille attentive à ce qu’on y étudiait.

 

L’énigme des papiers ou la découverte du « Tsadik caché »

A plusieurs reprises, Rabbi Guédalia ne sut répondre aux questions de ses disciples. Rabbi Shalom, quant à lui, connaissait les réponses. Que faisait-il ? De nuit, il les rédigeait et les insérait dans le livre de son maître… Sa fille ‘Hanna mena alors l’enquête en se cachant derrière la fenêtre du Beth Hamidrach, et découvrit l’auteur secret de ces notes !

Ainsi, Rabbi Shalom Sharabi se fit connaître du grand public et peu à peu, le sidour du Rachach, accompagné de ses annotations, devint célèbre. L’une de ses principales institutions au sein des Kabbalistes fut de réciter le Tikoun ‘Hatsot au Kotel.

De nombreux miracles sont rapportés au nom du Rachach et, jusqu’à ce jour, sa tombe située au Har Hazétim attire un grand nombre de fidèles… sans doute, en raison de sa promesse : « celui qui priera de tout cœur près de mon Kéver, ne verra pas sa prière sans réponse ! »

Yokheved Levy