23 Sivan 5779‎ | 26 juin 2019

Lionel Dufresne : « Nous avons surmonté nos difficultés sans sacrifier le kodech »

Haguesher : Vous avez été nommé directeur général du groupe Ozar Hatorah en février 2012, au moment où le réseau se trouvait en sérieuses difficultés financières. Comment expliquer cette situation ?

Lionel Dufresne : Historiquement, nous étions soutenus par des mécènes américains, trois en particulier d’origine syrienne – comme notre fondateur, Isaac Shalom. Mais la crise de 2008 et les sollicitations constantes d’associations « concurrentes » en diaspora ont eu raison de cette aide. Elle existe toujours mais a fortement diminué. Or, nous n’avions pas l’habitude de faire appel à la générosité de Juifs français. D’où le trou noir où nous étions plongés fin 2011.

Haguesher : Comment êtes-vous parvenu à redresser la barre ? Lionel Dufresne : Nous nous sommes engagés sur des économies d’échelle et la rationalisation des dépenses. Mais attention : nous l’avons fait sans remettre en cause la non-mixité (onéreuse !) et le caractère familial, à taille humaine, de nos structures. Nous n’avons sacrifié ni le kodech, ni l’environnement casher nécessaire à sa transmission. L’administrateur provisoire voulait regrouper les classes, les bâtiments… Nous avons tenu bon et cela a été évité. Cela dit, nous avons évidemment besoin de compenser la raréfaction des subsides en provenance d’outre-Atlantique. C’est pourquoi nous organisons un dîner de gala destiné aux dons depuis quatre ans.

Haguesher : Quelles sont vos priorités ?

Lionel Dufresne : La rénovation de nos locaux, souvent vieillissants : électricité, chauffage… mais aussi installation de tableaux numériques et développement du multimédia. Enfin, l’argent récolté permet de financer nos classes pour handicapés déjà créées et des classes professionnelles en gestation.

Propos recueillis par Axel Gantz