16 Elul 5779‎ | 16 septembre 2019

CYBER ATTAQUES « On réserve des surprises à ceux qui voudraient nous attaquer »

Le cyber terrorisme fait désormais l’actualité. Le 28 juin, on estimait à 2000 le nombre de grandes entreprises mondiales frappées par le virus Petya. En France : Saint-Gobain, la SNCF, le groupe Auchan ont été ciblés. Au Danemark : le transporteur Maersk. En Ukraine, le métro de Kiev a été paralysé. Aux Etats-Unis, le groupe pharmaceutique Merck. Celui-ci touche les ordinateurs fonctionnant sous Windows (XP, 7 et 10). Si Israël a été épargné, c’est que l’anticipation des attaques et les scénarii de riposte sont poussés très loin. Le 27 juin, Nadav Argaman, le chef du Shin Beth, a fait point sur la situation lors d’une conférence à l’Université de Tel-Aviv : « On ne reste pas passifs. Ce qui rend les cyber attaques particulièrement dangereuses, c’est qu’elles sont plus rapides que des attaques terroristes. Elles se caractérisent aussi par une forte asymétrie : depuis leur clavier, quelques individus peuvent déstabiliser toutes les infrastructures d’un pays. Pour les prévenir, Israël s’est réorganisé. Une structure réunissant le Shin Beth, le Mossad, Tsahal, des agences de sécurité étrangères et des universités a été mise en place. Depuis quelques années – ce n’est plus un secret ! − nous avons aussi engagé nombre de hackers. Nous préférons qu’ils travaillent pour nous plutôt que de les laisser seuls dans la nature. Grâce à eux nous peaufinons des ripostes qui surprendront ceux qui se risqueraient à nous attaquer dans le cyber espace. » DAVID JORTNER