24 Sivan 5779‎ | 27 juin 2019

Crise évitée à EL AL

Après l’accord du 7 décembre dernier intervenu entre les pilotes d’EL AL et la compagnie emblématique israélienne, on croyait le problème réglé. De nouvelles turbulences sont apparues le 15 janvier, lorsque la direction voulut contraindre à la retraite 40 pilotes âgés de plus de 65 ans – conformément à la réglementation internationale. Aussitôt, arguant de leur expérience, plusieurs pilotes vétérans organisèrent des débrayages, qui pénalisèrent nombre de voyageurs à destination de New-York, Boston et Moscou. Les pilotes seniors font valoir que l’accord intervenu en décembre ne fait pas du tout mention de leur départ en retraite. Fin janvier, les efforts de la Histadrout pour trouver une solution échouent et les annulations de vols se multiplient. Le 6 février, la juge Ofira Dagan du Tribunal du Travail de Tel-Aviv renvoie les deux parties dos à dos pour une nouvelle audience le 22 février, tout en fustigeant leur agressivité et leur indifférence quant aux dommages causés à la clientèle. Nir Zuk, le représentant des pilotes, se plaint des pressions imposées par le management. Pour harmoniser la réglementation internationale (retraite à 65 ans) avec l’âge légal (67 ans) de fin d’activité en Israël, la direction propose d’affecter les pilotes seniors à d’autres tâches, mais avec une réduction de salaire. S’engage alors une longue négociation, avec les péripéties habituelles : rupture, déclarations à la presse, puis reprise de discussions jusque tard dans la nuit. Finalement, le 16 février un accord est conclu : 15 pilotes acceptent un départ en retraite anticipée (assorti d’une prime de 500 000 shékels). Les autres continueront à être payés sur la base de 50 000 shékels mensuels jusqu’à l’âge de 67 ans, et devront assurer 10 jours par mois la formation (rémunérée) de pilotes juniors. DAVID JORTNER