17 Shevat 5779‎ | 23 janvier 2019

Vers une réconciliation Hamas-Fatah ?

Palestinian President Mahmoud Abbas (R) talks to Prime Minister Ismail Haniyeh as he arrives at Haniyeh's office in Gaza April 5, 2007. REUTERS/Abd Alhalim Abu Askar/PPO/Handout (GAZA)

Pour la treizième fois depuis 2005, les deux branches rivales du « mouvement national palestinien » ont entamé – d’abord en Suisse, puis à Beyrouth et ensuite à Moscou – un cycle de pourparlers en vue d’une « réconciliation » et de la fort hypothétique perspective de mise sur pied d’un « gouvernement d’unité nationale ».
Rappelons que l’avant-dernier épisode de ces tentatives avortées d’union s’était déroulé en 2014 grâce à un expédient diplomatique inventé par le Fatah qui eut come conséquence de stopper net la reprise d’alors des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP). Et ce, au prétexte que le président de l’AP, Mahmoud Abbas – lui-même leader du Fatah – avait alors pompeusement annoncé qu’il consentait à inclure dans son gouvernement (jusque-là presque entièrement dominé par le Fatah) quelques « ministres technocrates » du Hamas… Lesquels, d’ailleurs, n’y siégèrent jamais !
Il faut dire qu’à part leur idéologie religieuse sunnite semblablement irrédentiste et leur objectif politique nationaliste commun préconisant – certes avec une sémantique médiatique et sur un ton différent – ladestruction d’Israël et son remplacement par la « Grande Palestine » du Jourdain à la mer, ces deux courants palestiniens ne s’opposent en fait que sur la tactique et la stratégie permettant de les concrétiser. Alors que le Fatah, mené à cette époque par Yasser Arafat, a souscrit aux Accords d’Oslo de 1993 et 1995 en acceptant (provisoirement) de reconnaître l’Etat d’Israël dans ses limites d’avant la Guerre des Six-Jours de juin 1967 – ne faisant là qu’appliquer la doctrine du « Plan de démantèlement par étapes » d’Israël adopté en 1974 à Alger par l’OLP -, le Hamas, qui fut officiellement créé en 1987 en tant que section de Gaza de la Confrérie des Frères musulmans, a toujours refusé jusqu’àaujourd’hui ce compromis qui, selon lui, risquerait de « stabiliser » Israël et d’amputer gravement le mythe, pourtant fabriqué de toutes pièces, d’une « Palestine éternelle » qui n’a quant à elle jamais existé ! Nul doute que dans ces conditions et compte tenu de leurs incontournables divergences tactiques et stratégiques, la très prochaine ouverture de nouveaux pourparlers de « réconciliation » entre le Hamas et le Fatah censés se tenir au Qatar débouchera certainement sur un nouveau « coup d’épée dans l’eau »… Richard Darmon