12 Tammuz 5781‎ | 22 juin 2021

Les Chlochim du Rav Steinmann zatsal à Paris

A l’occasion des Chlochim du Gadol Rav Aharon Yéhouda Leib Steinmann, un grand rassemblement de ‘Hizouk s’est tenu, mardi 9 janvier, à la Yéchiva Nishmat Israël, située à la rue Pavée. Cet événement a été organisé en partenariat avec trois institutions qui se sont réunies : Yad Mordékhaï, dirigée par le Rav Its’hak Kats, Merkaz Hatorah, qui se trouve sous la direction du Rav Yéhouda Tolédano, et Emeth Léyaacov, affiliée à la Communauté Israélite Orthodoxe de Paris, sous l’égide du Rav Mordékhaï Rottenberg chlita. Venus de près ou de loin, les participants étaient nombreux à s’être déplacés pour écouter attentivement les leçons de vie léguées par le guide de notre génération.

La soirée a été présentée par Rav Shlomo Kats, fils du Rav Its’hak Kats, puis plusieurs intervenants se sont succédés : Le Rav Baroukh Soloveitchik, Roch Yéchiva de Torat Zéev à Jérusalem, a été l’invité d’honneur, venu spécialement d’Erets Israël. Rav Yéhouda Tolédano, Roch Yéchiva de ‘Hazon Baroukh du Raincy, a également pris la parole. Dr Yossef Hardy et Mr Réphaël Harari ont aussi rapporté des témoignages du Gadol.

Rav Shlomo Kats nous rapporte quelques points mis en exergue au cours de cette soirée fort enrichissante. Comme nous le savons, le Rav Steinmann zatsal se suffisait du strict minimum pour répondre à ses besoins vitaux. De par son niveau élevé, il jouait en quelque sorte le rôle des « Ourim Vétoumim », que tous venaient consulter. Que ce soit pour des questions d’ordre personnel, communautaire ou autre, on se rendait chez lui de toutes parts pour obtenir les directives à suivre. Les grandes décisions liées à la vie juive d’Israël ou de diaspora étaient prises chez ce Gadol, qui éclairait tout un chacun. De plus, il éprouvait une profonde Ahavat Israël envers tous, et réussit ainsi à créer une union au sein des différents cercles, aussi bien du monde ashkénaze que séfarade, ‘hassidique ou lithuanien. Il recevait même les jeunes enfants. Avec beaucoup de patience, il les interrogeait sur les sujets qu’ils avaient étudiés et il les bénissait.

Situons le Rav Baroukh Soloveitchik chlita : fils du Rav Moché Soloveitchik (1914-1995) de Zurich qui a guidé, des années durant, les communautés d’Europe. Il avait été l’ami d’enfance du Rav Steinmann depuis Brisk. Tous deux avaient grandi ensemble, s’étaient réfugiés à Montreux pendant la Shoah et avaient étudié en ‘Havrouta pendant 8 ans de jour comme de nuit… De nuit ? Oui, parce que le Rav Steinmann zatsal, depuis l’âge de 11 ans, ne quittait pas le Beth Hamidrach. Il se suffisait de quelques petites heures de sommeil, à sa place.

Rav Soloveitchik qui, outre sa fonction de Roch Yéchiva de Torat Zéev, se charge des institutions de Torah de Jérusalem, en tant que membre du Vaad Harabanim de Déguel Hatorah. Il a rapporté qu’à maintes occasions, il était confronté à des situations complexes qui le préoccupaient des journées entières. Il consultait donc régulièrement le Gadol pour lui exposer les faits, et Rav Steinmann lui répondait avec une clarté et une droiture exceptionnelles. Du coup, les solutions paraissaient simples et évidentes ! Sa vision des choses et son raisonnement émanaient de sa Middat Haémeth. Comment a-t-il pu atteindre un tel niveau d’intégrité et de droiture ? Par son travail permanent, qui consistait à s’attacher à l’essentiel, à se focaliser uniquement sur des valeurs éternelles sans accorder d’importance à ce qui est accessoire. En toutes situations, même durant les pages les plus sombres de l’histoire juive… ayant affronté la guerre, la faim, la solitude et la pauvreté, il a toujours été en quête de la vérité absolue pour voir clair, c’est ce qui lui a permis de devenir un visionnaire !

Que son Chalom et son Emeth puissent continuer à nous inspirer pour nous élever !

Yokheved Levy