14 Heshvan 5780‎ | 12 novembre 2019

Ministères régaliens : continuité et espoir

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est-il un ami d’Israël ? Pas particulièrement. En tant qu’ancien ministre de la Défense de François Hollande, il est certes extrêmement sensible à la question du djihadisme international et a œuvré pour le combat antiterroriste bien au-delà des frontières hexagonales, avec une série d’opérations toujours en cours, notamment en Afrique de l’Ouest. Sa fermeté en la matière est totale.

Mais il ne s’est jamais écarté de la position traditionnelle de la France à l’égard du conflit proche-oriental et a pris nettement parti contre le gouvernement Nétanyaou lors de la guerre de l’été 2014 entre Tsahal et le Hamas. C’est un socialiste pur jus et il serait illusoire de s’attendre avec lui à un changement de ligne diplomatique dans le dossier israélo-arabe. Notre communauté, en revanche, peut se réjouir de l’arrivée au ministère de l’Intérieur du maire de Lyon, Gérard Collomb. Ce dernier a toujours soutenu les Juifs de sa ville et manifeste surtout une volonté claire en matière de laïcité : revenir à l’essence de cette notion typiquement républicaine consistant à tolérer dans le domaine religieux tout ce qui ne nuit pas à autrui. Autrement dit, Gérard Collomb souhaite en finir avec l’obsession qui prévalait ces dernières années à l’encontre des signes « ostentatoires », manifestations diverses du culte dans l’espace commun et aides financières publiques accordées indirectement aux associations confessionnelles. Bref, l’« anti-communautarisme » outrancier, à la mode à l’extrême droite mais aussi à gauche et chez les souverainistes, le hérisse. Il répugne à toute remise en cause de l’abattage rituel ou encore du port de la kippa à l’université. On ne peut que lui donner raison.

Axel Gantz