15 Sivan 5779‎ | 18 juin 2019

Une interview de Jean-Claude Niddam, actuel président d’honneur d’Impact-SE« L’Autorité palestinienne enseigne toujours le déni d’Israël !

Une interview de Jean-Claude Niddam, actuel président d’honneur d’Impact-SE« L’Autorité palestinienne enseigne toujours le déni d’Israël ! »

Créé à la fin des années 1990 dans le sillage des Accords intérimaires d’Oslo, Impact-SE (*)s’est efforcé de vérifier depuis près de vingt ans la manière dont l’Autorité Palestinienne aurait appliqué et intégré ce processus sur le plan de l’Education à la paix. Or, selon le juriste Jean-Claude Niddam, le bilan est plutôt noir…-Haguesher : Quels étaient les objectifs d’Impact-SE à sa création ? -Jean-Claude Niddam : Au départ, Yohanan Manor et moi-même voulions vérifier dans quelle mesure lAP appliquait le processus dOslo en préconisant concrètement dans ses établissements scolaires un certain « vivre ensemble » avec Israël dans le cadre de ces accords de paix. Pour cela, nous nous sommes servis de quelque huit critères universels définis par lUnesco concernant la tolérance et le « respect de lautre ». Ainsi nos rapports ont-ils cherché à vérifier si les programmes scolaires et les manuels denseignement de lAP encourageaient ou non – par leurs textes et leurs illustrations – le règlement du conflit avec Israël de manière non violente, sils promouvaient le processus de paix en cours et la coopération avec Israël, sils initiaient les élèves à sengager pour soutenir ces accords, ou bien sils continuaient de diffuser la haine arabo-musulmane et les préjugés racistes, religieux et nationalistes à lencontre des Juifs et de lEtat hébreu. – Quelles ont été au fil des ans vos conclusions sur l’attitude de l’AP en matière d’éducation ? -Même si dans certains manuels scolaires de lAP, on fait parfois remarquer que les accords dOslo ont permis aux Palestiniens de « reprendre pied en Palestine », on trouve malheureusement presque partout dans ces publications – rééditées dannée en année – la même démonisation des Juifs, la même négation dIsraël et de son droit minimal à lexistence. En fait, labsence totale de tolérance y est presque omniprésente par le double appel au Djihad (Guerre sainte) et au Ribat

(mobilisation de tous les moyens possibles pour un combat général tous azimuts).  Pire encore, certains sites juifs religieux, qui étaient auparavant reconnus comme tels, ont été débaptisés, et cest ainsi que le tombeau de Rahel à lentrée de Bethléem est devenu dans ces livres la mosquée de Bilel Ben-Araba… De même, la reproduction dun ancien timbre postal du Mandat britannique représentant la Mosquée Al-Aksa et portant alors la mention en hébreu « Palestine : la Terre d’Israël » a-t-elle été carrément gommée, seule apparaissant désormais la mention Palestine en arabe…-Votre organisation s’intéresse aussi à l’éducation dans les autres pays du Moyen-Orient…-Bien sûr. Dannée en année, nous avons établi une série de rapports sur léducation dans la plupart des pays arabo-musulmans de la région, notamment sur lEgypte, la Syrie, la Turquie, etc. Même sil existe certes des différences et des nuances entre les contenus éducatifs diffusés dans ces pays, on y relève presque partout la même négation dIsraël, de son histoire, de ses droits dans cette région… Cest ainsi que les cartes et leurs légendes illustrant le Moyen-Orient dans les livres scolaires de ces pays parlent de la grande région du Sham comprenant à la fois le Liban, la Syrie, la Jordanie et la Palestine… mais sans que jamais Israël ne soit représenté ou cité ! -Il semble qu’Impact-SE a encore élargi son champ de recherche. Dans quel but ? -Effectivement, en approfondissant dans plusieurs autres régions de la planète nos recherches éducatives sur le « rapport à lautre » et les conceptions de lhistoire en fonction des groupes ethniques dun même pays, nous établissons progressivement nos propres critères pédagogiques dans le but daméliorer les rapports entre groupes hostiles dune même région ou pays. Car notre conviction profonde est quune éducation bien orientée et ouverte à lautre peut changer les tensions sociales. Cest ainsi que nous venons de publier une analyse sur les manuels scolaires des établissements éducatifs musulmans aux U.S.A., tout en ayant le même projet détude pour les livres utilisés dans les écoles privées en France.  Propos recueillis par Richard Darmon