16 Kislev 5780‎ | 14 décembre 2019

Quelques rouleaux d’Esther… « extraordinaires »

En provenance de Cracovie,
Une lecture d’une Méguila empreinte d’une grande nostalgie a eu lieu le Pourim de l’année 2008 par le Pr Yonathan Halévy, directeur du centre hospitalier Chaaré Tseddek, au sein d’une communauté juive d’Israël originaire de Cracovie. A cette occasion, une Méguila exclusive a été présentée aux fidèles. Elle avait été trouvée par le Pr Kazimierz Kowalsky à l’époque de la seconde guerre mondiale dans un monticule de détritus situé dans la cour d’une école du quartier juif de Cracovie (Keijmuz). Le Pr Kowalsky, rescapé du camp de Sachsenhausen, avait précieusement gardé cette Méguila durant de longues années dans sa bibliothèque, sans même connaître la valeur d’un tel objet de culte dont l’âge était estimé entre 300 et 400 ans, et qui, d’autre part, avait été écrit d’une calligraphie qualifiée de « Méhoudéret ». Après que l’un de ses amis lui ait expliqué la valeur d’une telle Méguila, le propriétaire décida de mettre en dépôt ce rouleau d’Esther au musée de Yad Vashem.
De Varsovie,
En 2013, trois Méguilot Esther écrites sur un parchemin ont été retrouvées dans une maison du ghetto de Varsovie et ont été restituées à leur propriétaire. Elles avaient été écrites il y a près de 80 ans et faisaient partie d’une collection de Haggadot de Pessa’h, de livres de prières et livres d’étude. La particularité de cette trouvaille provenait du fait que l’immeuble où ces différents objets furent découverts, était l’un des seuls du ghetto à n’avoir pas été rasé pendant la Shoah. Le bâtiment avait été rénové sans que le grenier n’ait été remis en état et il s’effondra quelques années après que la bâtisse avait été renouvelée. Sous les ruines, les livres saints ont été retrouvés, certains étaient endommagés mais les Méguilot étaient intactes. Remis dans un premier temps à la police polonaise, ces livres saints furent ensuite récupérés par l’Institut Shem Olam, organisme de recherches sur la survie du peuple juif pendant la Shoah.
Ou d’Allemagne
Au fil des siècles, les rouleaux d’Esther sont devenus un symbole de la pérennité du peuple juif et ont également constitué la base de plusieurs collections importantes. A titre d’exemple, la famille Gross en Israël possède l’une des plus belles collections et a accordé son autorisation aux éditions Fascimile pour reproduire la Méguila enluminée la plus précieuse et la plus élaborée qu’ils avaient en leur possession -véritable chef d’œuvre artistique- dans une édition splendide limitée à 295 exemplaires numérotés et soigneusement emballés d’un bel étui en argent. Cette Méguila datant du 18eSiècle, écrite sur un parchemin de haute qualité, est exceptionnelle dans la mesure où elle est illustrée dans les moindres détails. Les héros sont peints de façon humoristique autour du texte et certaines scènes présentent des personnages vêtus de costumes du 18eSiècle. Bon nombre de détails contenus dans les peintures de ce rouleau d’Esther laissent croire qu’il ait été écrit vers 1700 en Allemagne. De plus, les mots « STATT SHUSONN » écrits en lettres latines renforcent la théorie de la provenance allemande du manuscrit. Il se trouvait à Vienne vers la fin des années 20, devint dans les années 1950, part de la collection d’Eliyahou Sachar, premier ambassadeur israélien d’Autriche, puis fut vendu à un collectionneur avant de faire partie de la collection de la famille Gross.
Yokheved Levy