8 Kislev 5781‎ | 24 novembre 2020

Historique – La position des pays occidentaux sur la question de Jérusalem depuis 1948  

An ultra-Orthodox Jewish man is silhouetted as the Dome of the Rock (R), located in Jerusalem's Old City on the compound known to Muslims as Noble Sanctuary and to Jews as Temple Mount, is seen in the background December 7, 2017. REUTERS/Ronen Zvulun - RC1958C79210

Hormis les pays de l’ex-bloc communiste qui ont toujours aveuglément soutenu – avec le bloc des pays non-alignés – la « cause palestinienne » et la partition de Jérusalem, comment les principales nations occidentales se sont-elles positionnées sur le statut de cette ville depuis la renaissance de l’Etat d’Israël ?

 

  • L’Europe est favorable à une nouvelle division de Jérusalem

 

La longue histoire des relations diplomatiques Israël-Union Européenne (UE), met clairement en exergue le parti-pris anti-israélien constant des Européens et leur engagement compassionnel presque irrationnel envers la « cause palestinienne ». C’est ainsi que pas un mois ne passe sans que des représentants de l’UE en visite dans la région, n’appellent Israël à accepter un « compromis » sur Jérusalem, qui verrait sa partie Est devenir la capitale de l’Etat palestinien, pendant que les Lieux saints de la Vieille Ville seraient « internationalisés ». Ainsi, dès décembre 2009, les ministres des Affaires étrangères de l’UE avaient-ils décrété dans une résolution lancée par la Suède, que l’Etat palestinien aura pour territoire « la Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale ».

Comme l’a relevé Dore Gold, ex-ambassadeur d’Israël à l’ONU et président du Jerusalem Center for Public Affairs, « en examinant les enjeux des dernières décennies, on constate que les propositions de l’ONU et de l’UE sur l’internationalisation de Jérusalem ont totalement échoué ! D’autant que l’existence d’une majorité juive à Jérusalem remonte à 1863,et que, d’après les spécialistes du droit international, c’est la Jordanie qui a envahi Jérusalem en 1948, alors qu’Israël n’a fait, en 1967, qu’occuper des territoires lors d’une guerre défensive justifiée pour sa propre survie ».

Ainsi, même au plus fort des illusions des années Oslo rêvant d’un « échange des territoires contre la paix », une forte majorité d’Israéliens s’est toujours opposée à la partition de leur « capitale réunifiée, une et indivisible ». Une tendance qui s’est accentuée après l’échec, durant l’été 2000, du sommet de Camp David provoqué par un Yasser Arafat qui avait déjà planifié l’Intifada Al-Aqsa, lancée deux mois plus tard. Or depuis, les sondages font régulièrement état de 75% à 83% d’Israéliens opposés à toute partition de Jérusalem.

« Deux poids, deux mesures : l’approche systématique des Européens consiste toujours à attendre qu’Israël réplique à une attaque arabe ennemie pour critiquer ensuite l’Etat hébreu, et non l’attaque arabe préalable, commente Jeffrey Gedmin, analyste à l’Institut Aspen de Berlin. On aurait pu s’attendre à ce que l’UE énonce de manière plus équilibrée ce qu’elle prônait, pour ramener le calme face à tel ou tel conflit, en assurant à Israël qu’en cas de refus de ses solutions par les Arabes, elle protègerait l’Etat hébreu d’une manière ou d’une autre – ce que l’Europe n’a jamais fait ».

« C’est que les Européens parlent toujours au monde avec une grande déférence et un fort sentiment de supériorité concernant leurs propres analyses et la « sagesse », qu’ils veulent sans cesse dispenser aux autres nations afin de résoudre tous les conflits internationaux ! », explique l’expert américain en stratégie, Robert Kagan.

 

  • La France prône toujours un « corpus separatum » pour Jérusalem

 

Relevons aussi le parti-pris encore plus prononcé de la France qui, sous tous ses présidents de droite, de gauche et du « centre », n’a pas démordu – depuis l’adoption du Plan de Partage de la Palestine par l’ONU en novembre 1947 – de sa position consistant à prôner un corpus separatum pour Jérusalem, consistant à doter cette ville et ses Lieux saints d’un « statut spécial » international, géré par l’ONU et ses pays membres. Ce qui est aussi, depuis toujours, la position du Vatican, même après qu’il ait établi, en 2004, des relations diplomatiques officielles avec Israël. Cette synergie Rome-Paris avait fait dire à certains commentateurs, qu’il n’y avait pas de quoi s’étonner que la France, « fille aînée de l’Eglise » catholique, ait la même position sur Jérusalem que le très catholique Saint-Siège…

D’ailleurs, on retrouve très clairement cette fixation française sur un « statut spécial » pour Jérusalem, dans les termes de la réaction officielle d’Emmanuel Macron prononcés juste après la déclaration de Trump :

« Le président des États-Unis a pris la décision de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, et donc de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. C’est une décision regrettable que la France n’approuve pas, et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité [CDS] de l’ONU. (…) Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale, qui concerne toute la communauté internationale, et (…) il devra être déterminé par les Israéliens et par les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations Unies. Je rappelle, à ce titre, l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité, dans des frontières internationalement reconnues, avec Jérusalem comme capitale des deux États ».

 

  • Les positions oscillantes des présidents américains…

 

Depuis 1948, la politique américaine concernant Jérusalem, a connu divers changements. Lors de la proclamation, en novembre 1947, par l’ONU d’un « Etat juif » aux côtés d’un « Etat arabe », les USA ont approuvé la proposition d’internationalisation de Jérusalem, avancée par la Résolution 181. Mais, suite au refus arabe du Plan de partage, cette position a été remplacée par l’acceptation des accords d’armistice de 1949. Ainsi, le président Harry Truman eut-il le courage, en mai 1948 – contre l’avis de presque tous ses conseillers –, de soutenir la renaissance de l’Etat d’Israël en le reconnaissant 11 minutes seulement après sa proclamation.

Les administrations américaines suivantes – celles de John Kennedy (1961-1963) puis de Lyndon B. Johnson (1963-1969) – furent davantage préoccupées par le nucléaire israélien en préparation à la centrale de Dimona… que par le fait que Ben Gourion avait, très tôt, proclamé que la capitale du jeune Etat juif était bel et bien Jérusalem.

Après la guerre des Six-Jours de juin 1967, la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU votée par les USA – qui ne mentionnait pas la ville de Jérusalem – n’exigeait pas un retour aux frontières d’avant juin 1967 : elle appelait à un retrait « de » territoires, et non « des » territoires, malgré l’insistance de l’URSS et de la France. C’est que l’administration Johnson avait sciemment écarté, dans ce texte, tout lien avec Jérusalem.

En 1969, avec l’arrivée de Richard Nixon à la Maison Blanche, on note un certain durcissement de la position américaine. Ainsi, pour la première fois, l’ambassadeur américain à l’ONU, Charles Yost, décrit-il Jérusalem-Est comme un « un territoire occupé ». De plus, sous Nixon, les USA n’ont jamais imposé leur veto au CDS de l’ONU, et ils ne se sont pas non plus abstenus lors des débats qui condamnaient la politique israélienne sur la question de Jérusalem.

 

  • Washington a laissé Israël construire à Jérusalem-Est

 

Toutefois, depuis le départ de Nixon jusqu’à aujourd’hui, l’Amérique a refusé de débattre de la question de Jérusalem au sein du CDS, et sa position est même devenue plus proche de celle d’Israël. Même si aucun gouvernement américain n’a officiellement reconnu l’annexion de Jérusalem, décidée en juillet 1967 quelques semaines après la guerre, un modus vivendi sur Jérusalem existait entre les deux pays, notamment quand Israël a construit divers quartiers dans la partie est de la ville.

Ainsi, le quartier Ramat Eshkol a-t-il été fondé en 1969, aux débuts de l’administration Nixon ; puis le quartier Guilo – au sud de Jérusalem – a été créé en 1971, toujours sous Nixon ; puis en 1973, le quartier de Neve Yaakov – fondé en 1924 mais envahi en 1948 par la Légion arabe – a aussi  été reconstruit ; et enfin celui de Ramot en 1974, qui compte aujourd’hui plus de 50 000 résidents. Certes, des divergences existaient alors entre Israël et les USA, mais sans mener à une crise entre eux.

En 1980, l’administration Carter avait d’abord soutenu un projet de Résolution du CDS condamnant l’édification de « colonies israéliennes en Cisjordanie, ainsi que la construction dans les quartiers juifs de Jérusalem-Est ». Mais ensuite, Washington avait précisé dans le 2ième volet du Traité de paix de Camp David (signé en 1979 par Israël et l’Egypte), ne pas pouvoir inclure Jérusalem dans la Cisjordanie.

De même, les accords d’Oslo signés en 1993 sur l’initiative du président Bill Clinton – qui avait invité, en septembre 1993, Rabin, Pérès et Arafat à la Maison Blanche –, n’ont pas interdit la construction de logements à Jérusalem-Est. Et c’est en 1995, sous Clinton, que les premiers chantiers du quartier de Ramat Shlomo ont ouvert leurs chantiers. Puis en 1997, fut fondé le quartier de Har Homa, en face de Guilo : le gouvernement israélien avait alors informé l’administration Clinton, que la grave pénurie de logements dans le secteur juif de Jérusalem l’obligeait à construire de nouvelles unités d’habitation.

En 1997, quand le bloc arabo-musulman a proposé au CDS de l’ONU un projet de résolution condamnant durement Israël pour la construction de Har Homa, l’ambassadeur américain a imposé son veto.

Précisons qu’aujourd’hui, les nouvelles unités de logements – rendues nécessaires du fait de l’augmentation de la population – se trouvent toutes au sein de quartiers juifs existants.

Sous l’administration H. W. Bush (1989-1993), le secrétaire d’Etat James Baker déclara, en 1989 devant l’AIPAC (le lobby pro-israélien American Israel Public Affairs Committee), qu’Israël devrait abandonner « ses politiques expansionnistes » : une ligne que Washington défendra, en décembre 1990, lors de la Conférence de paix de Madrid – initiatrice du futur « processus d’Oslo » – où, pour la 1ère fois, Israël siègera aux côtés d’une délégation palestinienne officieuse.

 

  • La question du transfert de l’ambassade US. à Jérusalem

 

Lors de sa campagne pour les primaires démocrates, Bill Clinton proclama haut et fort soutenir la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Puis, une fois investi comme candidat démocrate officiel, il promit, pendant sa campagne présidentielle, que lui et le futur vice-président Al Gore « appuieront Jérusalem en tant que capitale de l’Etat d’Israël »… Mais une fois à la Maison-Blanche, le même Clinton refusa, en 1995 – deux ans après les Accords d’Oslo – de signer The Jerusalem Embassy Act, la fameuse loi votée à une large majorité par les deux chambres du Congrès stipulant que l’ambassade US. doit être transférée à Jérusalem « d’ici cinq ans ». Or, ses successeurs Bush et Obama ont chacun signé, tous les six mois, une renonciation officielle exigée par la Constitution américaine, pour empêcher la mise en œuvre de cette loi…

Ainsi, durant sa campagne électorale de l’année 2000, George W. Bush promet-il lui aussi de déplacer l’ambassade à Jérusalem, et va jusqu’à reprocher à Clinton de ne pas avoir tenu sa promesse. Il déclarera dans l’un de ses discours : « Quant à moi, je commencerai le processus dès que j’aurais prêté mon serment de président ! ».

Lui aussi, lors de sa campagne pour les présidentielles, Barack Obama  dira, le 4 juin 2008, devant l’auditoire de l’AIPAC en suscitant une énorme ovation des 7 000 personnes présentes : « Jérusalem restera la capitale d’Israël. Tout accord négocié entre Israël et l’Autorité palestinienne doit préserver l’identité d’Israël en tant qu’État juif doté de frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d’Israël et elle doit rester indivisée ! »

Or, un certain lundi 4 décembre, pour la 1ière fois depuis 1995, le président américain en exercice, Donald Trump, n’a pas renouvelé – comme l’avaient fait Clinton, Bush, Obama, et comme il l’avait fait lui-même en juin dernier – cette « renonciation » hypocrite et si politiquement correcte…

Richard Darmon

 

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