11 Kislev 5781‎ | 27 novembre 2020

La fête de ‘Hanoucca au féminin

Ces flammes qui murmurent aux oreilles de l’homme

Un buisson qui prend feu mais ne se consume pas. Une petite fiole d’huile qui brûle mais ne s’épuise pas. L’histoire se répète. Saurons-nous décrypter ses messages silencieux ?

 

C’est la question qu’il ne viendra à l’idée d’aucun enfant, en vacances de ‘Hanoucca, de vous poser. Et pourtant, ‘Hanoucca ne serait pas ‘Hanoucca si, ne serait-ce que l’une des conférences auxquelles vous assisterez – ou l’une des réflexions que vous lirez –, ne soulevait pas l’interrogation suivante.

 

Festival de l’Huile

Comme chacun le sait, cette petite fiole d’huile pure trouvée miraculeusement dans la poche du Cohen Gadol (grand-prêtre), contenait juste de quoi allumer la Ménora du Temple pendant un seul jour. Mais le Tout-Puissant en avait décidé autrement. Et cette modeste quantité d’huile suffit à alimenter le Candélabre pendant huit jours. Le laps de temps nécessaire au voyage aller-retour jusqu’au domaine d’Acher, désigné « producteur officiel » des olives destinées à la confection de l’huile du Temple. D’où l’incontournable question : si la fiole était censée durer un seul jour, mais qu’elle en a finalement duré huit, pendant combien de temps le miracle de l’huile s’est-il véritablement produit ? Sept, n’est-ce pas ? Si tel est le cas, pourquoi célébrons-nous la fête de ‘Hanoucca pendant huit jours et non pas sept ?

Cette interrogation a fait couler beaucoup d’encre dans la littérature rabbinique. Et les réponses que vous y rencontrerez sont sans doute encore plus variées et nombreuses que les différentes recettes de beignets/soufganiot/fricassées/sfendj/latkes/donuts que vous testerez (ou ingurgiterez) au cours de ce Festival de l’Huile. Sans prétendre faire le tour de la question, nous allons tenter d’en retirer un message susceptible d’éclairer nos vies tout au long de ces longs mois d’hiver qui s’annoncent.

 

Un miracle muet

Imaginons qu’Hermione Granger vous cédait son Remonteur de Temps pour deux escapades successives ; la première, qui vous propulserait sur les rivages de la mer Rouge à l’époque de la sortie d’Égypte, et la seconde, qui vous catapulterait dans la cour du Temple à l’ère de la victoire des Maccabim. À votre avis, entre les deux types de miracles dont vous serez témoin, lequel sera le plus susceptible de vous couper le souffle : l’ouverture de la mer Rouge ou plutôt l’allumage de la Ménora ? La réponse est évidente.

Dans le premier cas, vous devrez sans doute vous mordre la lèvre pour ne pas trahir votre présence incongrue par un « pince-moi si je rêve » ! Et pour cause, ce n’est pas tous les jours qu’il vous est donné d’admirer une mer se dressant à la verticale, pour laisser passer un peuple poursuivi par ses ex-tyrans !

En revanche, dans le deuxième scénario, il est fort possible que vous ne remarquerez même pas le prodige qui se produit sous vos yeux. Après tout, qu’y a-t-il de si sensationnel à observer un candélabre allumé ? C’est ce que vous faites 52 fois par année, sans compter les fêtes !

Pour être à même de prendre pleinement conscience du miracle, vous devrez vous armer de patience et observer la scène pendant un long moment. Un très long moment même. À cette condition seulement, vous remarquerez que quelque chose de très étrange se passe à quelques mètres de vous. Que l’huile contenue dans les godets brûle, mais qu’elle ne se consume pas. Que le Cohen Gadol chargé de l’allumage quotidien, ne prend même pas la peine de changer les mèches et de regarnir les godets d’huile, puisque rien n’a changé depuis la veille.

Ainsi, à la différence des miracles spectaculaires qui ont jalonné l’Histoire de notre peuple, celui de ‘Hanoucca se caractérisait par sa discrétion. En conséquence, pour espérer le déceler fallait fournir un effort conscient d’observation et de réflexion.

 

Un clin d’œil au buisson ardent

Autre singularité du miracle de ‘Hanoucca, le fait qu’il constitue l’un des derniers miracles dévoilés de notre Histoire. Rappelons en effet que, peu après, le Temple fut détruit, et le monde fut recouvert d’un voile épais qui dissimula la présence divine sur terre.

Mais ce qui est fort étonnant, c’est ce que cet ultime miracle présente d’étranges similitudes avec l’un des tous premiers miracles qui annoncèrent la naissance du peuple juif. Vous voulez un indice ? Il s’agissait également d’une substance qui, à l’image de l’huile de la Ménora, brûla sans pour autant se consumer… Vous l’avez deviné ; c’était bien sûr le Buisson ardent, lieu de la toute première révélation de l’Éternel au futur berger d’Israël.

Or, si nous analysons d’un peu plus près cette dernière scène, nous remarquons que l’analogie entre ces deux miracles qui « encadrent » notre histoire, ne s’arrête pas là. Relisons attentivement les versets qui la décrivent : « Un ange de D.ieu lui apparut dans un jet de flamme au milieu d’un buisson. Il remarqua que le buisson était en feu et cependant, ne se consumait point. Moché se dit : Je veux m’approcher, je veux examiner ce grand phénomène, pourquoi le buisson ne se consume. D.ieu vit qu’il s’approchait pour regarder, alors D.ieu l’appela du sein du buisson » (Chémot 3, 2).

Pour un regard hâtif et superficiel, la scène du buisson ardent aurait pu se borner à un banal début d’incident de forêt. Mais Moché – lui qui avait eu la sensibilité de « voir » la souffrance des esclaves hébreux là où d’autres ne s’intéressaient qu’à leur rentabilité – sut l’observer avec un œil aguerri. C’est d’ailleurs cette sollicitude accrue, ce souci de l’autre particulièrement développé, qui lui permirent de « remarquer » l’aspect surnaturel de ce spectacle. De vouloir « s’approcher », de vouloir « examiner ce grand phénomène ». Et, comme le laisse clairement entendre l’Écriture, c’est précisément parce que D.ieu vit que Moché « s’approchait pour regarder », c’est-à-dire parce qu’il avait été interpellé par cette vision métaphysique, qu’Il Se révéla enfin à lui.

 

Le murmure des flammes

En conclusion, l’histoire miraculeuse de notre peuple commence par un majestueux jet de flammes qui brûle un buisson, mais ne le consume pas. Elle s’achève par huit petites flammes qui dansent pendant huit jours, mais n’épuisent pas la petite fiole d’huile pure qui leur a donné naissance. Dans la première comme dans la dernière scène, nous sommes en présence de flammes discrètes, presque muettes, parce qu’elles ne crient pas haut et fort la présence divine ; elles se contentent de la chuchoter. Mais heureusement, leurs murmures respectifs ne passent pas inaperçus. Ils sont discernés par des êtres d’exception, tels que Moché Rabbénou et les Maccabim, qui prennent la peine de leur prêter oreille. Et c’est ce qui leur permet de distinguer la Main Divine qui les a allumées, ou les a alimentées.

 

Chaque jour est un miracle

Sur les traces de ces géants parmi les hommes, la fête de ‘Hanoucca nous invite à nous pencher attentivement sur notre vie quotidienne, pour tenter d’y déceler les innombrables cadeaux et miracles muets qui la composent. Car si nous ouvrons grand les yeux, nous serons à même de discerner la Main Divine qui accompagne chacun de nos gestes. Comme le fait qu’« Il nous rend notre âme avec mansuétude » chaque matin. Ou le fait qu’à notre réveil, « Il nous rend la vue », même si la première scène qui s’offre à nos yeux bouffis est celle d’un parquet jonché de jouets. Qu’« Il nous habille », quand bien même notre garde-robe nous semble désespérément vide. Qu’« Il ôte de nos yeux les entraves du sommeil » après une nuit passée à calmer successivement un bébé grincheux et une fillette qui a reçu la visite surprise d’un grand méchant lion. Bref, qu’ « Il pourvoit à tous nos besoins »

Il est vrai que le miracle de ‘Hanoucca sonne pratiquement le glas de la conduite surnaturelle de D.ieu avec Son peuple. Néanmoins, notre histoire est loin de s’arrêter là. Elle se poursuit, quoique sous le voile trompeur de la Nature. Mais nous, héritiers des Maccabim, ne nous laissons surtout pas berner par cette illusion d’obscurité. Nous comprenons que, même si la petite fiole pure suffisait « naturellement » à alimenter la Ménora pendant un jour, la seule combustion de l’huile relève d’un miracle muet.

La preuve ? Nous allumons des bougies pendant huit jours et non pas sept. Et reconnaissons par ce geste, que chaque jour est un cadeau. Chaque jour est un miracle.

Joyeux ‘Hanoucca !

Ora Marhely

D’après une conférence d’O. Anisfeld parue sur Aish.com.

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