16 Elul 5779‎ | 16 septembre 2019

L’incitation palestinienne à la haine anti-israélienne se poursuit

Plusieurs rapports récents analysant de près les contenus des livres scolaires et des réseaux sociaux palestiniens confirment que la « culture de la haine » anti-juive et anti-israélienne prédominait dans la plupart des messages transmis par ces supports. Dans ce contexte d’hostilité grossière entretenue par l’Autorité palestinienne et le Hamas, il n’est pas étonnant que les sondages d’opinion successifs réalisés à Ramallah et à Gaza aient établi que plus de la moitié des Palestiniens continuent à soutenir un soulèvement violent contre Israël, et se montrent prêts à élire un nouveau président affilié au Hamas.
Les manuels scolaires et les médias palestiniens démonisent toujours Israël et les Juifs Malgré certains signes plutôt encourageants concernant les relations sociales des Musulmans entre eux, une étude récente montre que les livres scolaires de l’AP désignent Israël comme une « entité diabolique (…) qui doit être détruite ». Réalisée par l’Institute for Monitoring Peace and Culture Tolerance in School Education (Impact-SE), cette étude établit – en citant nombre d’exemples concrets à l’appui – que « les manuels éducatifs dont se servent les élèves dans les écoles de l’AP encouragent une stratégie violente et de pressions internationales contre l’Etat juif. Ils promeuvent aussi la démonisation d’Israël et des Juifs en laissant entendre que cette entité démoniaque doit être anéantie ». Fondé en 1998 et basé à Jérusalem, le centre de recherches Impact-SE fait régulièrement l’analyse des divers contenus pédagogiques diffusés aux quatre coins de la planète et notamment dans les pays du monde arabo-musulman en vérifiant si ces messages sont en conformité avec les critères de la tolérance définis par l’Unesco.
Le bouc-émissaire Israël encore accusé de tous les maux !
Rédigé par le Dr Eldad Paro de l’Université de Jérusalem, ce dernier rapport établi par Impact-SE s’est penché sur quelque 78 livres d’école et sujets divers abordés dans l’enseignement primaire et secondaire, en comparant la situation actuelle avec celle qui prévalait dans les manuels scolaires de l’AP en 2011. Alors que cette analyse fait état de « développements positifs » – comme certaines illustrations montrant des filles et des garçons assis côte à côte à l’école, ainsi qu’une fille habillée discrètement mais sans voile lui couvrant la tête, ou encore comme certains enseignements promouvant la protection de l’environnement et le respect des personnes âgées – , le ton est bien différent pour tout ce qui a trait à Israël ! Non seulement la plupart des manuels ignorent les réalités de la coopération économique et sécuritaire qui persistent entre l’AP et l’Etat juif, mais ils accusent « le pays de sionistes » de tous les maux : paupérisation des populations arabes, dégradation de l’environnement, exacerbation des tensions régionales et violences « gratuites » etc. Ainsi, un livre d’« Histoire des Arabes et des Musulmans » pour classes de 6e vante-t-il « le brave guerrier musulman qui préfère la mort à l’humiliation et à la capitulation ». Alors qu’Israël n’apparait toujours pas sur les cartes de la géographie régionale (à une rare exception près !), ces manuels montrent tout le pays allant de la mer Méditerranée à la Vallée du Jourdain avec la légende « Palestine », l’expression « Occupation » se lisant en sous-titre sur la partie correspondant aux régions situées en deçà de la Ligne verte. Un autre manuel de vocabulaire réservé aux classes des cours complémentaires de 2e année intitulé « Notre jolie langue » évoque « l’occupation » du pays par Israël avant même la Guerre des Six-Jours de juin 1967 et « le retour » qui permettra aux Palestiniens de réorganiser leur avenir. Par ailleurs, un livre de « Textes et Lectures » réservé aux élèves des cours élémentaires de 2e année encourage en ces termes le Djihad (Guerre sainte des Musulmans contre les Infidèles) : « Oh frère, les oppresseurs ont dépassé toutes les limites, si bien que le Djihad et le sacrifice de soi sont devenus nécessaires ! ». Comme à l’accoutumée, plusieurs manuels d’éducation religieuse prônent la violence et la haine régulièrement diffusées dans les Etudes de la Loi coranique (Sharia) en citant même un passage connu de la Charte du Hamas disant : « La fin des Jours ne pourra survenir que lorsque les Musulmans combattront les Juifs et les tueront (…) ».
Quelques rectifications « encourageantes » ?
Toutefois, les auteurs de ce rapport ont relevé dans certains manuels un certain nombre de changements par rapport à ceux de 2011 qu’ils considèrent comme « encourageants », un processus qui avait déjà été relevé au sein de l’AP en 2006 dans le sillage de la mort d’Arafat et de l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza. Ainsi l’un des manuels étudiés a-t-il retiré l’image (qui figurait de 2001 à 2009) de l’enterrement d’un « Martyr palestinien tué par les soldats sionistes », dont la tête était recouverte d’un drapeau palestinien. Et ce pendant qu’un autre –consacré à des textes en langue arabe pour classes terminales – retirait la phrase incendiaire suivante présente dans son édition de 2013 : « Le Messager de Dieu (le prophète Mohammed-Ndlr) a ordonné à Zayid Ibn Thabit d’apprendre la langue des Juifs pour déjouer leurs tromperies ». « Nous espérons bien pouvoir discuter avec ceux qui guident la rédaction de ces livres scolaires de l’AP sur le fait que l’éducation est à la fois la meilleure méthode pour diffuser des narratifs haineux et extrémistes et quelle est en même temps le meilleur moyen de les combattre en optant pour la paix et la tolérance ! , explique avec pas mal d’optimisme Marcus Sheff, le président du conseil d’administration d’Impact-SE. D’autant que promouvoir de telles valeurs serait positif pour le bien-être de tous les élèves de l’AP ». Richard Darmon